Et puis euh - De l'argent partout
Récession? Quelle récession? Si vous voulez l'avis d'un seul homme, le voici: toutes ces histoires de crise économique ne sont que calembredaines et billevesées pour faire peur au petit peuple. Certes, Tribune Co., propriétaire entre autres menues choses des Cubs de Chicago, se blottit sous la protection de la loi concernant les faillites, la Ligue nationale de football procède à des suppressions de quelques dizaines d'emplois ici et là, et on raconte que Bernie Ecclestone pourrait souffrir dans la région du gousset après son divorce — la belle Slavica, mannequin croate qui a toujours regardé de haut son époux puisqu'elle s'élève à six pieds deux pouces alors que Bernie fait tout juste 5 et 4 en extension, a décidé de mettre fin à une belle union qui aura duré 24 années, et paraîtrait-il qu'il y a beaucoup d'argent à lui placé à son nom à elle dans les îles —, mais ce ne sont là qu'écrans de fumée pour faire diversion et convaincre le citoyen ordinaire que lui aussi doit passer à la caisse.
Voyez plutôt.
En marge d'une réunion des gouverneurs de la Ligue nationale de hockey sur glace professionnel, le commissionnaire Gary «Call me Gary» Bettman déclare que tout va bien et qu'il y a tellement d'argent partout que le plafond salarial pourrait même augmenter. C'est que, contrairement à ce que vous pouvez penser à l'aide de déductions logiques, ces sièges vides dans les amphithéâtres ne sont pas véritablement vides. C'est simplement que les spectateurs qui les occupent se sont rués en masse vers les comptoirs alimentaires pour pouvoir profiter de l'occasion d'acheter des chiens chauds et de la mousseuse dix fois le prix de ce qu'on trouve ailleurs.
La vente de publicités télévisuelles pour le prochain match du Super Bowl va bon train. Plus de 90 % des cases ont déjà été réservées. Pour une pub de 30 secondes, il en coûte cette année trois millions de dollars américains, mais c'est pas grave.
Et les Yankees de New York font parapher un contrat de six ans évalué à approximativement 161 millions $US au lanceur partant gaucher CC Sabathia.
(En passant, si vous n'avez pas suivi de près les activités du baseball majeur depuis, mettons, six mois, vous ne reconnaissez peut-être pas CC Sabathia. C'est qu'il a changé de nom. Avant d'être cédé par les Indians de Cleveland aux Brewers de Milwaukee le 7 juillet dernier, CC Sabathia s'appelait en effet C.C. Sabathia, avec un point après chaque C majuscule, dont le premier signifie Carsten et le second Charles. Puis, lors d'une conférence de presse annonçant son arrivée à Milwaukee, un responsable des relations publiques des Brewers a déclaré que C.C. serait dorénavant identifié comme CC, avec pas de point. CC a par la suite déclaré qu'il se fichait pas mal d'avoir des points ou pas, ce qui n'est pas le cas de son coéquipier le joueur d'arrêt-court J.J. Hardy, qui lui tient, selon des sources, à conserver les siens. À ce sujet, c'est pour éviter de brailler à la pensée du départ de nos Expos que je me retiens d'évoquer F.P. Santangelo, qui avait des points, et U L Washington, qui n'en avait pas et exigeait une espace entre le U et le L, contrairement à CC.
Il ne s'agit d'ailleurs pas de la seule nouvelle dans le domaine du changement de nom sportif. Récemment, le receveur de passes des Bengals de Cincinnati Chad Johnson a officiellement fait modifier son état civil et il s'appelle maintenant Chad Ocho Cinco. Si vous avez quelques notions d'espagnol élémentaire, vous savez, et sinon vous vous en doutez j'en suis sûr, qu'une fois rendu en français Ocho Cinco donne Huit Cinq. Or Ocho Cinco porte le numéro 85 sur son uniforme de football, comme quoi il a de la suite dans les idées. Remarquez, tout le monde ne peut pas faire la même chose. Personnellement, j'arborai jadis le numéro 10 en baseball pee-wee, et j'ai peine à imaginer ce qu'il serait advenu de moi s'il avait fallu que je passe le reste de ma longue vie à me présenter en ces termes: bonjour, je suis Un Zéro. Enfin.)
Donc, 161 millions pour sept ans, on sort notre calculette à puce, on pitonne et on aboutit à 23 millions par année. Le quatrième plus gros contrat de l'histoire du baseball majeur, et le plus gros jamais consenti à un lanceur. Il faut dire, ont avancé certaines mauvaises langues, que Sabathia, qui avoisine les 300 livres en matière de poids, en a besoin: ses factures d'épicerie sont plutôt lourdes.
Ceci, soulignons-le, alors que les Yankees, de concert avec l'autre équipe de balle de New York, les Mets, ont demandé cette semaine l'émission d'obligations publiques de l'ordre de 450 millions $US pour contribuer au financement de leurs nouveaux stades. Les deux clubs ont déjà reçu 1,5 milliard par un processus semblable de la part de la Ville de New York.
À cet égard, deux conseillers municipaux de New York, Vincent Ignizio et James Oddo, ont eu une sacrée bonne idée. C'est que les Mets, qui emménageront la saison prochaine dans leur nouvelle demeure située juste à côté du stade Shea, ont vendu, à raison de 400 millions pour 20 ans, les droits d'appellation de celle-ci au grand consortium Citibank. Le nouveau stade doit donc s'appeler «Citi Field».
Sauf que. Sauf que Citibank fait partie des éclopés majeurs de la récente tourmente financière, et a dû comme d'autres appeler le gouvernement fédéral à la rescousse, ce qui s'est traduit par des dizaines de milliards publics injectés dans l'entreprise en guise de plan de sauvetage. Les conseillers Ignizio et Oddo ont donc proposé que, puisqu'au fond ce sont les contribuables qui finissent par tout payer, le stade porte le nom de «Citi/Taxpayers Field».
Cette semaine, les Mets ont accordé au releveur Francisco Rodriguez un contrat de 37 millions pour trois ans.
Et ils ont fait savoir que, sur la proposition des conseillers, ils n'avaient aucun commentaire particulier à formuler.
La prochaine fois, nous jetterons un oeil sur toutes les conjugaisons possibles du verbe «flouer». Et c'est bien parce que nous sommes polis que nous n'en utiliserons pas un autre qui commence par la même lettre.
***
jdion@ledevoir.com
Voyez plutôt.
En marge d'une réunion des gouverneurs de la Ligue nationale de hockey sur glace professionnel, le commissionnaire Gary «Call me Gary» Bettman déclare que tout va bien et qu'il y a tellement d'argent partout que le plafond salarial pourrait même augmenter. C'est que, contrairement à ce que vous pouvez penser à l'aide de déductions logiques, ces sièges vides dans les amphithéâtres ne sont pas véritablement vides. C'est simplement que les spectateurs qui les occupent se sont rués en masse vers les comptoirs alimentaires pour pouvoir profiter de l'occasion d'acheter des chiens chauds et de la mousseuse dix fois le prix de ce qu'on trouve ailleurs.
La vente de publicités télévisuelles pour le prochain match du Super Bowl va bon train. Plus de 90 % des cases ont déjà été réservées. Pour une pub de 30 secondes, il en coûte cette année trois millions de dollars américains, mais c'est pas grave.
Et les Yankees de New York font parapher un contrat de six ans évalué à approximativement 161 millions $US au lanceur partant gaucher CC Sabathia.
(En passant, si vous n'avez pas suivi de près les activités du baseball majeur depuis, mettons, six mois, vous ne reconnaissez peut-être pas CC Sabathia. C'est qu'il a changé de nom. Avant d'être cédé par les Indians de Cleveland aux Brewers de Milwaukee le 7 juillet dernier, CC Sabathia s'appelait en effet C.C. Sabathia, avec un point après chaque C majuscule, dont le premier signifie Carsten et le second Charles. Puis, lors d'une conférence de presse annonçant son arrivée à Milwaukee, un responsable des relations publiques des Brewers a déclaré que C.C. serait dorénavant identifié comme CC, avec pas de point. CC a par la suite déclaré qu'il se fichait pas mal d'avoir des points ou pas, ce qui n'est pas le cas de son coéquipier le joueur d'arrêt-court J.J. Hardy, qui lui tient, selon des sources, à conserver les siens. À ce sujet, c'est pour éviter de brailler à la pensée du départ de nos Expos que je me retiens d'évoquer F.P. Santangelo, qui avait des points, et U L Washington, qui n'en avait pas et exigeait une espace entre le U et le L, contrairement à CC.
Il ne s'agit d'ailleurs pas de la seule nouvelle dans le domaine du changement de nom sportif. Récemment, le receveur de passes des Bengals de Cincinnati Chad Johnson a officiellement fait modifier son état civil et il s'appelle maintenant Chad Ocho Cinco. Si vous avez quelques notions d'espagnol élémentaire, vous savez, et sinon vous vous en doutez j'en suis sûr, qu'une fois rendu en français Ocho Cinco donne Huit Cinq. Or Ocho Cinco porte le numéro 85 sur son uniforme de football, comme quoi il a de la suite dans les idées. Remarquez, tout le monde ne peut pas faire la même chose. Personnellement, j'arborai jadis le numéro 10 en baseball pee-wee, et j'ai peine à imaginer ce qu'il serait advenu de moi s'il avait fallu que je passe le reste de ma longue vie à me présenter en ces termes: bonjour, je suis Un Zéro. Enfin.)
Donc, 161 millions pour sept ans, on sort notre calculette à puce, on pitonne et on aboutit à 23 millions par année. Le quatrième plus gros contrat de l'histoire du baseball majeur, et le plus gros jamais consenti à un lanceur. Il faut dire, ont avancé certaines mauvaises langues, que Sabathia, qui avoisine les 300 livres en matière de poids, en a besoin: ses factures d'épicerie sont plutôt lourdes.
Ceci, soulignons-le, alors que les Yankees, de concert avec l'autre équipe de balle de New York, les Mets, ont demandé cette semaine l'émission d'obligations publiques de l'ordre de 450 millions $US pour contribuer au financement de leurs nouveaux stades. Les deux clubs ont déjà reçu 1,5 milliard par un processus semblable de la part de la Ville de New York.
À cet égard, deux conseillers municipaux de New York, Vincent Ignizio et James Oddo, ont eu une sacrée bonne idée. C'est que les Mets, qui emménageront la saison prochaine dans leur nouvelle demeure située juste à côté du stade Shea, ont vendu, à raison de 400 millions pour 20 ans, les droits d'appellation de celle-ci au grand consortium Citibank. Le nouveau stade doit donc s'appeler «Citi Field».
Sauf que. Sauf que Citibank fait partie des éclopés majeurs de la récente tourmente financière, et a dû comme d'autres appeler le gouvernement fédéral à la rescousse, ce qui s'est traduit par des dizaines de milliards publics injectés dans l'entreprise en guise de plan de sauvetage. Les conseillers Ignizio et Oddo ont donc proposé que, puisqu'au fond ce sont les contribuables qui finissent par tout payer, le stade porte le nom de «Citi/Taxpayers Field».
Cette semaine, les Mets ont accordé au releveur Francisco Rodriguez un contrat de 37 millions pour trois ans.
Et ils ont fait savoir que, sur la proposition des conseillers, ils n'avaient aucun commentaire particulier à formuler.
La prochaine fois, nous jetterons un oeil sur toutes les conjugaisons possibles du verbe «flouer». Et c'est bien parce que nous sommes polis que nous n'en utiliserons pas un autre qui commence par la même lettre.
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jdion@ledevoir.com
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