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Et puis euh - Le Litex Lovech et vous

Jean Dion   31 octobre 2006  Sports
On ne peut pas être certain de grand-chose dans la vie — quelques notables exceptions étant: un imbécile parlant dans son cellulaire tout en conduisant son char va faillir vous rentrer dedans et ne s'en rendra même pas compte et continuera de parler dans son cellulaire, car il s'agit d'une conversation très importante qui ne peut attendre; un chef de parti politique va rire même s'il ne trouve pas ça drôle juste parce qu'il faut qu'il soit vu en train de rire des fois; quelqu'un va vous envoyer par courriel un document que vous n'arriverez pas à ouvrir —, mais on peut l'être d'une: pendant une séance de tirs de punition à la fin d'une partie de hockey de la Ligue nationale de hockey, le descripteur va dire: «Y a-t-il encore quelqu'un qui s'oppose à la tenue de cette séance extrêmement excitante pour les amateurs et qui réconcilie tout le monde avec le hockey en montrant à quel point le hockey peut être excitant en ce qui a trait au hockey?»

À ceci, peux-je répondre: moi?

Je vous remercie.

Ce truc-là est complètement ridicule. D'abord, on ne sait même pas comment ça s'appelle. Il ne s'agit pas de lancers de punition, puisqu'il n'y a pas de punition. Il ne s'agit pas d'une fusillade, puisque dans une fusillade, tous les joueurs lanceraient en même temps; d'ailleurs, si vous voulez mon avis, ce serait pas mal moins moumoune si on procédait ainsi, après tout le gardien est complètement équipé et il est trop avantagé lors d'une descente à un contre un. Il ne s'agit pas non plus de tirs de barrage, car les tirs de barrage servent à barrer la route à quelqu'un, or dans ce cas-ci, on barre quoi? le chemin vers la victoire? Allons donc, personne n'a jamais pensé à ça. La réalité, c'est qu'il n'y a pas de mots pour décrire la chose, et les choses qui n'ont pas de mots pour les décrire ne devraient pas exister. C'est bien de valeur, mais c'est comme ça.

À part ça, l'équipe qui perd reçoit quand même un point. Dessinez-moi une façon de rendre un enjeu inexistant. Si la séance avait vraiment du bon sens et était un facteur de départage pertinent, on donnerait six points à l'équipe gagnante et moins six à l'autre. On aurait alors droit à autre chose que du patin de fantaisie.

«Ah mais regarde, mon Rogatien, au baseball et au basketball il y a toujours un gagnant et un perdant. Et au soccer, le sport le plus populaire au monde, il y a des tirs au but en cas d'égalité après la prolongation.» Vous aimez ça, hein, les arguments vaseux? Au baseball et au basket, ils jouent jusqu'à ce qu'il y ait un gagnant. Ils ne s'arrêtent pas au bout de cinq minutes pour faire un concours de coups de circuit ou de lancers de trois points, calvette. Et au soccer, ils n'ont recours à ce procédé que dans de très rares circonstances et parce qu'il est de notoriété publique et parapublique qu'il est parfaitement possible de jouer pendant un nombre incalculable d'heures sans qu'il y ait de but. Ce qui n'est pas le cas, n'est-ce pas, au hockey, surtout pas dans la «nouvelle» Ligue nationale où il y a tellement d'attaque et où tout est tellement excitant pour les amateurs (y compris un match Columbus-Nashville, j'ai essayé l'autre jour, et pour ne rien vous cacher, j'en suis encore gaga; ça doit être à cause de la rivalité naturelle et de la tradition historique qui induisent une de ces intensités dont je ne sais pas si vous seriez capables de la supporter, vous êtes peut-être mieux de ne pas essayer et de vous en tenir à votre Canadien). Pourquoi donc ne les fait-on pas jouer en prolongation à quatre contre quatre jusqu'à ce qu'il y ait un but? Trop fatigant? N'ont qu'à réduire le nombre de matchs à 70 par saison.

Et puis et puis et puis, qu'est-ce que tout le monde a contre les matchs nuls? C'est agréable, une bonne nulle. Et si l'exemple du soccer est si éloquent, est-ce que je peux signaler qu'au foot, on est enseveli sous les matchs nuls, et cela ne l'empêche pas une miette d'être le sport le plus populaire au monde, comme vous l'avez vous-même dit tout à l'heure?

À part ça encore, si la formule des tirs au but est si valable et excitante pour les amateurs, pourquoi ne l'utilise-t-on pas en séries éliminatoires pour l'obtention de la coupe Stanley? Parce que ce n'est pas une manière équitable de décider d'un match? Je vous remercie.

***

On se cherche un sujet de conversation pour briller dans les salons? On dit merci à Et puis euh!

Sofia, 28 octobre (Reuters) — L'équipe de première division bulgare de soccer Litex Lovech a ordonné à son attaquant Ivelin Popov de se marier au cours de la prochaine année dans l'espoir que cela mettra un peu d'ordre dans sa vie dissolue.

«J'ai accepté l'ordre et je promets d'y obéir», a déclaré Popov, un joueur clé de l'équipe nationale de Bulgarie des moins de 21 ans. «Mes supérieurs ont raison d'exiger cela de moi, car ils connaissent mon caractère.»

Popov, un produit de l'organisation du Levski Sofia qui a eu 19 ans cette semaine, a tenté sans succès de percer la formation du club néerlandais Feyenoord avant de se joindre au Litex l'an dernier.

Il est reconnu pour ses innombrables conquêtes féminines et son tempérament explosif. Vendredi dernier, il a irrité les fans du Litex lorsqu'il a fait un geste obscène en leur direction après avoir marqué un but contre l'équipe du Rodopa Smolyan.

Il promet cependant de se calmer et de mener une vie plus rangée en compagnie de sa petite amie actuelle.

«Elle est très gentille et très intelligente. Je pense qu'elle sera la femme de ma vie, aussi, s'il vous plaît, ne me rappelez pas mes frasques passées», a déclaré Popov.

«Mes patrons veulent que je sois entièrement concentré sur le football, et le mariage va probablement m'aider à me calmer.»

«Je sais que j'ai été un très mauvais garçon et je veux arriver à mon 20e anniversaire en étant un homme marié», a-t-il ajouté.

Le Litex, dont l'entraîneur est Ljupko Petrovic, champion de la coupe d'Europe sous les couleurs du Red Star Belgrade en 1991, occupe présentement le troisième rang du championnat de Bulgarie avec 23 points en 11 matchs, 6 points de moins que le leader du classement Levski Sofia.

***

jdion@ledevoir.com






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