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EPO: Geneviève Jeanson passe aux aveux

Guillaume Bourgault-Côté   21 septembre 2007  Sports
Elle l'a longtemps nié, avant de finalement avouer ce que tout le monde chuchotait: dans une entrevue accordée à une équipe de l'émission Enquêtes de Radio-Canada, diffusée hier soir, la cycliste québécoise Geneviève Jeanson a reconnu s'être dopée à l'érythropoïétine (EPO) pendant pratiquement toute sa carrière.

La petite reine du mont Royal ne roulait donc pas à l'eau claire, non plus qu'aux bienfaits de la tente hypoxique. Loin de là. Dès l'âge de 16 ans, la jeune athlète s'est en effet mise à l'EPO, la drogue-vedette du peloton depuis le milieu des années 90. «Je savais que ce n'était pas bien, raconte-t-elle dans le document présenté hier. Je me suis fait prendre dans l'engrenage. Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas comment m'en sortir.»

Avant de lever le doute sur les soupçons qui l'avaient déjà condamnée à une retraite précoce, Jeanson, 26 ans, a nié plusieurs fois avoir pris de l'EPO. En 2003, au coeur d'un scandale lié aux déclarations d'un médecin qui affirmait lui avoir prescrit des produits interdits, elle jurait dur comme fer n'avoir «jamais touché à de l'EPO de ma vie. On ne m'en a jamais proposé, je n'en ai jamais pris. Je n'en ai même jamais vu».

En octobre de la même année, Jeanson avait été exclue des mondiaux sur route de Hamilton à la suite de tests sanguins ayant révélé un taux d'hématocrite supérieur à la limite de 47 % fixée par l'Union cycliste internationale (UCI). Encore en novembre dernier, alors que l'agence antidopage américaine (USADA) confirmait qu'elle était suspendue pour deux ans pour un contrôle positif à l'EPO (même si elle avait déjà annoncé sa retraite), Jeanson affirmait n'avoir jamais consommé d'EPO.






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  • Jean-Jacques Simard
    Abonné
    vendredi 21 septembre 2007 10h53
    Victime de la course aux honneurs
    « Geneviève Jeanson a menti pendant longtemps. Tout le monde doutait de ses affirmations au cours des dernières années de sa carrière. Ce qu'elle a fait est inacceptable mais je comprends qu'à seize ans, on se fie entièrement à son entraîneur qu'on ne veut pas décevoir. Il y aussi la famille, les amis, la presse : comment avouer son crime? Je crois qu'elle avait tout intérêt à dévoiler enfin la vérité. À mes yeux, elle n'en sort que grandie. Cela n'enlève pas le déshonneur d'avoir gagné sous l'effet d'injections de EPO mais cela lui donne le mérite d'avoir, courageusement, admis sa faute. Je lui souhaite maintenant de vivre sereinement.
    Jean-Jacques Simard, Roberval »

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