Le hockey n’est plus dans le coeur des gens comme avant

Au Québec, il y a des mordus de hockey, des joueurs passionnés, des partisans férus de statistiques. Et il y a l’encyclopédie vivante nommée Gerry Rochon, sans contredit l’un de ceux les mieux placés pour décrire l’évolution de la Ligue nationale de hockey (LNH) au cours des 100 dernières années.

Lorsqu’on l’appelle sans avertir à sa résidence de Trois-Rivières, M. Rochon est déjà prêt à répondre à nos questions. Il a justement le guide de la LNH sous la main. « J’étais dans mon bureau quand le téléphone a sonné », dit-il.

Autour de lui, plus de 1500 livres sur le sport s’entassent dans la bibliothèque. Du lot, plus de 200 portent exclusivement sur le hockey. Il possède aujourd’hui des connaissances approfondies sur plus de 35 sports différents, des quilles au baseball, en passant par le basket-ball et la course automobile, mais pour cet historien et statisticien, le hockey occupe une place particulière.

« Mon intérêt pour le sport en général a commencé avec le hockey », affirme-t-il.

Concurrent remarqué

Gerry Rochon s’est fait connaître du public québécois en 1993, lorsqu’il a participé à l’émission Tous pour un, diffusée à Radio-Canada. Il a fait écarquiller bien des yeux en répondant presque sans faute à une série de questions pour le moins pointues sur le monde du hockey.

Un exemple parmi d’autres : « Qui a gardé les buts de son équipe lors d’un match de série finale après une blessure à son gardien en 1928 ? » « L’instructeur Lester Patrick », a répondu sans hésiter le concurrent.

Avec une telle mémoire, il n’est pas surprenant que M. Rochon se souvienne du moment exact où il est tombé amoureux hockey. C’était le 1er novembre 1959. « J’avais 9 ans et demi. » Ce soir-là, le Canadien de Montréal affronte les Rangers de New York au Madison Square Garden et le gardien du Tricolore, Jacques Plante, décide de porter un masque après avoir reçu une rondelle en plein visage. « Même ma mère, qui ne suivait pas le hockey, s’est intéressée à ça. Elle disait “regarde le fou à Plante!” »

Cet événement marquant de l’histoire du hockey l’incita à tout lire sur le sport chéri des Québécois.

Divertissement nécessaire

Aujourd’hui retraité, Gerry Rochon reconnaît que le hockey de la Ligue nationale a beaucoup évolué avec les années. « C’est comme le reste de la société, tout a changé. En mieux ou en pire ? Ça dépend de l’opinion de chacun. »

Il constate que les familles québécoises ont des intérêts beaucoup plus variés qu’auparavant et que le hockey est en compétition avec plusieurs autres sports lorsque les jeunes décident de bouger. « Les gens sont pas mal moins fidèles. Le hockey n’est plus dans le coeur comme il l’était », juge-t-il.

Cela dit, M. Rochon croit que Montréal demeure la ville du Canadien de Montréal et que les performances de la légendaire équipe auront toujours une influence sur le quotidien des Québécois.

« Si le Canadien avait fait les séries en 2012, le Printemps érable aurait sans doute eu lieu un an plus tard, estime-t-il. Le sport est nécessaire, parce que je pense qu’il est un tampon psychosocial pour divertir les gens, comme à l’époque romaine du pain et des jeux. […] Le divertissement, pour l’être humain, ça passe avant tout. »

3 commentaires

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  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 26 novembre 2017 10 h 16

    La vente de feu est débuté, le prochain c'est "Price"

    Comme avec les Expos il semble que le CH a débuté une vente de feu aux clubs de hockey américains afin de développer les marchés qui rapportent plus ou moins bien. Montréal est un marché presque assuré pour la NHL alors ils envoient leurs meilleurs joueurs aux Américains.

    De plus ils prennent l'argent des clubs canadiens et paie de la péréquation aux marchés qui frôlent la faillite et ce sont eux les bonses de la finance qui nous disent "il faut laisser faire le libre marché".

    "Libre marché", philosophe du capitalisme quand ça fait l'affaire des financiers. Si le libre marché ne fonctionne pas, on prend l'argent de la classe moyenne et l'on se renfloue.

    Les "Nordiques" au Colorado, les "Expos" à Washington, les meilleurs joueurs du CH, (Habs) à Buffalo, Nashville, Vegas, et vogue la galère.

    Maintenant les Habs dans le ...

    Les Expos et les Nordiques il n'y en aura pas, ne rêvez pas il y a de plus gros marchés a développé ailleurs aux É.-U. et en Europe.

    À bon entendeur salue ! Ne perdez plus votre temps.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 26 novembre 2017 12 h 24

    Du pain et des jeux

    Pour que perdure le confort et l'indifférence.

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 26 novembre 2017 13 h 15

    Mise au point

    Quand mon père était jeune au début du XXe siècle, désolé, mais le hockey n'était pas le sport le plus prisé par les Canadens-français, c'était plutôt la crosse, sport d'origine amérindienne pratiqués par nos ancêtres dès le XVIIe siècle. Les foules y étaient plus nombreuses, les fervents plus enthousiastes. Le hockey était surtout l'apanage des riches Canadiens-anglais qui nous dominaient. Avec l'argent et le pouvoir, ils ont imposé ce sport et surtout son industrie. Aussi quand des fans finis me parlent au sortir du partie de hockey que leur équipe, les Canadiens ou autres, ont gagné ou perdu, je leur réponds que n'ayant pas d'actions dans la LNH, je ne m'y reconnais pas du tout.