JO 2018: les Russes devront attendre pour savoir, le CIO aussi

Le Canadien Kevin Boyer s’est entraîné une première fois mercredi sur la piste de skeleton de Pyeongchang.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse Le Canadien Kevin Boyer s’est entraîné une première fois mercredi sur la piste de skeleton de Pyeongchang.

Comme aux Jeux d’été de Rio en 2016 où la question de la participation des athlètes russes avait largement pollué les ultimes préparatifs, la dernière ligne droite vers les JO d’hiver ressemble autant à une chronique judiciaire qu’à un échauffement sportif.

À moins de deux jours de l’ouverture des Jeux, 47 Russes attendent les réponses du Tribunal arbitral du sport, dans diverses procédures. Trente-deux d’entre eux espéraient bien être fixés mercredi. Peine perdue. Ce sera jeudi ou vendredi, selon le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui traite leur demande.

« Les auditions se poursuivent, j’espère que nous aurons les décisions le plus tôt possible », a déclaré mercredi Thomas Bach, président du Comité international olympique, également dans l’attente.

Parmi le premier groupe de 32 sportifs russes qui pensaient être fixés mercredi soir figure le spécialiste du short-track Viktor An, sextuple champion olympique, légende dans son sport.

Né en Corée du Sud, An est devenu Russe juste avant Sotchi 2014. Sa présence aux Jeux de 2018 en ferait une des grandes vedettes du rendez-vous.

Parmi les autres demandeurs figurent le biathlète Anton Shipulin, l’un des rivaux du Français Martin Fourcade, le fondeur Sergey Ustyugov ou encore la patineuse Ksenia Stolbova, vice-championne olympique en couple en 2014.

Malgré le vote de confiance formulé par les membres du CIO à l’égard de Thomas Bach et de sa politique sur la question russe, de nouvelles critiques se sont fait jour mercredi, au lendemain de celle de Dick Pound, ancien président de l’Agence mondiale antidopage.

« Il y a un petit goût amer dans tout ça, c’est un peu tard, on aurait dû réagir beaucoup plus vite », a ainsi estimé devant la presse René Fasel, le président suisse de la Fédération internationale de hockey sur glace, rappelant qu’il était « opposé aux sanctions collectives ».

Six nouveaux pays

Avant le lever de rideau vendredi sur deux semaines où 102 titres seront en jeu, le CIO enregistre déjà un premier record avec la présence de 92 délégations, dont six nouveaux pays ou nations : l’Équateur, l’Érythrée, le Kosovo, la Malaisie, le Nigeria et Singapour.

La venue de la Corée du Nord à des JO d’hiver, en revanche, n’est pas inédite, même si la dernière remonte à Vancouver 2010.

Mais après le boycottage par le Nord des JO d’été de Séoul en 1988, la participation de 22 sportifs nord-coréens à des Jeux organisés au Sud est « historique », a encore souligné M. Bach.

Premier point culminant de ces Jeux, la cérémonie d’ouverture vendredi à 20 h (19 h GMT), où les deux Corées vont marcher de concert. « Ce défilé en commun sera un moment très émouvant », a jugé M. Bach, qui a annoncé qu’il assisterait le 10 février au premier match de l’équipe féminine coréenne unifiée de hockey sur glace, face à la Suisse.

Quant à la température glaciale qui jette un léger froid sur ces avant-JO, elle n’est plus la seule crainte sur place. Un début d’épidémie de type gastro-entérite commence en effet à semer le trouble. À la flamme olympique de tenir bon.