73e congrès de l'Acfas - Vivre par et pour le savoir
Au Royaume du Saguenay, on ne baisse pas facilement les bras. On en veut pour preuve l'attitude adoptée par le recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi, malgré les difficultés que connaît cette région sise au nord de la capitale du Québec.
Dans ce coin de pays, les nouvelles récentes n'informaient de rien pour susciter l'enthousiasme. Dans le secteur Arvida, l'Alcan décroche. Pour l'ancienne Port-Alfred, la papetière locale n'est plus au rendez-vous. Et les ardeurs syndicales ont fait en sorte que le géant Wal-Mart a préféré mettre la clé sur la porte à Jonquière, avançant même d'une semaine la fermeture annoncée. De quoi faire croire qu'une grande inondation, comme celle vécue à la fin des années 1990, c'est finalement peu de chose!
Mais le recteur garde confiance, malgré un exode massif des jeunes et un corps professoral sans cesse en renouvellement. Car il faut savoir que le Saguenay est la région québécoise qui détient la première place au Québec en ce qui concerne le déficit migratoire. Aussi, comme le dit Michel Belley, notre recteur, il suffit alors de réagir «en augmentant le taux de rétention de nos étudiants — en retenant davantage nos diplômés du niveau collégial notamment — et en attirant des étudiants étrangers». Pour ce qui est des profs, il se console en disant que «ce phénomène de mobilité fait un peu partie de l'histoire de l'UQAC». Et voilà!
Innover
Il faut dire que l'université est aussi déterminée à prendre les devants et sait se bâtir une image qui lui est particulière. On connaît déjà BALSAC, ce grand projet que pilote un Gérard Bouchard. On commence aussi à connaître l'Écoconseil, cette chaire de recherche qu'anime un Claude Villeneuve qui, s'inspirant d'un projet initié à Strasbourg, propose la formation de spécialistes ayant pour premier souci d'intégrer le développement durable dans un contexte mondial où la productivité est la seule mesure. Au lieu de s'opposer à la mondialisation sous toutes ses formes, il suffit de la détourner vers des objets acceptables car, comme il est dit, «on essaie de bâtir les bases solides sur lesquelles on pourra laisser un héritage durable.» Et ailleurs sur le campus, outre la forêt, le papier et l'aluminium, l'environnement et les initiatives en développement prennent place.
L'institution, recevant pour une troisième fois le congrès de l'Association francophone pour le savoir, cette 73e rencontre de l'Acfas, teintera donc l'événement de ses préoccupations. Le thème lui convient: Innovations durables, ce à quoi elle ajoute cette «Acfas 00» qui fera en sorte que tout déboursé énergétique occasionné par l'événement sera compensé par un ajout à l'environnement: la production de gaz à effet de serre entraîne ainsi la plantation d'arbres!
Inventer
À Saguenay, ils seront ainsi plus de 5000 universitaires à partager pendant ces quelques jours de mai le même territoire, de l'étudiant qui en est à son premier rapport de recherche au professionnel de la chose. De ce fait, la population universitaire viendra de doubler!
S'il fallait caractériser cette rencontre, il faudrait remarquer que le régionalisme et la recherche appliquée ont ici la priorité. Car, depuis quelques années, les spécialistes des sciences pures, de la physique au génie, semblent délaisser les divers colloques de l'Acfas, sans doute au profit de rencontres directement reliées à l'exercice de leurs diverses disciplines. Les colloques disciplinaires y sont moins nombreux et à Chicoutimi — et ce, encore plus que par les années précédentes — les colloques consacrés aux sciences sociales et à l'éducation abondent. Et partout la présentation d'études et de projets interdisciplinaires foisonne.
En sciences, une nouvelle réalité voit donc le jour. Il y a décloisonnement des disciplines et emprunt aux multiples façons de faire de la recherche. L'université Laval, plus au sud, a ainsi une école d'archéologie qui a autant recours à l'appareillage chimique qu'aux tables qui dressent les modèles économiques.
Ainsi va donc le savoir. On pourrait même dire que, en ces temps où rien n'est jamais acquis, quand ce qui hier encore caractérisait une région n'est plus (ici, l'aluminium et le papier), il y a toujours place pour prospérer. Qui en doute n'a qu'à jeter un regard sur cette ville qui encore récemment s'appelait Chicoutimi.
Dans ce coin de pays, les nouvelles récentes n'informaient de rien pour susciter l'enthousiasme. Dans le secteur Arvida, l'Alcan décroche. Pour l'ancienne Port-Alfred, la papetière locale n'est plus au rendez-vous. Et les ardeurs syndicales ont fait en sorte que le géant Wal-Mart a préféré mettre la clé sur la porte à Jonquière, avançant même d'une semaine la fermeture annoncée. De quoi faire croire qu'une grande inondation, comme celle vécue à la fin des années 1990, c'est finalement peu de chose!
Mais le recteur garde confiance, malgré un exode massif des jeunes et un corps professoral sans cesse en renouvellement. Car il faut savoir que le Saguenay est la région québécoise qui détient la première place au Québec en ce qui concerne le déficit migratoire. Aussi, comme le dit Michel Belley, notre recteur, il suffit alors de réagir «en augmentant le taux de rétention de nos étudiants — en retenant davantage nos diplômés du niveau collégial notamment — et en attirant des étudiants étrangers». Pour ce qui est des profs, il se console en disant que «ce phénomène de mobilité fait un peu partie de l'histoire de l'UQAC». Et voilà!
Innover
Il faut dire que l'université est aussi déterminée à prendre les devants et sait se bâtir une image qui lui est particulière. On connaît déjà BALSAC, ce grand projet que pilote un Gérard Bouchard. On commence aussi à connaître l'Écoconseil, cette chaire de recherche qu'anime un Claude Villeneuve qui, s'inspirant d'un projet initié à Strasbourg, propose la formation de spécialistes ayant pour premier souci d'intégrer le développement durable dans un contexte mondial où la productivité est la seule mesure. Au lieu de s'opposer à la mondialisation sous toutes ses formes, il suffit de la détourner vers des objets acceptables car, comme il est dit, «on essaie de bâtir les bases solides sur lesquelles on pourra laisser un héritage durable.» Et ailleurs sur le campus, outre la forêt, le papier et l'aluminium, l'environnement et les initiatives en développement prennent place.
L'institution, recevant pour une troisième fois le congrès de l'Association francophone pour le savoir, cette 73e rencontre de l'Acfas, teintera donc l'événement de ses préoccupations. Le thème lui convient: Innovations durables, ce à quoi elle ajoute cette «Acfas 00» qui fera en sorte que tout déboursé énergétique occasionné par l'événement sera compensé par un ajout à l'environnement: la production de gaz à effet de serre entraîne ainsi la plantation d'arbres!
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À Saguenay, ils seront ainsi plus de 5000 universitaires à partager pendant ces quelques jours de mai le même territoire, de l'étudiant qui en est à son premier rapport de recherche au professionnel de la chose. De ce fait, la population universitaire viendra de doubler!
S'il fallait caractériser cette rencontre, il faudrait remarquer que le régionalisme et la recherche appliquée ont ici la priorité. Car, depuis quelques années, les spécialistes des sciences pures, de la physique au génie, semblent délaisser les divers colloques de l'Acfas, sans doute au profit de rencontres directement reliées à l'exercice de leurs diverses disciplines. Les colloques disciplinaires y sont moins nombreux et à Chicoutimi — et ce, encore plus que par les années précédentes — les colloques consacrés aux sciences sociales et à l'éducation abondent. Et partout la présentation d'études et de projets interdisciplinaires foisonne.
En sciences, une nouvelle réalité voit donc le jour. Il y a décloisonnement des disciplines et emprunt aux multiples façons de faire de la recherche. L'université Laval, plus au sud, a ainsi une école d'archéologie qui a autant recours à l'appareillage chimique qu'aux tables qui dressent les modèles économiques.
Ainsi va donc le savoir. On pourrait même dire que, en ces temps où rien n'est jamais acquis, quand ce qui hier encore caractérisait une région n'est plus (ici, l'aluminium et le papier), il y a toujours place pour prospérer. Qui en doute n'a qu'à jeter un regard sur cette ville qui encore récemment s'appelait Chicoutimi.
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