Directeur général du Canadien - Gainey part, Gauthier arrive

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

L'ère Gainey est terminée. Après cinq années de rendement en dents de scie de la part de son équipe sous quatre entraîneurs-chefs, dont lui-même, le directeur général du Canadien de Montréal a choisi de tourner la page et de remettre sa démission.

À trois semaines de la date limite pour les transactions dans la Ligue nationale de hockey et alors que le Canadien se démène pour se tailler une place en séries éliminatoires dans une association de l'Est embouteillée, voilà une décision qui ne laisse pas d'étonner, mais que le principal intéressé a expliquée en déclarant qu'il ne voulait pas s'engager à long terme. Son contrat devait se terminer à la fin de la présente saison.

C'est son bras droit, Pierre Gauthier, qui lui succède. M. Gainey continuera de travailler à ses côtés en qualité de conseiller spécial.

Pas prêt à un engagement à long terme

Le directeur général sortant a informé le président du Canadien, Pierre Boivin, de ses intentions en décembre dernier. «Avec la fin des célébrations du centenaire et l'arrivée de nouveaux propriétaires, je sentais qu'il était temps de mettre sur la table la question de mon avenir. Après une longue et difficile réflexion, j'ai décidé de quitter mes fonctions. Le poste de directeur général requiert une vision et un engagement à long terme, et je n'étais pas prêt à m'engager pour quatre, cinq ou six ans», a déclaré M. Gainey lors d'une conférence de presse hier après-midi.

En clair, il tenait à décider avant que l'on ne décide pour lui. «Je préfère partir un peu trop tôt que de rester trop longtemps», a-t-il dit.

«Mais c'est une belle journée pour moi, une journée heureuse. Je laisse l'équipe que j'aime le plus dans les mains de l'homme en qui j'ai le plus confiance», a-t-il ajouté. Et la trêve olympique, à cet égard, constitue un bon moment pour l'entrée en scène de son successeur.

Pas de lien avec l'arrivée des Molson

De son côté, Pierre Boivin a insisté pour dire que, contrairement à ce que laissent entendre certaines conjectures, le départ de Bob Gainey n'était pas lié à l'arrivée aux commandes du Canadien des frères Molson, qui auraient divergé de vues avec lui ou restreint sa marge de manoeuvre.

«Il n'y a eu aucun changement dans la façon de gérer, dans la latitude laissée au directeur général, dans la collaboration entre le propriétaire, le président et lui. Bob a les coudées franches depuis le mois de juillet quand les Molson ont fait l'acquisition de l'équipe et depuis décembre quand la transaction a été complétée», a affirmé M. Boivin.


«Le plus grand des honneurs»

Pierre Gauthier a notamment été directeur général des Sénateurs d'Ottawa et des Ducks d'Anaheim après un long séjour dans l'organisation des Nordiques de Québec. Directeur du recrutement du Canadien depuis 2003, il est devenu adjoint de Bob Gainey en 2006. Hier, il a évoqué «le plus grand des honneurs» que constitue sa nomination et a fixé le prochain objectif du club.

«Nous devons devenir l'une des équipes qui se situent dans le premier tiers de la Ligue nationale», a-t-il dit. «Une de ces équipes qui pensent à ce qu'elles vont faire dans les séries éliminatoires plutôt que celles qui sont prises dans le milieu du classement et se demandent si elles vont y participer.»

Un plan quinquennal qui n'a pas abouti

Nommé en 2003, Bob Gainey avait mis en place un plan quinquennal destiné à remettre l'équipe sur les rails après plusieurs années de misère. Ce plan n'aura pas donné les effets escomptés, le Canadien accédant aux séries éliminatoires quatre fois, mais ne réussissant jamais à se rendre au-delà du deuxième tour.

En janvier dernier, M. Gainey déclarait que le meilleur coup de son séjour à la direction de l'équipe avait été l'embauche de Guy Carbonneau au poste d'entraîneur-chef. Quelques semaines plus tard, il le congédiait pour descendre lui-même derrière le banc. Le Tricolore s'est qualifié in extremis pour les séries, mais il a été éliminé en quatre matchs consécutifs par les Bruins de Boston.

À la fin de la dernière saison, M. Gainey prenait en quelque sorte acte des ratés de sa gestion en procédant à un bouleversement majeur des effectifs. Durant l'été, il a laissé partir des joueurs autonomes, comme le capitaine Saku Koivu, Alex Kovalev, Alex Tanguay, Robert Lang, Francis Bouillon et Mathieu Dandenault, et échangé Christopher Higgins en retour du centre Scott Gomez. Pour renflouer le club, il a embauché les Michael Cammalleri, Brian Gionta, Jaroslav Spacek, Hal Gill et Paul Mara.

Sous la gouverne de Bob Gainey, le Canadien a cumulé une fiche de 241 victoires, 176 défaites et 46 défaites en prolongation (plus sept matchs nuls en 2003-2004) en saison régulière. En séries, son dossier s'établit à 11-22.

À la blague, Bob Gainey a confié hier que ses projets consistaient pour l'heure «à regarder les Jeux olympiques à la télé haute définition et peut-être à jouer du piano».
4 commentaires
  • Augustin Rehel - Inscrit 9 février 2010 07 h 03

    Bon débarras

    Good riddance¸! comme disent les anglais.

    Avex Gainey, l'adage qui dit: «On peut être un bon soldat et un piètre général», s'avère bien en ce qui le regarde.

    Le pire: il a été à la barre durant 6 années avant que la direction s'en rende compte alors que la majorité des amateurs de hockey avait bien bien analysé son jeu...


    Attendons voir ce que va faire Pierre Gauthier.

  • Bernard Gervais - Inscrit 9 février 2010 08 h 02

    Choix de vocabulaire

    Peut-on sincèrement parler de « départ » pour Bob Gainey quand on apprend qu'il deviendra conseiller spécial de celui (Pierre Gauthier) qui occupera désormais son poste de directeur général du Canadien ?

    Si M. Gainey avait annoncé qu'il quittait définitivement l'organisation du club de hockey de Montréal pour aller travailler pour une autre équipe, l'emploi du terme « départ » aurait été alors vraiment plus juste !

  • Roland Berger - Inscrit 9 février 2010 17 h 49

    Détour

    La stratégie tient du détour pour ramener Guy Carbonneau sans perdre la face.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Gérard Pelletier - Inscrit 9 février 2010 20 h 32

    Pierre Boivin

    En arrivant à la présidence, Pierre Boivin avait dit: « Ce n'est plus une équipe de Canadiens-Français qu'on recherche, nous sommes en Amérique du Nord, nous voulons une équipe de «winners»!

    Bienvenue au Club, quand pars-tu?

    Gérard Pelletier