Biopharmaceutique - Une industrie vigoureuse au Canada et au Québec
Un taux de croissance annuel de 25 %
La valeur boursière des compagnies biopharmaceutiques a elle aussi connue une baisse: de 33% en nn an, pour se fixer à 20 milliards de dollars. Ce n'est pas rien. Ainsi, en Amérique du Nord, le Québec se classe au quatrième rang pour sa concentration d'emplois dans le secteur biopharmaceutique. Et, d'ici 2005, on parler de tripler le volume des ventes de produits. Un bel avenir annoncé pour ce secteur où recherche et déveveloppement et exportation vont de pair.
Le marché public de la biopharmaceutique, sans irrémédiablement piquer du nez comme bien d'autres, a perdu de l'altitude au cours des derniers mois. En un an, sa valeur a chuté de 30 à 20 milliards de dollars. Nonobstant ces revers largement attribuables à un contexte boursier difficile et au fait qu'il soit parfois confondu avec le secteur des technologies de pointe, il n'en est pas moins voué à un bel avenir, selon Industrie Canada, Investissement Québec et un spécialiste de la Financière Banque Nationale.
Les experts canadiens rapportent que, sur le plan économique, les ventes mondiales de produits biopharmaceutiques ont été multipliées par un facteur de 7 au cours des dix dernières années; elles devraient annuellement dépasser le 18 milliards de dollars américains à compter de 2003. On anticipe que la partie biopharmaceutique des ventes mondiales de médicaments triplera pour passer de 5 à 15 % d'ici 2005.
Une enquête conduite en 1997 par Statistique Canada avec la collaboration d'Industrie Canada et de l'Association BIOTEC du pays montrait que l'industrie regroupait alors 282 sociétés de base, dont la moitié à peu près oeuvrait dans le domaine de la santé. L'industrie employait alors autour de 10 000 personnes et ses recettes dépassaient les 1,1 milliard de dollars. Sur le plan de la recherche et du développement — le nerf de la guerre dans ce secteur —, les investissements dépassaient les 585 millions de dollars alors que les exportations tournaient autour de 400 millions de dollars. Il y a peu de temps, on recensait 102 nouvelles entreprises qui sont apparues dans le décor depuis 1997.
À l'échelle mondiale, le volume d'affaires de l'industrie de la biotechnologie canadienne demeure modeste. Rien n'empêche que le taux de croissance affiché est de 25 % par année. Le Canada se classe au deuxième rang en nombres absolus, loin derrière les É.-U. en ce qui a trait au nombre de compagnies qui utilisent les bios et à celui des employés; il est deuxième aussi sur le plan des recettes.
Du côté québécois
Au Québec, l'industrie a enregistré des progrès spectaculaires pendant les dix dernières années, plus précisément dans les régions de Montréal et de Québec. Les entreprises biopharmaceutiques occupent les champs de la recherche et du développement, de la fabrication de médicaments de marque et de produits brevetés, de même que celui de la biotechnologie pour la santé humaine. Il est reconnu que Montréal est l'un des rares endroits au monde où il est possible pour une entreprise de réaliser toutes les phases de la production d'un nouveau médicament, soit à partir de la recherche fondamentale jusqu'à la mise en marché. Le Québec mise sur cinq conditions favorables pour dynamiser l'industrie: la qualité de la main-d'oeuvre, les coûts d'exploitation avantageux, l'expertise en recherche, les avantages fiscaux et la présence du capital de risque.
En Amérique du Nord, le Québec se classe au quatrième rang pour sa concentration d'emplois dans le secteur biopharmaceutique, selon des données de Statistique Canada et du ministère de l'Industrie et du Commerce. Quelque 154 compagnies emploient 14 800 personnes. Des chiffres tirés du Gallup Canada 2000 laissent voir que le Québec compte dans ses rangs le ratio le plus élevé de diplômés du doctorat en sciences au Canada, soit 9,08 par 10 000 habitants.
Un expert se prononce
Cameron Groome est directeur général de la Financière Banque Nationale et il parle en ces termes du marché en Amérique du Nord: «Les États-Unis viennent en tête et le Canada occupe le deuxième rang. Il existe, par exemple, plusieurs entreprises importantes de moyenne taille en Europe, mais elles ne sont vraiment pas structurées comme les compagnies publiques le sont ici. Cependant, la valeur des compagnies publiques canadiennes est à la baisse et se situe à 20 milliards en actifs. Il y a un an, cette valeur était de 30 milliards.» Deux raison expliquent cette situation: «Primo, en général les marchés boursiers sont à la baisse. Deuzio, il y a eu beaucoup d'enthousiasme autour de certains projets sur les génomes et des gens ont cru trop vite que toutes les maladies pourraient être guéries en l'espace de deux semaines. On s'est finalement aperçu que ces attentes n'étaient pas réalistes.»
La santé, une valeur sûre
Malgré ces aléas, il ne fait aucun doute pour lui que l'industrie évolue dans un contexte très favorable au Canada. Le taux de croissance a été multiplié par dix au cours de la dernière décennie. «Même si on subit une baisse présentement, il est clair que le potentiel en vue d'une croissance est bien en place et que celle-ci est réalisable», constate M. Groome.
Selon lui, l'élément le plus favorable est le désir chez tous de vivre et de survivre. «On sait bien qu'il y a toutes sortes de maladies qu'il est impossible de traiter et de guérir. Or, les gens ne veulent pas être malades, ils ne veulent pas mourir et ils aspirent à la guérison. C'est un constat qui est universel. Si on a le choix de payer pour une nouvelle voiture ou pour demeurer vivant, on choisit quoi? Pour moi, c'est pas mal clair!»
Les progrès de la science
Les nouvelles technologies représentent un autre important facteur d'évolution pour l'industrie et elles ont largement contribué aux progrès réalisés au cours des dernières années. «On dispose aujourd'hui d'outils technologiques pour comprendre pourquoi les maladies se développent et comment on peut les traiter de façon bien mieux ciblée qu'autrefois. Si, par exemple, on prend le cas du sida, on a vu il y a 15 ans que les victimes mouraient dans une proportion de 100 % environ 18 mois après que la maladie se soit déclarée. Maintenant, on parle de 2 % grâce notamment à la trithérapie.»
Par ailleurs, il faut admettre que les avancées scientifiques sont réelles. «Le corps humain est d'une très grande complexité et il existe de multiples différences entre chacune des maladies. On n'est pas très avancé dans la compréhension de l'origine des cancers et sur la façon de les enrayer. Au moment où les outils de biotechnologie se déploient, là on commence à percer le mystère de ces cancers et à découvrir des façons bien mieux ciblées de les traiter.»
L'aspect économique
Cameron Groome croit que le développement économique doit se situer dans une perspective d'avancés technologiques et de découvertes scientifiques: «C'est moins dispendieux de traiter une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer à l'aide de pilules que de la placer dans un centre d'hébergement de soins de longue durée. Dans la plupart des cas, c'est plus économique de soigner une personne avec le support d'une médication en dehors d'un hôpital plutôt que dans un tel lieu, surtout quand il est clair que la personne ne ressortira pas de cet endroit.»
Ici au Canada, le défi historique a toujours résidé dans une recherche médicale de très grande qualité. «Malheureusement, on n'a pas eu des investisseurs ou des sociétés de capital de risque, des gens qui puissent supporter un professeur ou un entrepreneur qui quitte cet environnement universitaire dans le but de mettre sur pied une compagnie. C'est un défi qu'on a déjà commencé à relever avec beaucoup de succès. Maintenant, il faut continuer d'aller de l'avant, mais il importe surtout de bâtir des plans d'affaires à la hauteur et de trouver des administrateurs expérimentés, qui vont assurer le succès des nouveaux arrivants sur le marché», analyse M. Groome.
Le marché public de la biopharmaceutique, sans irrémédiablement piquer du nez comme bien d'autres, a perdu de l'altitude au cours des derniers mois. En un an, sa valeur a chuté de 30 à 20 milliards de dollars. Nonobstant ces revers largement attribuables à un contexte boursier difficile et au fait qu'il soit parfois confondu avec le secteur des technologies de pointe, il n'en est pas moins voué à un bel avenir, selon Industrie Canada, Investissement Québec et un spécialiste de la Financière Banque Nationale.
Les experts canadiens rapportent que, sur le plan économique, les ventes mondiales de produits biopharmaceutiques ont été multipliées par un facteur de 7 au cours des dix dernières années; elles devraient annuellement dépasser le 18 milliards de dollars américains à compter de 2003. On anticipe que la partie biopharmaceutique des ventes mondiales de médicaments triplera pour passer de 5 à 15 % d'ici 2005.
Une enquête conduite en 1997 par Statistique Canada avec la collaboration d'Industrie Canada et de l'Association BIOTEC du pays montrait que l'industrie regroupait alors 282 sociétés de base, dont la moitié à peu près oeuvrait dans le domaine de la santé. L'industrie employait alors autour de 10 000 personnes et ses recettes dépassaient les 1,1 milliard de dollars. Sur le plan de la recherche et du développement — le nerf de la guerre dans ce secteur —, les investissements dépassaient les 585 millions de dollars alors que les exportations tournaient autour de 400 millions de dollars. Il y a peu de temps, on recensait 102 nouvelles entreprises qui sont apparues dans le décor depuis 1997.
À l'échelle mondiale, le volume d'affaires de l'industrie de la biotechnologie canadienne demeure modeste. Rien n'empêche que le taux de croissance affiché est de 25 % par année. Le Canada se classe au deuxième rang en nombres absolus, loin derrière les É.-U. en ce qui a trait au nombre de compagnies qui utilisent les bios et à celui des employés; il est deuxième aussi sur le plan des recettes.
Du côté québécois
Au Québec, l'industrie a enregistré des progrès spectaculaires pendant les dix dernières années, plus précisément dans les régions de Montréal et de Québec. Les entreprises biopharmaceutiques occupent les champs de la recherche et du développement, de la fabrication de médicaments de marque et de produits brevetés, de même que celui de la biotechnologie pour la santé humaine. Il est reconnu que Montréal est l'un des rares endroits au monde où il est possible pour une entreprise de réaliser toutes les phases de la production d'un nouveau médicament, soit à partir de la recherche fondamentale jusqu'à la mise en marché. Le Québec mise sur cinq conditions favorables pour dynamiser l'industrie: la qualité de la main-d'oeuvre, les coûts d'exploitation avantageux, l'expertise en recherche, les avantages fiscaux et la présence du capital de risque.
En Amérique du Nord, le Québec se classe au quatrième rang pour sa concentration d'emplois dans le secteur biopharmaceutique, selon des données de Statistique Canada et du ministère de l'Industrie et du Commerce. Quelque 154 compagnies emploient 14 800 personnes. Des chiffres tirés du Gallup Canada 2000 laissent voir que le Québec compte dans ses rangs le ratio le plus élevé de diplômés du doctorat en sciences au Canada, soit 9,08 par 10 000 habitants.
Un expert se prononce
Cameron Groome est directeur général de la Financière Banque Nationale et il parle en ces termes du marché en Amérique du Nord: «Les États-Unis viennent en tête et le Canada occupe le deuxième rang. Il existe, par exemple, plusieurs entreprises importantes de moyenne taille en Europe, mais elles ne sont vraiment pas structurées comme les compagnies publiques le sont ici. Cependant, la valeur des compagnies publiques canadiennes est à la baisse et se situe à 20 milliards en actifs. Il y a un an, cette valeur était de 30 milliards.» Deux raison expliquent cette situation: «Primo, en général les marchés boursiers sont à la baisse. Deuzio, il y a eu beaucoup d'enthousiasme autour de certains projets sur les génomes et des gens ont cru trop vite que toutes les maladies pourraient être guéries en l'espace de deux semaines. On s'est finalement aperçu que ces attentes n'étaient pas réalistes.»
La santé, une valeur sûre
Malgré ces aléas, il ne fait aucun doute pour lui que l'industrie évolue dans un contexte très favorable au Canada. Le taux de croissance a été multiplié par dix au cours de la dernière décennie. «Même si on subit une baisse présentement, il est clair que le potentiel en vue d'une croissance est bien en place et que celle-ci est réalisable», constate M. Groome.
Selon lui, l'élément le plus favorable est le désir chez tous de vivre et de survivre. «On sait bien qu'il y a toutes sortes de maladies qu'il est impossible de traiter et de guérir. Or, les gens ne veulent pas être malades, ils ne veulent pas mourir et ils aspirent à la guérison. C'est un constat qui est universel. Si on a le choix de payer pour une nouvelle voiture ou pour demeurer vivant, on choisit quoi? Pour moi, c'est pas mal clair!»
Les progrès de la science
Les nouvelles technologies représentent un autre important facteur d'évolution pour l'industrie et elles ont largement contribué aux progrès réalisés au cours des dernières années. «On dispose aujourd'hui d'outils technologiques pour comprendre pourquoi les maladies se développent et comment on peut les traiter de façon bien mieux ciblée qu'autrefois. Si, par exemple, on prend le cas du sida, on a vu il y a 15 ans que les victimes mouraient dans une proportion de 100 % environ 18 mois après que la maladie se soit déclarée. Maintenant, on parle de 2 % grâce notamment à la trithérapie.»
Par ailleurs, il faut admettre que les avancées scientifiques sont réelles. «Le corps humain est d'une très grande complexité et il existe de multiples différences entre chacune des maladies. On n'est pas très avancé dans la compréhension de l'origine des cancers et sur la façon de les enrayer. Au moment où les outils de biotechnologie se déploient, là on commence à percer le mystère de ces cancers et à découvrir des façons bien mieux ciblées de les traiter.»
L'aspect économique
Cameron Groome croit que le développement économique doit se situer dans une perspective d'avancés technologiques et de découvertes scientifiques: «C'est moins dispendieux de traiter une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer à l'aide de pilules que de la placer dans un centre d'hébergement de soins de longue durée. Dans la plupart des cas, c'est plus économique de soigner une personne avec le support d'une médication en dehors d'un hôpital plutôt que dans un tel lieu, surtout quand il est clair que la personne ne ressortira pas de cet endroit.»
Ici au Canada, le défi historique a toujours résidé dans une recherche médicale de très grande qualité. «Malheureusement, on n'a pas eu des investisseurs ou des sociétés de capital de risque, des gens qui puissent supporter un professeur ou un entrepreneur qui quitte cet environnement universitaire dans le but de mettre sur pied une compagnie. C'est un défi qu'on a déjà commencé à relever avec beaucoup de succès. Maintenant, il faut continuer d'aller de l'avant, mais il importe surtout de bâtir des plans d'affaires à la hauteur et de trouver des administrateurs expérimentés, qui vont assurer le succès des nouveaux arrivants sur le marché», analyse M. Groome.
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