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L'avenir selon Montréal International - La province biotechnologique

L'objectif actuel est d'attirer ici les investisseurs américains et européens

Guylaine Boucher   28 septembre 2002  Science et technologie
Main-d'oeuvre hautement qualifiée, recherche et développement de calibre mondial, innovations scientifiquesÉ le Québec économique des années 1990 et 2000 a résolument pris le virage de l'économie du savoir. Industrie de pointe s'il en est, les biotechnologies se sont imposées tout naturellement dans le nouveau paysage économique de la province. Et c'est loin d'être terminé, s'il faut en croire le président-directeur général de Montréal International, Jacques Girard, selon qui, décote boursière ou non, «le secteur demeure l'un des plus prometteurs de la décennie».

En 2001, une étude, réalisée par la firme de consultants Ernst & Young, estimait que plus du tiers des entreprises canadiennes en biotechnologie avaient pignon sur rue au Québec. Dixième joueur en importance en Amérique du Nord pour les revenus générés par son industrie biotechnologique, le Québec est d'ailleurs de loin la province la plus performante dans ce domaine au Canada. Au strict plan de la recherche et du développement, en 1999, le ministère de l'Industrie et du Commerce estimait que les 150 entreprises du secteur avaient investi environ 337 millions de dollars en sol québécois.

Plus importantes dans la balance économique de la province, les biotechnologies sont aussi plus dispersées sur le territoire. Ainsi, bien que la métropole accueille toujours environ 60 % des entreprises du domaine, des pôles biotechnologiques majeurs prennent peu à peu racine en Montérégie, à Saint-Hyacinthe plus précisément, de même que dans la grande région de Québec. Depuis 1998-1999, la Capitale nationale s'est en effet dotée d'une politique de diversification économique laissant une large place aux biotechnologies. Avec la création récente de l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels, la Ville de Québec aspire même au statut de Cité des nutraceutiques.

Un contexte favorable

Pour Jacques Girard, plusieurs éléments expliquent la bonne performance du Québec dans le secteur biotechnologique. La présence déjà bien établie des entreprises du secteur pharmaceutique arrive en premier lieu. «Les biotechnologies sont plus récentes, mais les pharmaceutiques, elles, sont présentes chez nous depuis déjà plusieurs années. Or, le fait qu'il y ait déjà une grappe des sciences de la vie, où à peu près toutes les grandes entreprises sont représentées, a été favorable au développement. Il est toujours plus facile d'attirer des entreprises étrangères si une certaine réputation nous précède et que d'autres firmes sont déjà établies. Les nouveaux venus sentent alors que c'est une priorité pour la région ou le pays.»

Le nombre imposant de centres de recherche publics et privés, dont l'Institut Armand-Frappier, la présence de quelques grands chercheurs et de plusieurs établissements d'enseignement de calibre international pèsent aussi dans la balance, selon le p.-d.g. de Montréal International. En fait, à son avis, si on ajoute à cela une législation fédérale qui protège les brevets et de nombreux incitatifs fiscaux en recherche et en développement, on peut facilement comprendre en quoi le Québec est attirant pour les entreprises biotechnologiques.

Si favorisé soit-il, le Québec n'est pas seul dans la course lorsqu'il lui faut convaincre une entreprise étrangère de s'installer à demeure. En fait, raconte Jacques Girard, «tout le monde parle maintenant de biotechnologie. Non seulement les États-Unis misent sur ce secteur depuis déjà plusieurs années, mais, depuis peu, même l'Europe s'attaque férocement à ce marché».

Toujours plus loin

Pas question pour autant de baisser les bras. À Montréal, où les biotechnologies, le secteur pharmaceutique et les entreprises d'équipement médical représentent 24 000 emplois au total, on espère atteindre les 40 000 travailleurs d'ici sept ou huit ans.

Pour y arriver, Montréal International s'est doté d'un plan d'action strictement dédié aux sciences de la vie. Un plan d'action aux multiples facettes et objectifs, dont celui de mettre sur pied des incubateurs d'entreprises pour favoriser les transferts technologiques des universités et centres hospitaliers vers le secteur privé.

La venue d'autres entreprises de capitaux de risque est aussi dans la mire. «Le Québec compte déjà sur beaucoup de capital de risque, dont une large part de type institutionnel avec Sofinov, le Fonds de solidarité de la FTQ et Innovitech. C'est une base très intéressante, mais ce n'est pas suffisant. Il faut attirer des entreprises américaines ou européennes de capitaux de risque. Il faut faire en sorte que les chefs d'entreprise ne passent pas leur temps à chercher de l'argent mais qu'ils concentrent plutôt leurs énergies à faire ce pour quoi ils sont les meilleurs, c'est-à-dire transformer la science pour lui donner des applications concrètes. Si ça fonctionne, c'est tout le Québec qui va en profiter.»
 
 
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