La révolution génétique
Le volume d’affaires de l’industrie de la biotechnologie canadienne demeure modeste. Rien n’empêche que le taux de croissance affiché est de 25 % par année.
La biotechnologie serait la voie de l'avenir. Ainsi, l'éthanol généré par le recours aux bioprocédés n'émet dans l'air que 0,6 kilo par gallon US contre les 11,8 que les vapeurs d'essence propagent. Dans le secteur de la pharmacie, très présent au Québec, les bioprocédés aussi s'imposent. Quand la recherche génère une industrie qui s'évalue en milliards.
On sait les effets dévastateurs sur l'environnement qu'a l'énergie produite par les matières fossiles. Aussi, l'enthousiasme naît quand les biotechnologies envahissent le secteur. Dans les seuls États-Unis, la production actuelle d'éthanol à partir de l'amidon de maïs compte pour 6 milliards de litres: on espère l'augmenter à 21 milliards avec la construction en cours de 15 nouvelles usines (par comparaison, la production quotidienne de pétrole dans ce même pays est de 7,7 millions de barils par jour, sur les 60 millions générés à l'échelle planétaire). En ce qui concerne l'éthanol, le Canada espère arriver en 2005 à une production annuelle d'un milliard de litres, quand l'Europe affiche actuellement une production qui avoisine les 800 000 litres. L'intérêt qu'a l'éthanol? Il génère de 7 à 10 kilos de CO2 par gallon (3,78 litres) contre 11,8 pour l'essence. Toutefois, si l'on utilise des bioprocédés, les mêmes valeurs de CO2 chutent à 0,6 kilo.
De plus, en mai dernier, lors de l'adoption du Farm Bill, George W. Bush a fait inclure une disposition pour que 5 % des 180 milliards alors votés soient alloués aux produits nés de la biotechnologie. Comme le dit l'information américaine officielle: «Pour chaque grain destiné à l'alimentation, il y aura à terme un grain destiné à l'industrie.» Celui qui refuse d'endosser le protocole de Kyoto serait-il devenu — ce que rien ne laissait présager — un défenseur de l'environnement? Il s'agit en fait de l'application d'une politique américaine visant à faire cesser la dépendance qu'a l'Amérique face à des sources d'approvisionnement étrangères (la même raison qui imposa un arrêt à Colin Powell dans l'Angola pétrolière du «marxiste» dos Santos et au Gabon lors de son retour de Johannesburg).
Développement durable
Ces prises de position de l'administration américaine, reconnue pour son conservatisme, indiquent à coup sûr comment les biotechnologies apparaissent pour l'industrie comme étant la voie de développement de l'avenir: celles-ci permettent même d'associer à ce secteur le terme, d'origine «écolo» donc contradictoire, qu'est le développement durable.
En fait, s'il fut un temps où la richesse semblait venir du secteur des télécommunications (quand une action de Nortel valait plus de 124 $ contre les quelque cents qu'elle vaut aujourd'hui), l'avenir appartiendrait à ce nouveau domaine plein de promesses, de l'industrie des plastiques à celui de la pharmacie. Comme l'indique Cameron Groome, analyste financier à la Financière Banque Nationale: «Même si on subit une baisse présentement, il est clair que le potentiel en vue d'une croissance est bien en place et que celle-ci est réalisable.»
Ainsi, en biopharmaceutique, la valeur actuelle des compagnies canadiennes avoisinent en dollars les 20 milliards (après un sommet approchant la trentaine quand tous croyaient que les applications découlant des découvertes sur le génome étaient pour demain, et non pour dans 10 ans, comme pour tous les produits de ce secteur). Qu'importe la chute, les divers pays sont en compétition afin de bien se positionner pour la reprise. Il y a l'Allemagne, l'Angleterre, comme on pourrait aussi parler de la Suède, de l'Italie et surtout des États-Unis, et on voudrait qu'il y ait aussi le Québec. Comme le rappelle Jacques Girard, de Montréal International, le Québec est la quatrième zone en importance en Amérique du Nord mais beaucoup reste à accomplir: «Il faut faire en sorte que les chefs d'entreprise ne passent pas leur temps à chercher de l'argent mais qu'ils concentrent plutôt leurs énergies à faire ce pour quoi ils sont les meilleurs, c'est-à-dire transformer la science pour lui donner des applications concrètes.»
Le potentiel est donc réel, ce serait l'argent qui parfois manque. Ainsi, le Fonds de solidarité FTQ a dû abandonner la compagnie Origenix, après des investissements dépassant les 10 M$, faute d'avoir trouvé des partenaires investisseurs. Car, quand il question de produits pharmaceutiques, comme pour les biotechnologies, les sommes en jeu avoisinent les dizaines, les centaines de millions de dollars.
Il faut donc «inventer» des lieux où les chercheurs, les fabricants et les investisseurs pourront se rencontrer, y démontrer la qualité de leur recherche ou se laisser convaincre de générer des fonds pour le développement de nouveaux produits. Le symposium BioContact, qui prend assises au Château Frontenac à compter de mercredi prochain, se veut une telle occasion. Là, si le sujet est la biotechnologie, le discours sera, lui, financier. Au moment où les gestionnaires de fonds de retraite manquent de lieux pour faire fructifier leur pécule, il y aurait matière pour les convaincre de s'inscrire dans cette révolution génétique, celle actuellement en cours. Une autre façon, qui peut surprendre, de concevoir le développement durable.
On sait les effets dévastateurs sur l'environnement qu'a l'énergie produite par les matières fossiles. Aussi, l'enthousiasme naît quand les biotechnologies envahissent le secteur. Dans les seuls États-Unis, la production actuelle d'éthanol à partir de l'amidon de maïs compte pour 6 milliards de litres: on espère l'augmenter à 21 milliards avec la construction en cours de 15 nouvelles usines (par comparaison, la production quotidienne de pétrole dans ce même pays est de 7,7 millions de barils par jour, sur les 60 millions générés à l'échelle planétaire). En ce qui concerne l'éthanol, le Canada espère arriver en 2005 à une production annuelle d'un milliard de litres, quand l'Europe affiche actuellement une production qui avoisine les 800 000 litres. L'intérêt qu'a l'éthanol? Il génère de 7 à 10 kilos de CO2 par gallon (3,78 litres) contre 11,8 pour l'essence. Toutefois, si l'on utilise des bioprocédés, les mêmes valeurs de CO2 chutent à 0,6 kilo.
De plus, en mai dernier, lors de l'adoption du Farm Bill, George W. Bush a fait inclure une disposition pour que 5 % des 180 milliards alors votés soient alloués aux produits nés de la biotechnologie. Comme le dit l'information américaine officielle: «Pour chaque grain destiné à l'alimentation, il y aura à terme un grain destiné à l'industrie.» Celui qui refuse d'endosser le protocole de Kyoto serait-il devenu — ce que rien ne laissait présager — un défenseur de l'environnement? Il s'agit en fait de l'application d'une politique américaine visant à faire cesser la dépendance qu'a l'Amérique face à des sources d'approvisionnement étrangères (la même raison qui imposa un arrêt à Colin Powell dans l'Angola pétrolière du «marxiste» dos Santos et au Gabon lors de son retour de Johannesburg).
Développement durable
Ces prises de position de l'administration américaine, reconnue pour son conservatisme, indiquent à coup sûr comment les biotechnologies apparaissent pour l'industrie comme étant la voie de développement de l'avenir: celles-ci permettent même d'associer à ce secteur le terme, d'origine «écolo» donc contradictoire, qu'est le développement durable.
En fait, s'il fut un temps où la richesse semblait venir du secteur des télécommunications (quand une action de Nortel valait plus de 124 $ contre les quelque cents qu'elle vaut aujourd'hui), l'avenir appartiendrait à ce nouveau domaine plein de promesses, de l'industrie des plastiques à celui de la pharmacie. Comme l'indique Cameron Groome, analyste financier à la Financière Banque Nationale: «Même si on subit une baisse présentement, il est clair que le potentiel en vue d'une croissance est bien en place et que celle-ci est réalisable.»
Ainsi, en biopharmaceutique, la valeur actuelle des compagnies canadiennes avoisinent en dollars les 20 milliards (après un sommet approchant la trentaine quand tous croyaient que les applications découlant des découvertes sur le génome étaient pour demain, et non pour dans 10 ans, comme pour tous les produits de ce secteur). Qu'importe la chute, les divers pays sont en compétition afin de bien se positionner pour la reprise. Il y a l'Allemagne, l'Angleterre, comme on pourrait aussi parler de la Suède, de l'Italie et surtout des États-Unis, et on voudrait qu'il y ait aussi le Québec. Comme le rappelle Jacques Girard, de Montréal International, le Québec est la quatrième zone en importance en Amérique du Nord mais beaucoup reste à accomplir: «Il faut faire en sorte que les chefs d'entreprise ne passent pas leur temps à chercher de l'argent mais qu'ils concentrent plutôt leurs énergies à faire ce pour quoi ils sont les meilleurs, c'est-à-dire transformer la science pour lui donner des applications concrètes.»
Le potentiel est donc réel, ce serait l'argent qui parfois manque. Ainsi, le Fonds de solidarité FTQ a dû abandonner la compagnie Origenix, après des investissements dépassant les 10 M$, faute d'avoir trouvé des partenaires investisseurs. Car, quand il question de produits pharmaceutiques, comme pour les biotechnologies, les sommes en jeu avoisinent les dizaines, les centaines de millions de dollars.
Il faut donc «inventer» des lieux où les chercheurs, les fabricants et les investisseurs pourront se rencontrer, y démontrer la qualité de leur recherche ou se laisser convaincre de générer des fonds pour le développement de nouveaux produits. Le symposium BioContact, qui prend assises au Château Frontenac à compter de mercredi prochain, se veut une telle occasion. Là, si le sujet est la biotechnologie, le discours sera, lui, financier. Au moment où les gestionnaires de fonds de retraite manquent de lieux pour faire fructifier leur pécule, il y aurait matière pour les convaincre de s'inscrire dans cette révolution génétique, celle actuellement en cours. Une autre façon, qui peut surprendre, de concevoir le développement durable.
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