Lettres: Apologie de la communication mobile
Certaines personnes s'élèvent contre les téléphones portatifs. Je voudrais ici défendre la communication mobile et dire pourquoi je ne retournerais pas en arrière, dans l'ancien temps.
D'abord, le téléphone cellulaire est un outil indispensable. Grâce à lui, je suis enfin libre car je suis en communication 24 heures sur 24. Je peux ainsi, sans avoir à supporter le moindre délai (je veux parler tout de suite !), laisser un message à quelqu'un n'importe où sur la planète. Aussi, mon téléphone est si perfectionné qu'il m'aide à gérer mon temps. En effet, si je le souhaite, je peux assourdir les sonneries polyphoniques: cela m'aide à sauvegarder ma vie privée. Or mon téléphone est plus qu'un téléphone: à ma ceinture ou dans ma main, il est aussi petit et agréable qu'un jouet d'enfant. Il me permet de jouer, de faire des clips, de prendre des photos et de les envoyer! Je ne suis donc jamais seul. Il me donne même le sentiment d'exister, ergo d'être quelqu'un! Et c'est parce que je possède un cell que les autres m'appellent et que je suis quelqu'un car je peux aussi les appeler. Je suis quelqu'un parce que toutes les personnes importantes ont besoin, comme moi, d'un téléphone. De plus, mon portable assure ma liberté d'expression puisque je peux parler de moi partout, y compris dans l'autobus. Certains voyeurs qui m'entendent parler me regardent parfois d'un drôle d'air. Ils sont jaloux et me dérangent: en fait, ils m'envient! C'est ainsi que mon téléphone construit et protège mon identité. Il est une partie de moi-même: lorsque je l'oublie, j'appréhende une mauvaise journée car je pourrais être sauvagement agressé dans la rue sans pouvoir appeler à l'aide. Dire que des femmes sortent le soir sans portable! Comment font-elles? Sans mon téléphone, je me sens nu, un peu comme si j'avais perdu mon argent. Il me coûte d'ailleurs une fortune à chaque mois, ce cellulaire; je suis donc riche car je parviens à le garder. Pour réduire la pauvreté, on devrait supprimer les lignes résidentielles. Mon téléphone me garantit la communication continue avec le monde auquel j'appartiens fièrement — et c'est logique: tout le monde devrait se payer un cellulaire, tout le monde devrait être capable de communiquer en 2004. C'est simple: ou bien tu as ton cellulaire, ou bien tu n'es pas capable de communiquer. J'ai un téléphone depuis trois ans et on peut se fier à moi: seul un sophisme ou un faux raisonnement m'obligerait à croire que j'ai tort de ne pas faire comme les autres. Mais je dois couper ici ma communication (et mon argumentation) car ma pile est faible...
D'abord, le téléphone cellulaire est un outil indispensable. Grâce à lui, je suis enfin libre car je suis en communication 24 heures sur 24. Je peux ainsi, sans avoir à supporter le moindre délai (je veux parler tout de suite !), laisser un message à quelqu'un n'importe où sur la planète. Aussi, mon téléphone est si perfectionné qu'il m'aide à gérer mon temps. En effet, si je le souhaite, je peux assourdir les sonneries polyphoniques: cela m'aide à sauvegarder ma vie privée. Or mon téléphone est plus qu'un téléphone: à ma ceinture ou dans ma main, il est aussi petit et agréable qu'un jouet d'enfant. Il me permet de jouer, de faire des clips, de prendre des photos et de les envoyer! Je ne suis donc jamais seul. Il me donne même le sentiment d'exister, ergo d'être quelqu'un! Et c'est parce que je possède un cell que les autres m'appellent et que je suis quelqu'un car je peux aussi les appeler. Je suis quelqu'un parce que toutes les personnes importantes ont besoin, comme moi, d'un téléphone. De plus, mon portable assure ma liberté d'expression puisque je peux parler de moi partout, y compris dans l'autobus. Certains voyeurs qui m'entendent parler me regardent parfois d'un drôle d'air. Ils sont jaloux et me dérangent: en fait, ils m'envient! C'est ainsi que mon téléphone construit et protège mon identité. Il est une partie de moi-même: lorsque je l'oublie, j'appréhende une mauvaise journée car je pourrais être sauvagement agressé dans la rue sans pouvoir appeler à l'aide. Dire que des femmes sortent le soir sans portable! Comment font-elles? Sans mon téléphone, je me sens nu, un peu comme si j'avais perdu mon argent. Il me coûte d'ailleurs une fortune à chaque mois, ce cellulaire; je suis donc riche car je parviens à le garder. Pour réduire la pauvreté, on devrait supprimer les lignes résidentielles. Mon téléphone me garantit la communication continue avec le monde auquel j'appartiens fièrement — et c'est logique: tout le monde devrait se payer un cellulaire, tout le monde devrait être capable de communiquer en 2004. C'est simple: ou bien tu as ton cellulaire, ou bien tu n'es pas capable de communiquer. J'ai un téléphone depuis trois ans et on peut se fier à moi: seul un sophisme ou un faux raisonnement m'obligerait à croire que j'ai tort de ne pas faire comme les autres. Mais je dois couper ici ma communication (et mon argumentation) car ma pile est faible...
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