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Grand Prix de Formule 1 à Montréal - Les promoteurs jettent l'éponge

Éric Desrosiers   9 octobre 2008  Sports
Le Grand Prix du Canada a lieu sur le circuit de l’île Notre-Dame depuis 1978.
Photo : Agence Reuters
Le Grand Prix du Canada a lieu sur le circuit de l’île Notre-Dame depuis 1978.
Les promoteurs du Grand Prix de Formule 1 à Montréal jettent l'éponge. Avisés mardi par la presse que les bonzes du sport avaient rayé l'étape montréalaise du calendrier 2009, ils ont annoncé hier qu'ils renonçaient à toute tentative de sauvetage et qu'ils tournaient la page sur ces épreuves devenues trop chères à organiser pour des promoteurs privés.

«Nous comprenons l'importance de la F1 pour le Canada, et nous aimerions poursuivre notre relation d'affaires avec [les promoteurs de ce championnat], mais nous sommes aussi des gens d'affaires, et à ce titre, nous nous devons d'investir nos efforts dans une proposition d'affaire logique et viable», a déclaré en conférence de presse, hier, à Montréal, Paul Wilson, vice-président marketing du Grand Prix du Canada (GPC), l'entreprise qui organisait de l'événement.

Le porte-parole du promoteur a rejeté d'office toute possibilité qu'il s'associe à un éventuel projet de sauvetage de l'épreuve qui se tient dans l'île Notre-Dame depuis 1978, même avec l'aide des gouvernements. «Le modèle d'affaires actuel n'est plus viable, a répété Paul Wilson, qui parlait au nom du président et chef de la direction de GPC, Normand Legault, retenu en Europe pour des raisons personnelles. Dans ce contexte, nous nous refusons de solliciter toute aide gouvernementale.»

Escalade des coûts

L'escalade des coûts liés aux redevances qu'il faut verser aux organisateurs du championnat et aux demandes des équipes en compétition était devenue tout simplement insupportable pour celui qui était le promoteur de l'événement montréalais depuis 12 ans. Il était d'ailleurs le dernier promoteur privé de sa race, a-t-il noté hier, les 17 autres épreuves de la saison cette année ayant été organisées et financées, en tout ou en partie, par des gouvernements. Il aurait fallu «doubler, tripler, voire quadrupler le prix des billets» pour pouvoir suivre cette escalade des coûts, a dit Paul Wilson.

Normand Legault aurait d'ailleurs signifié dès l'an dernier sa volonté de rouvrir les termes de son contrat avec le grand manitou de la Formule 1, Bernie Ecclestone. Le Britannique aurait fait la sourde oreille et aurait exercé sans plus attendre une option de renouvellement pour cinq ans. Des «négociations intensives» se tenaient depuis le lendemain de la dernière course à Montréal, le 8 juin. On croyait encore, lundi, qu'un compromis était en voie d'être conclu. On a appris comme tout le monde, le lendemain, que Montréal avait été rayé du calendrier officiel de 2009.

Est-ce qu'un autre promoteur privé, ou un «OSBL comme le Festival de Jazz ou le Festival Juste pour rire» aurait des chances de ramener l'épreuve à Montréal? «Je ne sais pas. Tout est possible avec Bernie», a répondu Paul Wilson.

Le principal intéressé a toutefois laissé peu d'espoir hier. «Nous perdons le Canada l'an prochain, c'est sûr», a déclaré à l'agence Bloomberg le chef de Formula One Management (FOM), la société chargée de la commercialisation de la F1. Il n'a pas eu l'air de s'en faire non plus avec le fait que cette décision arrive après que les États-Unis aient aussi perdu leur grand prix, l'an dernier. «C'est décevant de ne pas courir en Amérique du Nord. Si nous pouvons y retourner, ce serait bien. Nous allons démêler tout cela.»

Ayant plus d'une fois apporté son appui au Grand Prix de Montréal, le gouvernement du Québec a promis de prendre position aujourd'hui, après avoir fait le point sur l'ensemble des informations disponibles.

«Nous verrons ce que nous pourrons faire, a pour sa part déclaré le p.-d.g. de Tourisme Montréal, Charles Lapointe. Y a-t-il une chance de sauver le Grand Prix pour 2009? Mon niveau d'enthousiasme est plutôt bas.» Il est important dans ce cas de chercher d'autres événements internationaux qui pourraient remplacer l'extraordinaire vitrine internationale qu'offraient à Montréal son grand prix et ses 300 millions de téléspectateurs. Des discussions ont déjà été entreprises avec les organisateurs d'une autre sorte de courses, celles du Red Bull Air Racing, ainsi qu'avec les promoteurs des jeux extrêmes ExGames.






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