Symposium BioContact - L'entremetteur scientifique
Le deuxième plus important rendez-vous d'affaires et de technologie en Amérique du Nord se tient la semaine prochaine à Québec
Un salon qui réunit investisseurs, chercheurs et acheteurs de biotechnologie. La formule est particulière, celle du Symposium BioContact qui se tiendra à Québec du 2 au 4 octobre prochains. Pour Martin Godbout, l'initiateur du projet, cette rencontre constitue le «Davos» de la biotechnologie.
Du 2 au 4 octobre, le monde québécois de la biotechnologie se réunira au Château Frontenac pour faire sa «parade de mode» annuelle. Il s'agit du neuvième symposium BioContact, qui rassemblera plus de 1200 intervenants dont la moitié provenant de l'extérieur du Québec. Le symposium est organisé par Martin Godbout, qui est à la fois président de Génome Canada (voir Le Devoir du 1er juin 2002) et de BioContact, une firme privée à but non lucratif qui gère ce symposium sur le partenariat biopharmaceutique.
«J'ai toujours comparé cela à une parade de mode, lance M. Godbout. Quand vous êtes un grand couturier, il faut faire parader vos modèles, il faut que quelqu'un montre vos plus belles robes, vos plus beaux souliers et vos plus beaux vestonsÉ Alors, c'est ce que les gens viennent faire à BioContact 2002. Durant trois jours, 170 compagnies expliqueront, une demi-heure chacune, ce qu'elles font dans les domaines du traitement du cancer, en cardiologie, en neurobiologie, en génomique, en immunologie, etc.»
Le rôle de BioContact consiste à rassembler dans une salle des investisseurs (capital de risque) et des acheteurs de technologie (essentiellement les grandes pharmaceutiques) avec les chercheurs universitaires et les firmes de biotechnologie. «Nous sommes un entremetteur, dit-il, ou plutôt un facilitateur, c'est-à-dire que notre rôle consiste à faciliter le contact entre tous les partenaires du domaine.»
Martin Godbout souligne que les entreprises de biotechnologie ont absolument besoin de capital de risque et de partenaires avec qui nouer des partenariats de longue durée. «Il n'y a pas une biotech au monde qui soit capable d'arriver à ses fins seule, affirme-t-il. Cela se fait toujours grâce à des collaborations, à des partenariats, etc.»
Les participants au symposium ont ainsi la chance d'assister aux présentations des présidents de compagnie. «Vous pouvez être le représentant d'un portefeuille de capital de risque qui cherche à investir en cardiologie, relate M. Godbout. Alors, il y a plusieurs sessions de présentations en cardiologie. Vous vous y présentez, vous écoutez les présentations et là, si vous voulez rencontrer quelqu'un de manière discrète, vous pouvez utiliser nos servicesÉ»
«Le numéro 564 désire rencontrer le 728!»
Le symposium BioContact fonctionne à la manière d'une agence de rencontre, chaque participant possédant un matricule qui lui assure la confidentialité. «Lorsque vous vous inscrivez, explique M. Godbout, à l'endos de votre carte d'identification se trouve un numéro. Durant le symposium, vous pouvez vous présenter à notre Bureau de biopartenariat — on n'a pas besoin de savoir votre nom! — et vous nous dites simplement que vous désirez rencontrer tel représentant de compagnie. Nous avons le numéro de celui-ci et, sur un babillard à l'extérieur de la salle, nous indiquons que le numéro 564 désire rencontrer le 728!»
Afin de faciliter davantage les rencontres, le symposium se tient entre les murs du Château Frontenac, à Québec, et non dans un centre de congrès d'une grande ville. «Il y a une raison stratégique pour cela, confie l'organisateur. Si nous tenions le même événement à Toronto ou à Montréal — on a d'ailleurs déjà fait des tests —, on constate que durant la journée, les gens retournent au bureau alors que le soir, ils rentrent à la maison. Par contre, lorsqu'ils sont à Québec, ils se donnent rendez-vous le soir afin de discuter. Le but de tenir notre symposium à Québec, c'est que durant deux jours, tous les participants sont relativement isolés et se retrouvent dans un endroit propice aux rencontres.»
De cette façon, les organisateurs facilitent trois niveaux de rencontres, à commencer par le niveau informel: les rencontre de corridor. «C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles on tient notre symposium au Château Frontenac, lance Martin Godbout. Mille trois cents personnes dans le Château, il s'en fait des rencontres!» Deuxième niveau: sur la véranda surplombant le Saint-Laurent, de confortables fauteuils sont placés de manière à créer de petits îlots favorisant les rencontres agréables. «Je connais des participants qui passent les trois jours dans ces petits salons!», dit-il. Finalement, le troisième niveau de rencontres consiste en des rendez-vous un à un, une fois qu'une relation est établie et alors que se fait sentir le besoin de se rencontrer plus discrètement et à l'abri. «On offre alors des salles où se rencontrent le 564 et le 728, poursuit l'entremetteur. Mais vous n'avez qu'une demi-heure car, aux demi-heures, on passe à d'autresÉ C'est vraiment très efficace comme formule. Quant à nous, on ne sait pas qui rencontre qui — et on ne veut surtout pas le savoir!»
Le «Davos» de la biotechnologie
M. Godbout souligne que si une telle formule n'est plus unique au monde, BioContact se classe néanmoins au deuxième rang en importance au monde, derrière la rencontre des biotechs de San Francisco. «C'est devenu une religion aujourd'hui, prétend-il, la première semaine d'octobre, c'est au Château Frontenac, à Québec, que ça se passe! Vingt-deux pays sont maintenant représentés, dont des financiers suisses, français, anglais et américains bien sûr. Ça devient le Davos de la biotechnologie, si on veut, en Amérique!»
Outre les présentations corporatives, BioContact 2002 fera aussi le point sur la situation des biotechnologies au Québec et de par le monde. Ainsi, l'un des grands attraits du symposium sera, aux dires de l'organisateur, les présentations d'analystes sur l'état du financement dans le contexte de la chute des marchés boursiers.
«Qu'est-ce qui va se passer au cours de la prochaine année?, dit-il. Voilà la grande question que tous nous nous posons. Alors, nous recevons Mme Mary Macdonald, présidente de Macdonald & Associates Ltd, qui nous brossera le tableau nord-américain de la situation. On aura aussi le professeur Juan Enriquez, le "gourou" du secteur des sciences de la vie, qui nous dira quelque chose comme: "Oui, c'est vrai, le marché boursier est en chute dans le secteur des technologies, mais voici les avantages et les inconvénients." Directeur des projets de sciences de la vie à la Harvard Business School, il regardera dans sa boule de cristal pour nous faire ses prédictions concernant les trois prochaines années. Et nous avons M. Cameron Groome, [de la société Narhex Life Sciences], qui fera le portrait de la situation actuelle. Cet analyste financier a la capacité de faire monter ou descendre un titre boursier! Ce qu'il dit a, de fait, des impacts sur le marché!»
Du 2 au 4 octobre, le monde québécois de la biotechnologie se réunira au Château Frontenac pour faire sa «parade de mode» annuelle. Il s'agit du neuvième symposium BioContact, qui rassemblera plus de 1200 intervenants dont la moitié provenant de l'extérieur du Québec. Le symposium est organisé par Martin Godbout, qui est à la fois président de Génome Canada (voir Le Devoir du 1er juin 2002) et de BioContact, une firme privée à but non lucratif qui gère ce symposium sur le partenariat biopharmaceutique.
«J'ai toujours comparé cela à une parade de mode, lance M. Godbout. Quand vous êtes un grand couturier, il faut faire parader vos modèles, il faut que quelqu'un montre vos plus belles robes, vos plus beaux souliers et vos plus beaux vestonsÉ Alors, c'est ce que les gens viennent faire à BioContact 2002. Durant trois jours, 170 compagnies expliqueront, une demi-heure chacune, ce qu'elles font dans les domaines du traitement du cancer, en cardiologie, en neurobiologie, en génomique, en immunologie, etc.»
Le rôle de BioContact consiste à rassembler dans une salle des investisseurs (capital de risque) et des acheteurs de technologie (essentiellement les grandes pharmaceutiques) avec les chercheurs universitaires et les firmes de biotechnologie. «Nous sommes un entremetteur, dit-il, ou plutôt un facilitateur, c'est-à-dire que notre rôle consiste à faciliter le contact entre tous les partenaires du domaine.»
Martin Godbout souligne que les entreprises de biotechnologie ont absolument besoin de capital de risque et de partenaires avec qui nouer des partenariats de longue durée. «Il n'y a pas une biotech au monde qui soit capable d'arriver à ses fins seule, affirme-t-il. Cela se fait toujours grâce à des collaborations, à des partenariats, etc.»
Les participants au symposium ont ainsi la chance d'assister aux présentations des présidents de compagnie. «Vous pouvez être le représentant d'un portefeuille de capital de risque qui cherche à investir en cardiologie, relate M. Godbout. Alors, il y a plusieurs sessions de présentations en cardiologie. Vous vous y présentez, vous écoutez les présentations et là, si vous voulez rencontrer quelqu'un de manière discrète, vous pouvez utiliser nos servicesÉ»
«Le numéro 564 désire rencontrer le 728!»
Le symposium BioContact fonctionne à la manière d'une agence de rencontre, chaque participant possédant un matricule qui lui assure la confidentialité. «Lorsque vous vous inscrivez, explique M. Godbout, à l'endos de votre carte d'identification se trouve un numéro. Durant le symposium, vous pouvez vous présenter à notre Bureau de biopartenariat — on n'a pas besoin de savoir votre nom! — et vous nous dites simplement que vous désirez rencontrer tel représentant de compagnie. Nous avons le numéro de celui-ci et, sur un babillard à l'extérieur de la salle, nous indiquons que le numéro 564 désire rencontrer le 728!»
Afin de faciliter davantage les rencontres, le symposium se tient entre les murs du Château Frontenac, à Québec, et non dans un centre de congrès d'une grande ville. «Il y a une raison stratégique pour cela, confie l'organisateur. Si nous tenions le même événement à Toronto ou à Montréal — on a d'ailleurs déjà fait des tests —, on constate que durant la journée, les gens retournent au bureau alors que le soir, ils rentrent à la maison. Par contre, lorsqu'ils sont à Québec, ils se donnent rendez-vous le soir afin de discuter. Le but de tenir notre symposium à Québec, c'est que durant deux jours, tous les participants sont relativement isolés et se retrouvent dans un endroit propice aux rencontres.»
De cette façon, les organisateurs facilitent trois niveaux de rencontres, à commencer par le niveau informel: les rencontre de corridor. «C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles on tient notre symposium au Château Frontenac, lance Martin Godbout. Mille trois cents personnes dans le Château, il s'en fait des rencontres!» Deuxième niveau: sur la véranda surplombant le Saint-Laurent, de confortables fauteuils sont placés de manière à créer de petits îlots favorisant les rencontres agréables. «Je connais des participants qui passent les trois jours dans ces petits salons!», dit-il. Finalement, le troisième niveau de rencontres consiste en des rendez-vous un à un, une fois qu'une relation est établie et alors que se fait sentir le besoin de se rencontrer plus discrètement et à l'abri. «On offre alors des salles où se rencontrent le 564 et le 728, poursuit l'entremetteur. Mais vous n'avez qu'une demi-heure car, aux demi-heures, on passe à d'autresÉ C'est vraiment très efficace comme formule. Quant à nous, on ne sait pas qui rencontre qui — et on ne veut surtout pas le savoir!»
Le «Davos» de la biotechnologie
M. Godbout souligne que si une telle formule n'est plus unique au monde, BioContact se classe néanmoins au deuxième rang en importance au monde, derrière la rencontre des biotechs de San Francisco. «C'est devenu une religion aujourd'hui, prétend-il, la première semaine d'octobre, c'est au Château Frontenac, à Québec, que ça se passe! Vingt-deux pays sont maintenant représentés, dont des financiers suisses, français, anglais et américains bien sûr. Ça devient le Davos de la biotechnologie, si on veut, en Amérique!»
Outre les présentations corporatives, BioContact 2002 fera aussi le point sur la situation des biotechnologies au Québec et de par le monde. Ainsi, l'un des grands attraits du symposium sera, aux dires de l'organisateur, les présentations d'analystes sur l'état du financement dans le contexte de la chute des marchés boursiers.
«Qu'est-ce qui va se passer au cours de la prochaine année?, dit-il. Voilà la grande question que tous nous nous posons. Alors, nous recevons Mme Mary Macdonald, présidente de Macdonald & Associates Ltd, qui nous brossera le tableau nord-américain de la situation. On aura aussi le professeur Juan Enriquez, le "gourou" du secteur des sciences de la vie, qui nous dira quelque chose comme: "Oui, c'est vrai, le marché boursier est en chute dans le secteur des technologies, mais voici les avantages et les inconvénients." Directeur des projets de sciences de la vie à la Harvard Business School, il regardera dans sa boule de cristal pour nous faire ses prédictions concernant les trois prochaines années. Et nous avons M. Cameron Groome, [de la société Narhex Life Sciences], qui fera le portrait de la situation actuelle. Cet analyste financier a la capacité de faire monter ou descendre un titre boursier! Ce qu'il dit a, de fait, des impacts sur le marché!»
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