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Université du Québec à Chicoutimi - Une institution inscrite au coeur du Saguenay

L'Université du Québec à Chicoutimi a, depuis toujours, la réputation d'être une constituante du développement régional, un vecteur incontournable du partage des savoirs en zone rurale et, sans elle, la région du Saguenay ne serait probablement qu'un territoire voué au tourisme et à l'exploitation de ses richesses naturelles. Tour d'horizon avec le recteur de l'UQAC, Michel Belley.

«L'UQAC se démarque d'autres universités par sa façon de faire, en ce sens que son développement a toujours eu pour principal ingrédient le partenariat. Et ce partenariat est non seulement vrai en matière de recherche, mais aussi dans le domaine de l'enseignement, où la collaboration entre le milieu et la direction des programmes est de mise afin de s'assurer que l'enseignement soit adapté aux besoins de toutes sortes et aux attentes des communautés correspondantes», fait remarquer M. Belley, en poste depuis novembre 2001.

Un mariage «tissé serré» avec sa région, dit le recteur, mais qui n'empêche pas son institution de rayonner à l'échelle nationale, voire «internationale».

Sont intégrés au pavillon principal de l'UQAC, situé à Ville de Saguenay (anciennement Chicoutimi, après moult délibérations citoyennes!), par des liens piétonniers souterrains et en surface, le pavillon des humanités, le pavillon sportif, le pavillon des arts et le pavillon de recherche sur le givrage. Le pavillon de la recherche forestière et le pavillon de recherche sur le traitement thermique du bois complètent les installations majeures de l'université.

On retrouve aussi sur le campus trois résidences étudiantes, une garderie ainsi que le Centre des technologies de l'aluminium, qui est une infrastructure de recherche administrée par le Conseil national de recherche du Canada. L'UQAC peut, en outre, compter sur une forêt d'enseignement et de recherche de 25 km2.

Région-ressource

L'UQAC est un point de chute à plusieurs égards pour la grande région saguenéenne. «Notre institution d'enseignement s'est développée au coeur de cette région-ressource. Et la fondation de l'UQAC en 1969 a profité d'un héritage régional très important issu de l'École de commerce, des écoles normales ou encore de l'École de génie, lesquelles sont à la base de l'université», soutient le recteur

Cette richesse identitaire ancrée dans le terroir saguenéen s'est transmise au plan de la recherche à l'UQAC. «Les secteurs de la recherche ont trouvé leurs fondements dans les phénomènes relatifs à la région et aux régions en général: je pense aux Études régionales, à l'Étude des populations du sociologue Gérard Bouchard [le fichier BALSAC: à lire dans notre édition du 23 octobre dernier] ainsi qu'à notre Centre d'études amérindiennes qui a vu le jour dès les débuts de l'UQAC.»

Naître et fonctionner dans une région éloignée — un terme que certains acteurs régionaux réfutent catégoriquement — comme celle du Saguenay, qui est aux prises avec un exode massif de ses jeunes, n'est pas de tout repos pour une institution comme l'UQAC, admet le recteur Belley. «En effet, on fait face à une difficulté très importante avec l'exode et on a eu des baisses de clientèles étudiantes.»

Déficit migratoire

Et pour cause: les chiffres démontrent que, en 2003-2004, la région Saguenay-Lac-Saint-Jean a connu un déficit migratoire interrégional de l'ordre de 1232 jeunes âgés de 15 à 24 ans, le pire constat de toutes les régions, à comparer à un gain net de 1720 jeunes pour la région de la Capitale-Nationale, la plus choyée des collègues régionales.

«Mais, rassure M. Belley, depuis cinq ans, je peux vous dire qu'on a atteint un certain niveau d'effectifs avec lequel on devra vivre dans les prochaines années. Et curieusement, ce que je viens de dire est assez ambitieux parce que, si l'on s'en tient aux pronostics démographiques, ceux-ci indiquent qu'on connaîtra une diminution de l'ordre de 20 %.»

Les études démontrent, et ce à l'échelle canadienne, dit de son côté Georges Lemieux, agent de recherche au Conseil permanent de la jeunesse, que «les jeunes qui vivent à proximité d'une université, à une distance de 80 km à la ronde, sont beaucoup plus nombreux à fréquenter leur université», d'où l'importance de la présence d'universités en région qui sont, selon lui, des vecteurs de développement économique régional.

À ce jour, l'UQAC a réussi à parer aux coups de deux manières, soit «en augmentant le taux de rétention de nos étudiants — en retenant davantage nos diplômés du niveau collégial notamment — et en attirant des étudiants étrangers», souligne Michel Belley.

Ouverture sur le monde

En effet, et à l'instar d'autres institutions d'enseignement supérieur, l'UQAC s'ouvre aussi sur le monde et accueille sur une base annuelle plus de 200 étudiants originaires d'une trentaine de pays, soit notamment de l'Algérie, du Bénin, de la Chine, de la Côte d'Ivoire, de Djibouti, de la France, du Gabon, de Madagascar, du Mali, du Maroc, du Sénégal, de la Tunisie et du Zaïre.

Et qu'en est-il de la rétention du corps professoral? «Des professeurs, on en perd, c'est sûr, et particulièrement au cours des dernières années. Mais ce phénomène de mobilité fait un peu partie de l'histoire de l'UQAC, on a toujours vécu ça. En fait, on a été en quelque sorte le club-école, pour parler en termes de hockey, d'autres universités.»

L'UQAC compte 220 professeurs et plus de 600 chargés de cours qui enseignent à quelque 6400 étudiants par le biais de plus de 150 programmes, dont une quarantaine de cycles supérieurs.

Recherche

«Intégrateur» est le maître-mot qui fédère le secteur de la recherche à l'UQAC, selon M. Belley. Les créneaux d'excellence qui guident la recherche à l'UQAC sont l'aluminium, le givrage atmosphérique, la forêt comme ressource renouvelable, les ressources minérales et végétales, et l'étude des populations. Cette institution détient aussi des chaires de recherche du Canada, dont l'une porte sur l'étude des déterminants génétiques de l'asthme.

«Notre secteur de la recherche s'est développé sur des bases de collaboration. Par exemple, soumet M. Belley, le dossier de la forêt boréale s'est mis en branle avec un consortium de recherche, et ce avec l'industrie de la forêt, qui a accepté d'apporter sa contribution à l'effort de recherche en ce domaine. Et ce groupe, qui est un pionnier au Québec, profite d'un financement mixte en provenance de l'industrie — Bowater, Domtar et Abitibi-Consolidated — et des instances publiques.»

M. Belley tient toutefois à dire que la présence de gros industriels forestiers au sein des consortiums de recherche n'entame d'aucune façon l'indépendance d'esprit des chercheurs. «Écoutez, je dis toujours que, dans le milieu universitaire, les questions de liberté académique sont des questions fondamentales, et un chercheur n'accepte jamais qu'on tente d'influencer indûment sa recherche.»

Autre exemple, le cas de l'aluminium: «On se scandalisait à l'époque du fait que la compagnie Alcan participe à nos travaux. Eh bien depuis, cette façon de faire est devenue extrêmement populaire dans toutes les universités, d'autant plus que la recherche en collaboration est encouragée par tous les conseils subventionnaires», dit le recteur.

Le volet autochtone

L'UQAC porte une attention toute particulière aux communautés autochtones de la région, soit principalement les Attikameks et les Montagnais, par le truchement de son Centre d'études amérindiennes.

«En matière d'enseignement, nous leur offrons des formations dans leurs communautés ou à proximité. Aussi, précise M. Belley, il y a des autochtones [ils sont au nombre de 400] qui viennent étudier à l'institution même, en s'intégrant à nos divers programmes d'enseignement.

En fait, notre Centre d'études amérindiennes est un point de ralliement ou, mieux, un service d'encadrement.»

C'est la troisième fois que l'UQAC est le théâtre d'un colloque de l'Acfas.






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