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Technologie: Cachez ce rapport que je ne saurais voir

Après une (trop) longue attente, les responsables du projet MILLE ont enfin rendu publique l'étude du professeur Micheal Wybo, professeur invité aux HEC, sur l'évaluation du bureau virtuel du projet MILLE, une solution entièrement libre destinée au monde de l'éducation. La question qui tue et que peu de personnes osent poser ouvertement: à terme, comment la société GRICS pourra-t-elle justifier le développement de ses offres de service en logiciel propriétaire, développement payé à même les fonds publics, devant les conclusions d'une telle étude?

Difficile de convaincre les grands bonzes du milieu de l'éducation des avantages du logiciel libre. Crédibilité du projet, coûts d'acquisition et d'opération, et surtout, quasi-mainmise de la société GRICS et de son offre de services logicielle propriétaire dans les commissions scolaires sont autant de raisons qui empêchent les prosélytes du logiciel libre d'être pris au sérieux par les décideurs.

Totalement libre

Conscients de ces problèmes, les responsables du projet MILLE ont confié à un professeur des HEC, Micheal Wybo, le soin d'évaluer le bureau virtuel du projet MILLE, un portail 100 % libre, par rapport à un «scénario propriétaire», à savoir le portail Édu-Groupe de la société GRICS et son architecture propriétaire Microsoft/MailSite.

Bref, d'un côté, une véritable solution logicielle

100 % libre, adaptée à la réalité québécoise, et de l'autre, une combinaison d'outils propriétaires, tout aussi collés sur les besoins des maisons d'enseignement. L'étude quant à elle, porte sur les points d'évaluation suivants: coûts d'acquisition, coûts de fonctionnement, impacts sur le personnel technique et approche de développement suivant le modèle du libre.

Le but: comparer les véritables coûts pour des solutions similaires. Que du sérieux quoi! En plein ce à quoi nos gestionnaires, et par ricochet, le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, s'attendent.

Deux scénarios

Afin de bien juger les forces en présence et d'en faire une analyse rigoureuse, les responsables de l'étude se sont entendus afin d'établir des caractéristiques communes aux deux scénarios:
- serveur Web et serveur d'application chacun sur son propre ordinateur;
- serveur base de données, serveur de courrier électronique et serveur d'authentification chacun sur son propre ordinateur;
- serveur de base de données à deux processeurs;
- coût par jour d'un consultant fixe à 500 $;
- coût par jour d'un employé de commission scolaire fixé à 280 $;
- les frais de formation des utilisateurs enseignants pour les portails Édu-groupe et MILLE et les frais de fonctionnement des serveurs Microsoft et Linux sont considérés équivalents et ne sont pas inclus dans les analyses;
- infrastructure de départ 100 % Microsoft.

Coûts d'acquisition

Nombreux sont ceux qui croient, à tort, que les coûts d'acquisition ne comprennent que le coût des licences. Or, il n'en est rien. Comme l'affirme le professeur Wybo dans son étude, les coûts d'acquisition comprennent non seulement les montants versés pour les licences, mais aussi les coûts de migration du système et des données.

Selon l'étude, «ces coûts ne sont pas associés à une technologie particulière, mais viennent du fait que l'on se déplace vers une technologie pour laquelle l'organisation n'a pas d'expérience. Les coûts de migration sont fonction de l'infrastructure de départ. Une organisation qui veut remplacer son infrastructure UNIX par une infrastructure Microsoft aura des coûts de migration comparables à une organisation qui désire migrer son infrastructure Microsoft vers une infrastructure libre».

C'est pourquoi, avec les budgets serrés dont disposent les commissions scolaires, les coûts d'acquisition peuvent représenter une barrière importante à l'implantation de technologies novatrices dans les établissements d'enseignement.

Selon les auteurs de l'étude, «une solution libre, avec des coûts d'acquisition de moins que la moitié des coûts d'acquisition de la solution propriétaire, rend la technologie des portails scolaires plus accessible aux commissions scolaires et leurs clientèles».

Plus de la moitié? En effet, dans sa conclusion, le professeur Wybo estime que «les coûts d'acquisition de la solution MILLE représentent des économies de 59 % à 75 % par rapport aux coûts d'acquisition d'une solution propriétaire similaire».

Cela veut donc dire que les barrières à l'entrée sont beaucoup plus basses pour la solution MILLE et les fonctionnalités de portail offertes par le Bureau Virtuel sont plus faciles à acquérir pour les commissions scolaires.

Coûts de fonctionnement

Dans son étude, le professeur Wybo y va de cette équation afin d'estimer le coût de fonctionnement de chacune de solutions proposées: ces coûts totaux représentent la somme des coûts annuels de la maintenance de l'infrastructure plus celle des coûts annuels de la maintenance de l'application.

Heureusement, le professeur Wybo évite de tomber dans le piège que certains apôtres du libre présentent comme parole d'évangile, à savoir que les coûts de fonctionnement des solutions libres sont quasi inexistants. Cela est totalement faux, et toute organisation responsable se doit de prendre en considération les coûts relatifs à la résolution des bogues et la distribution des corrections. Pour Wybo, «il est aussi nécessaire de faire évoluer le produit et de définir, tester et sortir les nouvelles versions» et donc, de prendre ces coûts en conséquence.

Évidemment, on ne saurait négliger l'apport qu'une communauté apporte au développement d'un logiciel libre ainsi qu'à la résolution des bogues.

Bref, pour une commission scolaire comptant environ 10 000 élèves, l'adoption d'une solution faisant appel aux technologies libres génère une économie estimée à 58 % des coûts totaux par rapport à la solution propriétaire.

Quant aux commissions scolaires de 30 000 élèves et plus, qui comptent investir 12 jours-employés sur une période de cinq années, les économies peuvent atteindre le nombre impressionnant de 78 % des coûts totaux. «Si cette même commission scolaire investissait 25 jours-employés dans les années 2 à 5, les économies estimées seraient de l'ordre de 62 % pour les coûts totaux.»

On comprendra que, pour les commissions scolaires, adopter une solution en libre aura comme avantage de rendre disponible à moindre coût aux professionnels de l'éducation un outil pour leur permettre de mieux servir les étudiants et les enseignants.

Mais attendez, il y a plus...

À lire les conclusions du rapport du professeur Wybo, qui font état d'économies réelles dans l'appropriation du libre par rapport au logiciel propriétaire, on serait donc porté à croire que les responsables du milieu de l'éducation n'auront d'autre choix que de considérer les solutions en libre lors de futurs appels d'offres. Ignorer le libre serait à mon avis, totalement irresponsable, sachant que les fonds publics ne peuvent répondre aux besoins de milieu de l'éducation. J'oserais même dire qu'il y a déjà 103 millions de bonnes raisons de considérer favorablement le libre.

D'autant plus que le bureau virtuel du projet MILLE a reçu sa caution morale de la part du plus important éditeur de logiciels propriétaires au monde, j'ai nommé Microsoft. En effet, au congrès annuel de l'ADIGECS (Association des directeurs généraux des commissions scolaires) qui se tiendra du 18 au 21 mai prochain, la société fondée par Bill Gates entend faire une conférence dont le titre est: Microsoft et le projet Mille.

Selon le programme de l'événement, cette conférence vise à informer les directeurs généraux des différentes initiatives de Microsoft dans le réseau des commissions scolaires ainsi que sa position à l'égard du projet Mille ainsi qu'au logiciel libre. Toutefois, on peut déjà vous faire un résumé succinct: Tonton Bill déteste le libre à s'en confesser. Mais le simple fait que Microsoft fasse une conférence donc l'unique sujet est le bureau virtuel du projet MILLE en dit long sur cette menace potentielle non? Cette conférence ne peut que donner une aura de crédibilité au projet MILLE.

Mais attendez, car il y encore plus. Pire oserais-je dire.

Imaginez donc que les responsables du projet MILLE ont dû se battre afin de pouvoir présenter aux directeurs généraux le bureau virtuel lors du congrès de l'ADIGECS, et ce, au même titre que la GRICS et Microsoft. Peine perdue, et après moult pressions, la seule plage horaire qui leur fut accordée fut durant un déjeuner.

Pathétique non?

Et les impacts sociétaux?

Vous la savez, cette chronique examine toujours les phénomènes liés aux technologies sous trois pôles: économique, technologique, mais aussi sociétal. Dans leur conclusion, les auteurs de l'étude réservent un paragraphe entier à l'impact sociétal qu'aura l'adoption du projet MILLE par nos commissions scolaires.

De dire le professeur Wybo, «outre les aspects financiers, une solution en logiciel libre a aussi le bénéfice de faciliter l'échange d'idées parmi une très grande communauté d'utilisateurs, ce qui représente une diversité et une richesse d'idées, de points de vue et d'expériences sur l'utilisation d'une application portail dans l'éducation primaire et secondaire. Comparé à un développement basé sur l'expérience d'un groupe restreint d'utilisateurs, dont les investissements dans les innovations sont aussi restreint par les revenus générés par ce groupe, il est fort probable que des fonctionnalités plus innovatrices et plus alignées avec les besoins des professionnels de l'éducation apparaissent plus facilement dans la solution logiciel libre».

Bref, à lire les conclusions du rapport, on se demande que dire de plus pour convaincre nos décideurs des avantages du libre.

Les solutions proposées par le projet MILLE sont moins chères à l'acquisition et à l'exploitation. Les solutions technologiques développées par l'équipe du projet MILLE sont tout aussi performantes que les logiciels propriétaires. Les solutions que le projet MILLE met à la disposition du monde de l'éducation sont innovatrices et répondent aux besoins des élèves et des enseignants.

Messieurs, mesdames les ministres Fournier, Audet et Jérôme-Forget, voici une occasion de «briller parmi les meilleurs» avec une technologie innovatrice, développée faut-il le encore le préciser, avec des fonds publics. Voici une solution qui répond directement au problème de sous-financement du réseau scolaire.

Que peut-on vous dire de plus pour vous convaincre? On se demande même s'il y a quelque cohérence dans vos actions.

D'un côté, nous avons une solution en libre, financée à même les fonds publics, et qui répond entièrement aux besoins du monde de l'éducation. De l'autre, nous avons des solutions propriétaires, celles de la GRICS, financées elles aussi avec des fonds publics, mais qui reviennent beaucoup plus cher à l'État québécois.

Et on repose la question: à terme, comment la société GRICS peut-elle justifier le développement de ses offres de service en logiciel propriétaire, financées à même les fonds publics, devant les conclusions du rapport Wybo?

mdumais@ledevoir.com






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  • Denise Perusse
    Abonnée
    lundi 25 avril 2005 08h50
    100 % Microsoft?
    « Microsoft vendent du logiciel. Je comprends mal ce que signifie « infrastructure de départ entièrement Microsoft », surtout qu'il est question de machines pouvant fonctionner sous Linux.

    Je devine qu'il n'est pas questions de machines provenant de chez Apple, mais à part ça, de quoi est-il question? »

  • Luc Papineau
    Abonné
    lundi 25 avril 2005 11h41
    Enfin !
    « Un petit groupe de parents de l'école Georges Vanier (CSDM) s'intéresse de près au projet MILLE (dans une indifférence totale qui commence tranquillement à s'éffriter ;-) )...Le moins qu'on puisse dire c'est que cet article et le travail en général de Mr Dumais apportent de l'eau à notre moulin.

    Merci ! »

  • Youri Longval
    Inscrit
    lundi 25 avril 2005 19h03
    Bravo M. Dumais !
    « Enfin, quelqu'un qui ose parler ouvertement de ce sujet.

    Je vous félicite pour votre courage et votre analyse de la situation. On dit que dans notre commission scolaire nous avons eus des pressions "politiques" pour ne pas avoir Mille. Alors que les budgets sont pauvres nous avons du payer pour une solution Microsoft et GRICS. Donc chez nous nous avons une solution Microsoft (sharepoint) et GRICS (Edugroupe). La solution grics ne répondait pas aux besoins de la gestion et la solution Microsoft est trop coûteuse pour un déploiement massif...

    A mon point de vue, le rapport est vraiment très conservateur en termes d'économies.

    Faudra t-il une commission d'enquête pour que l'on comprenne tous ces grenouillages ?

    Encore une fois bravo !

    YL »

  • Patrice Gauvin
    Inscrit
    mardi 26 avril 2005 11h44
    Réponse : 100 % Microsoft ?
    « Ici on ne parle pas des machines mais de leur système d'exploitation et des locgiciels qu'ils utilisents. L'infrastructure n'est pas juste ce qui est physique mais aussi logiciel. »

  • Patrice Gauvin
    Inscrit
    mardi 26 avril 2005 11h45
    Combien d'argent doit-on gaspiller avant de réagir ?
    « Logiciels libres de MILLE sont extrême fonctionnel et professionnel. Il surpasse même les logiciels propriétaires. Je suis bien placé pour le savoir, car je les utilise chaque jour. J'en reviens tout simplement pas que la GRICS mettent un bâton dans les roues à de tels projets. Je peux comprendre que Microsoft cherche à gruger les fonds publics dans l'éducation, car c'est une compagnie qui ne cherche à faire que du profit. (Ensuite, ils disent qu'il fond des dons à l'éducation ! Ha! Ha ! Ha ! ) Mais la GRICS, qui est supposé aider les commissions scolaires, cherche à détruire ce genre de projet au profit de Microsoft et des logiciels propriétaire ! Ça m'écoeure au plus haut point.

    Quand j'ouvre la télévision et que je vois des gens manifester parce qu'il manque d'argent dans l'éducation et au montant gigantesque (qui provient des budgets de l'éducation) que la GRICS a du investir pour développer Edugroupe alors qu'il savait que des solutions libres et beaucoup moins coûteuses existait déjà, je suis scandalisé !

    Combien Microsoft donne à la GRICS pour détruire MILLE ?
    Est-ce que la GRICS est partenaire de MILLE juste pour faire de l'espionnage industriel ?
    Je me demande s'ils vont même jusqu'à faire du lobbying dans les directions des commissions scolaires ?

    Combien d'argent doit-on gaspiller avant de réagir ? J'espère que le ministre de l'Éducation le fera très bientôt !

    Merci M. Dumais vous rendez un immense service à la population ! »

  • Patrice Gauvin
    Inscrit
    mardi 26 avril 2005 12h05
    Une commission d'enquête
    « Bonne idée pour la commission d'enquête ! »

  • Sébastien Langis
    Inscrit
    jeudi 28 avril 2005 11h59
    Pourquoi tant d'acharnement?
    « Je voudrais savoir ce qui est reproché à la GRICS, de laquelle tout le monde parle.

    Si c'est qu'ils vendent leurs logiciels plutôt que de les donner, c'est juste un modèle d'affaire différent, MILLE utilise les subventions provenant des fonds publics, la GRICS utilise le paiement individuel, obtenue à l'aide des subventions que le gouvernement donne aux commissions scolaires. Plutôt que de payer pour tout le monde d'un coup, c'est uniquement ceux qui utilisent le produit qui payent, c'est tout, c'est la seule différence.

    Si c'est que la GRICS fait des profils faramineux, et bien, ce n'est pas le cas, la GRICS est a but non lucratif, et son conseil d'administration est composé de représentants de commissions scolaires, et non pas d'actionnaire, c'est les commissions scolaires qui décident des tarifs, et les salaires des employés sont semblables à ceux des employés des commissions scolaires, c'est-à-dire suffisamment pour nourrir les familles des employés.

    Si c'est que la GRICS fonctionne avec un environnement propriétaire qui nécessite l'achat de plusieurs licences, et bien, c'est ce qui a été décidé par les commissions scolaires formant le conseil d'administration, ce sont eux les patrons, ce sont eux qui prennent les grandes décisions.

    Si c'est que la GRICS «met des bâtons dans les roues» (selon un autre commentaire) du projet MILLE, je crois que c'est le contraire, le projet MILLE a commencé à développer après Édu-groupe. Il y a deux produits sur le marché, qui viennent des même fonds, les commissions scolaire ont le choix de lequel elles veulent utiliser, et, peu importe leur choix, que ce soit les employés développant le bureau virtuel ou les employer de la GRICS, ils doivent nourrir leurs familles. Alors, en fait, je ne crois pas qu'il y en ait un qui mettent des bâtons dans les roues de l'autres, le gouvernement à décider de financer un deuxième portail sachant que la GRICS en développait un, c'est leur choix, on ne peut pas en vouloir à qui que ce soit.

    Qu'es-ce qui est reproché à la GRICS? »

  • Jacques Saint-Pierre
    Inscrit
    jeudi 28 avril 2005 22h09
    Les gérants d'estrade...
    « Un instant... Toutes les réactions à l'article de monsieur Dumais vont dans le même sens : Bravo !

    Mais je dois poser une question : est-il possible que certains éléments essentiels aient été omis dans l'analyse proposée par monsieur Dumais ? Bien sûr...

    Le choix d'une infrastructure ne peut être fait sur un coup de tête ou basé sur de simples analyses budgétaires. Ce choix ne peut être guidé par des considérations "sociétales", bien sûr, car celles-ci font trop souvent référence à des avantages non quantifiables. À titre de conseiller en ce domaine, laissez-moi vous dire que l'expérience du marché en matière de logiciels libres ne peut être qualifiée, à ce jour, de concluante. En effet, il est toujours hasardeux pour les entreprises de s'orienter à l'écart d'un marché existant.

    Et l'alignement de ces choix technologiques a des impacts que l'auteur de cet article évite d'adresser: capacité de recrutement de ressources qualifiées en regard de ces logiciels, support faible ou inexistant pour ces logiciels, documentation et formation souvent déficientes, et j'en passe...

    Toutes les entreprises ont en leur sein un employé (généralement hors du service informatique) qui expliquera aux gestionnaires qu'il est préférable d'adopter la solution "maison" qu'il propose à l'achat d'un logiciel coûteux, populaire, développé par une horde d'ingénieurs et assorti de garanties et d'un service de support 24/7. Parfois, les gestionnaires se laissent séduire. Souvent, le proposeur implante sa solution et démissionne. Toujours, les gestionnaires doivent ensuite gérer la catastrophe qui leur a été légué par le zélé en question.

    Au fond, ce que je dis, c'est que je doute que monsieur Dumais et ses fans ayant réagi ici soient suffisamment informés pour être totalement assurés de détenir la Vérité ultime.

    Non, monsieur Dumais, l'acquisition de logiciels reconnus et ayant fait leurs preuves n'est pas un péché. L'investissement dans une infrastructure propriétaire(sic) ne doit pas être considéré comme une prostitution de gestionnaires.

    Avant de juger, de vos estrades, des décisions qui ne sont pas encore prises, pourriez-vous laisser la chance aux gens qui s'y connaissent d'y voir clair ? »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    vendredi 29 avril 2005 19h20
    Parce que c'est immoral!
    « Ce n'est pas l'argent que gagne la GRICS qui est le problème. La question des logiciels libres versus les logiciels propriétaires ne concerne pas le fric, qu'on se le dise une fois pour toute.

    Il s'agit de remplacer le mode de fonctionnement du modèle propriétaire vers un modèle libre; faire des économies est au mieux une conséquence de ce changement, mais ce n'est pas le but, au risque de me répéter. Le logiciel propriétaire, en cachant son fonctionnement, est dangeureux et anti-social. C'est la même chose que dans les autres domaines, comme la pharmaceutique ou la politique des parties.

    Comme on n'accepterait pas de construire des ponts sans savoir comment il sont faits, ou de valider une élection sans compter les votes, nous ne pouvons pas accepter de baser l'éducation et le futur de nos sociétés sur l'utilisation de logiciels dont on nous refuse de comprendre le fonctionnement et de pouvoir modifier à notre guise.

    Si la société GRICS obtient quatres fois plus d'argent pour implanter des logiciels libres dans les commissions scolaires, tant mieux!! Si la société GRICS avait à coeur certaines valeurs, elle comprendrait ce qu'est un logiciel libre, et elle travaillerait alors à convaincre ses clients que les logiciels libres en valent la peine. Mais comme ces derniers sont à l'image de la population qu'elle contribue à avilir, c'est-à-dire consumériste à mort et d'accord avec le principe à la base des logiciels propriétaires, la GRICS ne cherchera pas à les convaincre d'utiliser le projet MILLE.

    La bonne nouvelle, c'est que le projet MILLE est libre, et peut être utilisé par d'autres que ceux qui l'ont financé, ce qui prouve que le fric, finalement, on en a ben en masse...
    --
    Marc »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    vendredi 29 avril 2005 22h41
    un chausson avec ça?
    « Mr. St-Pierre nous confirme que "Le choix d'une infrastructure ne peut être fait sur un coup de tête". Déjà, il y a de quoi se la taper contre un firewall...

    Je ne sursaute donc pas en lisant l'énormité de cette affirmation: "Ce choix ne peut être guidé par des considérations "sociétales", bien sûr, car celles-ci font trop souvent référence à des avantages non quantifiables.". Dans le genre, on en a lu d'autres, et c'est suffisant pour discréditer le reste de ses propos, que je ne pourrais pas quantifier tellement le chiffre serait trop gros.

    D'après-lui, ce sont des non-informaticiens qui semblent conseiller l'utilisation de logiciels libres. Des incompétants et des illuminés, selon lui. Surtout pas le genre de personnes qui ont mené à bien le projet MILLE, où qui utilisent exclusivement des logiciels libres comme moi et d'autres originaux, avec un zèle acharné, depuis plus de 10 ans.

    Et à quelles horde d'ingénieurs disponibles 24/7 Mr. St-Pierre fait-il référence? À ceux de Redmond, sans doute. A-t-il eu la chance de leur parler? J'en doute... Mais il leur fait plus confiance qu'à ceux qui sont disponibles 10/5, qui sont employés ici et qui sont en contact direct avec une communauté internationale de développeurs et d'utilisateurs de logiciels libres, qui se comptent par millions.

    On reproche souvent à ces nombreux utilisateurs de logiciels libres d'être des professionels de l'informatique, de ne pas être comme "le monde ordinaire"; mais alors comment peut-on affirmer qu'il n'y a pas de compétences disponibles??

    Mr. St-Pierre nous rassure finalement que les logiciels propriétaires ne sont pas péchés. Mais combien pas péché? Des chiffres, on veut des chiffres! Parce qu'il y a peut-être un marché pour un logiciel de gestion d'indulgences... ;-)

    --
    Marc »

  • Jacques Saint-Pierre
    Inscrit
    mercredi 4 mai 2005 03h30
    Question religieuse
    « Monsieur Lavallée confirme un doute qui me ronge depuis longtemps : le choix du logiciel libre est d'ordre religieux, voire sectaire.

    Persistez-donc dans votre rêve. Continuez à vous faire croire que vous détenez l'ultime vérité. Un jour, vous vous éveillerez au côté de votre magnétoscope Bêta en essayant d'y introduire un DVD.

    Loin d'avoir tenter de discréditer le rapport en question, j'ai plutôt voulu confronter la croyance populaire qui tente d'imposer le choix du logiciel libre comme seule alternative aux "méchantes grosses compagnies".

    Et pour vos chiffres, inventez-les donc vous-même, puisque ceux-ci peuvent danser au gré de vos délires les plus fous....

    Bon rêves... »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    mercredi 4 mai 2005 12h16
    des rêveurs compétants
    « Mr. St-Pierre a tout a fait raison, et il vaut mieux en rire, comme le fait le pape du projet Gnu (http://www.stallman.org/saint.html). D'ailleurs, avec un tel nom, il irait loin dans cette "secte". ;-) Le problème, c'est son incompétence en matière d'informatique, et qu'il fait déjà partie d'une église de la finance (http://www.fsa.ulaval.ca/html/jacquessaintpierre.html) qui carbure encore à la "propriété intellectuelle".

    Contrairement à Mr. St-Pierre (en espérant ne pas faire erreur sur la personne), je ne suis pas inquiet; de "économisme" à "oecumémisme", il n'y a qu'un pas. L'avantage de la "religion économique", c'est sa capacité infinie d'ajuster son discours en fonction des "tendances du marché". Quand le logiciel libre va commencer à "pogner", les économistes, que le sujet intéressent, seront les premiers à clamer qu'il l'avaient prévu, études à l'appui, du moins les plus jeunes et ceux qui encore la pêche; le temps fera son oeuvre, d'une manière ou d'une autre...

    Pour ce qui est du Beta dans le DVD (j'ai les deux appareils, j'ai aussi un lecteur vidéodisque), je n'ai aucun problème à laisser Sony, Philips et les autres "gentilles compagnies" réussir ou échouer lamentablement avec leurs prochains formats propriétaires protégés, parce qu'il y aura des alternatives! Je rêve justement parce que j'ai la compétence que Mr. St-Pierre suppose que je n'ai pas, et qui n'a rien à voir avec la sienne, élastique...
    --
    Marc »

  • Jacques Saint-Pierre
    Inscrit
    mercredi 4 mai 2005 19h02
    Exit le débat
    « Marc, (Tu viens de perdre le privilège du vouvoiement).

    En effet, tu fais erreur sur la personne. Je n'ai absolument aucune relation avec le site que tu cites et tu devrais t'excuser publiquement de tenter, par de petites enquêtes googléennes à deux sous, de discréditer quelqu'un que tu ne connais pas.

    Ce débat est malheureusement devenu stérile et je m'en retire. Le dialogue avec les brutes de la trempe de Marc est impossible dans la mesure où ils campent une position, qu'elle soit intenable ou non.

    D'ailleurs, et à l'intention d'autres personnes qui pourraient être plus raisonnables, je réaffirme que la Vérité ne se tient pas en un seul Lieu, ou en une seule Pensée. Il n'y a pas de "camp", il n'y a qu'une analyse rigoureuse qui se doit d'être menée à terme, et ce que je défendais. Marc semble croire que je suis partisan d'une solution uniquement "méga-multinationale". Ce n'est pas le cas, et il m'est arrivé de recommander et mettre en oeuvre des solutions hybrides où le logiciel libre tenait une place appropriée (c'est à dire à une distance raisonnable du coeur de la solution, en appui).

    Marc, s'il te plaît, ne répond pas

    À bon entendeur... »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    mardi 10 mai 2005 00h20
    Une invitation à la fermeture en appelle une autre à l'ouverture
    « Vraiment désolé pour la confusion... Je constate constate que la pensée unique se transmet entre les gens qui ont le même nom. ;-) Comme il ne s'agit pas vraiment d'une conversation, mais de commentaires sur un forum public, je laisse au modérateur le soin de décider si je peux répondre.

    Le logiciel libre n'est pas qu'un outil supplémentaire, qu'une option de plus, il est une alternative de remplacement. Les solutions hybrides que vous préconisez vont de soi, puisque leurs fonctions est de favoriser la transition des environnements propriétaires vers des environnements le plus libre possible.

    Vous préférez ne considérer que les avantages techniques des logiciels libres, mais il faut aussi savoir que les licenses d'utilisation ne sont pas neutres, et ça n'importe quel avocat pourrait le confirmer. Votre manière d'Accuser vos pairs de fanatisme religieux est plutôt révélatrice de votre ignorance (ou de votre refus) des enjeux qui motivent l'utilisation de licenses libres. Pour les gens comme vous, il existe les licenses "open source", conçus pour moins "choquer".

    Ce qu'il y a de bien avec la stratégie de déploiement des logiciels libres et "open source", c'est qu'elle résiste bien aux polémiques, puisqu'elle peuvent compter sur les experts-conseils qui n'ont que des préoccupations techniques. Merci donc de continuer votre bon travail, exempt de rêves. »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    jeudi 12 mai 2005 13h24
    d'abord moins dépendre des vendeurs, ensuite sauver de l'argent
    « Un petit sondage vaut la peine d'être mentionné ici. Un site web consacré à l'économie informatique a demandé à ses lecteurs quel est l'avantage principal des logiciels dits "open source". Le résultat: 44% pour moins dépendre des vendeurs, suivi de 22% pour sauver de l'argent.

    http://www.computereconomics.com/article.cfm?id=1043 »

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