Dernière course en sol canadien de l'écurie Player's cette semaine - Un immense vide à combler pour la relève canadienne
Photo : Jacques Nadeau
«C’est vraiment malheureux parce que je ne crois pas qu’il y ait, à ce niveau-là, d’autres entreprises pour faire ce que Player’s a fait», croit Patrick Carpentier, ici entouré de son coéquipier chez Player’s/Forsythe, Paul Tracy, et du p
Les temps sont durs dans le monde de la course automobile au Canada. Déjà presque certain de perdre son Grand Prix de Formule 1 à Montréal l'an prochain, le sport au pays devra aussi se passer, prochainement, de l'un de ses principaux commanditaires, en plus de faire face à la possible disparition de son autre série d'importance: les courses de Champ Car qui s'amènent, cette semaine, au circuit Gilles-Villeneuve.
L'ambiance était à la morosité, hier, à l'événement de presse organisé au Casino de Montréal par Imperial Tobbaco Canada pour marquer la dernière apparition en piste canadienne des couleurs de sa marque Player's, le week-end prochain, au Molson Indy de Montréal. Forcée à l'abandon par les lois antitabac, la multinationale était impliquée en course automobile depuis 42 ans et avait mis sur pied un programme de développement de pilotes par lequel sont passés, depuis dix ans, tous les grands noms de la course au Canada: de Jacques Villeneuve à Patrick Carpentier, en passant par Claude Bourbonnais et Greg Moore.
«Je ne sais pas ce qui arrivera, mais ce sera certainement plus difficile pour les pilotes d'ici de réussir à passer aux grandes séries», a commenté le président et chef de la direction de la compagnie, Bob Bexon, à propos de l'impact qu'aura la fin de ce programme. Il souligne que depuis la disparition d'un programme similaire, en France, le nombre de pilotes de ce pays, en Formule 1, est brusquement tombé de sept à un. «Est-ce que la même chose se produira ici, au Canada? Je ne le sais pas.»
Membre de la filière Player's depuis 1996, Patrick Carpentier ne se montrait pas moins inquiet. «C'est vraiment malheureux, parce que je ne crois pas qu'il y ait, à ce niveau-là, d'autres entreprises pour faire ce que Player's a fait», a déclaré le Québécois qui occupe présentement la cinquième place au championnat des pilotes de la série Champ Car.
Ce retrait de Player's, prévu depuis longtemps, arrive d'autant plus mal qu'il semble vouloir coïncider avec la perte, à Montréal, du Grand Prix de Formule 1. «C'est un choc pour moi, a-t-il confié à propos de la nouvelle. Je ne m'attendais vraiment pas à cela. Ça risque de faire particulièrement mal aux jeunes parce que c'est l'événement qui leur donnait le plus de visibilité et qui leur permettait d'aller se chercher des commanditaires.»
Série menacée
Mais les jeunes pilotes ne seront pas les seuls à se soucier d'avoir un volant la saison prochaine. Théoriquement sous contrat avec l'écurie Player's/Forsythe pour encore toute l'année prochaine, le pilote de Joliette admet que l'avenir financier de la série Champ Car apparaît tellement incertain, ces jours-ci, qu'il reste prêt en tout temps à faire le saut dans une autre série comme l'Indy Racing League (IRL) ou les très populaires courses de stock cars de la NASCAR.. «Nous savons que nous aurons un salaire [l'an prochain], mais nous ne savons pas si nous aurons des voitures à conduire», a-t-il dit avant d'ajouter qu'il s'attendait tout de même à ce qu'il y ait une saison, l'an prochain, à tout le moins écourtée, et que cette saison compte un arrêt à Montréal.
Les doutes qui habitent son coéquipier chez Player's/Forsythe, Paul Tracy, étaient peut-être encore plus révélateurs de la grande précarité dans laquelle se trouve la série Champ Car. Pourtant premier au classement du championnat, la Canadien confiait, en effet, qu'il cherche, lui aussi, à se garder une sortie d'urgence. «Je ne peux pas attendre indéfiniment, a-t-il expliqué. Je ne veux pas être le seul à me retrouver sans chaise lorsque la musique s'arrêtera. Je suis un coureur automobile et je veux courir l'an prochain. Mon premier choix est de le faire en Champ Car, mais je dois garder mes options ouvertes.»
Personne ne semblait, hier, tellement rassuré par la confirmation de la nouvelle qu'un groupe d'investisseurs, dont le propriétaire d'écurie Gerry Forsythe lui-même, se proposait de racheter toutes les actions de la série inscrite en Bourse.
Il faut dire que l'on révélait, la semaine dernière, que les pertes essuyées par la société publique s'étaient élevées à 43 millions au cours des six premiers mois de l'année, que la série avait un urgent besoin d'argent frais pour avoir des chances de terminer la saison prochaine et que toute projection au-delà de cet horizon était considérée comme «éminemment spéculative». Ces difficultés financières tiennent notamment à la chute des revenus de télévision ainsi qu'à la prise en charge directe de nombreuses épreuves. Toutes trois commanditées par la brasserie Molson, les courses de Vancouver, Toronto et Montréal représentent, en ce domaine, parmi les rares exemples de succès financier et populaires.
L'ambiance était à la morosité, hier, à l'événement de presse organisé au Casino de Montréal par Imperial Tobbaco Canada pour marquer la dernière apparition en piste canadienne des couleurs de sa marque Player's, le week-end prochain, au Molson Indy de Montréal. Forcée à l'abandon par les lois antitabac, la multinationale était impliquée en course automobile depuis 42 ans et avait mis sur pied un programme de développement de pilotes par lequel sont passés, depuis dix ans, tous les grands noms de la course au Canada: de Jacques Villeneuve à Patrick Carpentier, en passant par Claude Bourbonnais et Greg Moore.
«Je ne sais pas ce qui arrivera, mais ce sera certainement plus difficile pour les pilotes d'ici de réussir à passer aux grandes séries», a commenté le président et chef de la direction de la compagnie, Bob Bexon, à propos de l'impact qu'aura la fin de ce programme. Il souligne que depuis la disparition d'un programme similaire, en France, le nombre de pilotes de ce pays, en Formule 1, est brusquement tombé de sept à un. «Est-ce que la même chose se produira ici, au Canada? Je ne le sais pas.»
Membre de la filière Player's depuis 1996, Patrick Carpentier ne se montrait pas moins inquiet. «C'est vraiment malheureux, parce que je ne crois pas qu'il y ait, à ce niveau-là, d'autres entreprises pour faire ce que Player's a fait», a déclaré le Québécois qui occupe présentement la cinquième place au championnat des pilotes de la série Champ Car.
Ce retrait de Player's, prévu depuis longtemps, arrive d'autant plus mal qu'il semble vouloir coïncider avec la perte, à Montréal, du Grand Prix de Formule 1. «C'est un choc pour moi, a-t-il confié à propos de la nouvelle. Je ne m'attendais vraiment pas à cela. Ça risque de faire particulièrement mal aux jeunes parce que c'est l'événement qui leur donnait le plus de visibilité et qui leur permettait d'aller se chercher des commanditaires.»
Série menacée
Mais les jeunes pilotes ne seront pas les seuls à se soucier d'avoir un volant la saison prochaine. Théoriquement sous contrat avec l'écurie Player's/Forsythe pour encore toute l'année prochaine, le pilote de Joliette admet que l'avenir financier de la série Champ Car apparaît tellement incertain, ces jours-ci, qu'il reste prêt en tout temps à faire le saut dans une autre série comme l'Indy Racing League (IRL) ou les très populaires courses de stock cars de la NASCAR.. «Nous savons que nous aurons un salaire [l'an prochain], mais nous ne savons pas si nous aurons des voitures à conduire», a-t-il dit avant d'ajouter qu'il s'attendait tout de même à ce qu'il y ait une saison, l'an prochain, à tout le moins écourtée, et que cette saison compte un arrêt à Montréal.
Les doutes qui habitent son coéquipier chez Player's/Forsythe, Paul Tracy, étaient peut-être encore plus révélateurs de la grande précarité dans laquelle se trouve la série Champ Car. Pourtant premier au classement du championnat, la Canadien confiait, en effet, qu'il cherche, lui aussi, à se garder une sortie d'urgence. «Je ne peux pas attendre indéfiniment, a-t-il expliqué. Je ne veux pas être le seul à me retrouver sans chaise lorsque la musique s'arrêtera. Je suis un coureur automobile et je veux courir l'an prochain. Mon premier choix est de le faire en Champ Car, mais je dois garder mes options ouvertes.»
Personne ne semblait, hier, tellement rassuré par la confirmation de la nouvelle qu'un groupe d'investisseurs, dont le propriétaire d'écurie Gerry Forsythe lui-même, se proposait de racheter toutes les actions de la série inscrite en Bourse.
Il faut dire que l'on révélait, la semaine dernière, que les pertes essuyées par la société publique s'étaient élevées à 43 millions au cours des six premiers mois de l'année, que la série avait un urgent besoin d'argent frais pour avoir des chances de terminer la saison prochaine et que toute projection au-delà de cet horizon était considérée comme «éminemment spéculative». Ces difficultés financières tiennent notamment à la chute des revenus de télévision ainsi qu'à la prise en charge directe de nombreuses épreuves. Toutes trois commanditées par la brasserie Molson, les courses de Vancouver, Toronto et Montréal représentent, en ce domaine, parmi les rares exemples de succès financier et populaires.
- » tabac
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