Création d'une base de données - Des scientifiques canadiens sur la piste du C. difficile
1 novembre 2004
Science et technologie
Toronto — Dans le but de mieux lutter contre l'inquiétante bactérie Clostridium difficile, des chercheurs canadiens recourent aux outils des enquêteurs de police.
Des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg sont à constituer une base de données d'identification par le code génétique à partir de cas de C. difficile, afin de mieux suivre les déplacements des pires souches de la bactérie à travers le pays.
L'initiative s'inscrit dans un projet pilote de six mois visant à étudier les taux de C. difficile dans 25 grands hôpitaux canadiens. Cette base de données deviendra un instrument permanent qui permettra d'alerter les hôpitaux lorsque des souches dangereuses feront leur apparition dans leurs murs.
Plusieurs hôpitaux aux États-Unis — et au Canada — n'ont pas encore été affectés (par la bactérie) et les avertir, dans ce cas, pourrait être important, explique le docteur Clifford McDonald, un expert du C. difficile auprès des Centres américains pour le contrôle de la maladie (CDC) à Atlanta.
La bactérie peut rendre malades des gens de tous âges, mais affecte le plus souvent les patients âgés hospitalisés qui éprouvaient déjà des problèmes de santé et qui ont récemment pris des antibiotiques à large spectre. Ces médicaments perturbent l'équilibre bactérien de l'intestin, engendrant un environnement propice à la multiplication du C. difficile. Il en résulte de la diarrhée, une inflammation du côlon et parfois la mort.
Réseau de surveillance
L'identification des microbes et leur inclusion dans une base de données se sont avérées utiles lors de cas de flambées d'infections d'origine alimentaire, mais elles sont une nouveauté dans le domaine des infections nosocomiales (contractées en milieu hospitalier).
Ce concept est basé sur PulseNet, un réseau de surveillance des maladies d'origine alimentaire développé dans les années 1990 par des scientifiques des CDC à Atlanta. Ceux-ci se servent du système pour enquêter sur des cas d'intoxication alimentaire, ce qui leur permet, par exemple, de remonter la piste des empreintes génétiques jusqu'à une usine de transformation de la viande distribuant de la viande de hamburger contaminée par la bactérie E. coli, ou une ferme vendant des tomates contaminées par la salmonelle. Le Canada s'est récemment doté d'un système semblable, PulseNet Canada.
Pour la base de données sur le C. difficile, le laboratoire de Winnipeg commencera par isoler le pathogène à partir d'échantillons fécaux fournis par des hôpitaux. À partir de cela, on tirera une empreinte génétique qui pourra leur indiquer si la souche à l'origine de la multiplication des cas dans un centre est la même que celle de la souche dangereuse qui affecte les hôpitaux du Québec.
On pourra aussi déterminer les caractéristiques de souches individuelles, savoir pourquoi l'une est plus virulente que l'autre, ou si la résistance à certains antibiotiques joue un rôle dans la dissémination de cette souche.
Des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg sont à constituer une base de données d'identification par le code génétique à partir de cas de C. difficile, afin de mieux suivre les déplacements des pires souches de la bactérie à travers le pays.
L'initiative s'inscrit dans un projet pilote de six mois visant à étudier les taux de C. difficile dans 25 grands hôpitaux canadiens. Cette base de données deviendra un instrument permanent qui permettra d'alerter les hôpitaux lorsque des souches dangereuses feront leur apparition dans leurs murs.
Plusieurs hôpitaux aux États-Unis — et au Canada — n'ont pas encore été affectés (par la bactérie) et les avertir, dans ce cas, pourrait être important, explique le docteur Clifford McDonald, un expert du C. difficile auprès des Centres américains pour le contrôle de la maladie (CDC) à Atlanta.
La bactérie peut rendre malades des gens de tous âges, mais affecte le plus souvent les patients âgés hospitalisés qui éprouvaient déjà des problèmes de santé et qui ont récemment pris des antibiotiques à large spectre. Ces médicaments perturbent l'équilibre bactérien de l'intestin, engendrant un environnement propice à la multiplication du C. difficile. Il en résulte de la diarrhée, une inflammation du côlon et parfois la mort.
Réseau de surveillance
L'identification des microbes et leur inclusion dans une base de données se sont avérées utiles lors de cas de flambées d'infections d'origine alimentaire, mais elles sont une nouveauté dans le domaine des infections nosocomiales (contractées en milieu hospitalier).
Ce concept est basé sur PulseNet, un réseau de surveillance des maladies d'origine alimentaire développé dans les années 1990 par des scientifiques des CDC à Atlanta. Ceux-ci se servent du système pour enquêter sur des cas d'intoxication alimentaire, ce qui leur permet, par exemple, de remonter la piste des empreintes génétiques jusqu'à une usine de transformation de la viande distribuant de la viande de hamburger contaminée par la bactérie E. coli, ou une ferme vendant des tomates contaminées par la salmonelle. Le Canada s'est récemment doté d'un système semblable, PulseNet Canada.
Pour la base de données sur le C. difficile, le laboratoire de Winnipeg commencera par isoler le pathogène à partir d'échantillons fécaux fournis par des hôpitaux. À partir de cela, on tirera une empreinte génétique qui pourra leur indiquer si la souche à l'origine de la multiplication des cas dans un centre est la même que celle de la souche dangereuse qui affecte les hôpitaux du Québec.
On pourra aussi déterminer les caractéristiques de souches individuelles, savoir pourquoi l'une est plus virulente que l'autre, ou si la résistance à certains antibiotiques joue un rôle dans la dissémination de cette souche.
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