Science - Des rats «accros» à la cocaïne
13 août 2004
Science et technologie
Paris — La consommation de cocaïne peut entraîner progressivement une véritable toxicomanie chez un nombre limité, mais non négligeable, de rats consommateurs, tout comme chez les humains, ont découvert des chercheurs de l'Institut national français de la recherche et de la santé (INSERM).
Ces résultats, publiés dans la revue Science datée d'aujourd'hui, «devraient permettre de pénétrer les mystères de la biologie de la toxicomanie et d'améliorer son traitement», estiment-ils.
Selon l'étude, 17 % des rats testés deviennent réellement «accros» après deux à trois mois de prise de cocaïne. Ces rongeurs «dépendants» n'arrivent plus à limiter la consommation de drogue et se montrent extraordinairement motivés par sa recherche, relève l'équipe de Pier-Vincenzo Piazza, directeur de l'unité «Physiopathologie du comportement» à l'INSERM.
Ils continuent même à s'auto-administrer la drogue malgré l'association d'une punition à la prise de cocaïne.
Ce comportement n'apparaît que chez une proportion relativement faible des consommateurs humains (de 15 à 20 %) et possède les caractéristiques d'une maladie chronique puisque la rechute, même après des périodes prolongées de sevrage, est quasiment la règle (environ 90 %), notent les chercheurs.
«La toxicomanie des hommes et des rongeurs présente des similitudes étonnantes», constatent les chercheurs. «La découverte d'un comportement de dépendance à la drogue chez ce mammifère modèle suggère fortement que la toxicomanie est une véritable maladie du cerveau qui résulterait non seulement d'une exposition prolongée à la drogue mais aussi d'une vulnérabilité individuelle forte», ajoutent-ils.
Jusqu'alors, aucun véritable modèle n'existait chez l'animal, limitant ainsi fortement la compréhension du phénomène de dépendance. On pensait que si les animaux pouvaient consommer volontairement la plupart des drogues, la véritable toxicomanie était une spécificité de l'espèce humaine.
Pour vérifier si une dépendance aux drogues pouvait être observée chez le rongeur, l'équipe a étudié la consommation volontaire intraveineuse de cocaïne de quelque 100 rats. Les rats, libres de leurs mouvements, s'auto-administrent la drogue en enfonçant leurs museaux à l'intérieur d'un trou disposé dans une des parois de leur «chambre expérimentale».
Pour les auteurs, les mécanismes neuroadaptatifs induits par l'exposition chronique à une drogue et leurs conséquences sur le comportement sont conservés au cours de l'évolution des espèces.
Les travaux de l'équipe bordelaise suggèrent également que la «toxicomanie» n'est pas uniquement le fait d'une exposition prolongée à la drogue. Elle résulte aussi du degré de vulnérabilité de chaque individu à la dépendance. En effet, bien que tous les animaux consomment strictement la même quantité de drogue, une petite proportion d'entre eux seulement a des comportements apparentés à la dépendance, relève l'INSERM.
«Nos résultats permettent de proposer une vision unifiée de l'origine de la dépendance qui se fonde sur l'interaction entre le niveau d'exposition à la drogue et le degré de vulnérabilité individuelle. La toxicomanie paraît donc avoir un statut identique à d'autres maladies du cerveau, qui résultent le plus souvent d'une interaction entre un stimulus environnemental pathogène et un terrain de prédisposition», soulignent les chercheurs.
Ces résultats, publiés dans la revue Science datée d'aujourd'hui, «devraient permettre de pénétrer les mystères de la biologie de la toxicomanie et d'améliorer son traitement», estiment-ils.
Selon l'étude, 17 % des rats testés deviennent réellement «accros» après deux à trois mois de prise de cocaïne. Ces rongeurs «dépendants» n'arrivent plus à limiter la consommation de drogue et se montrent extraordinairement motivés par sa recherche, relève l'équipe de Pier-Vincenzo Piazza, directeur de l'unité «Physiopathologie du comportement» à l'INSERM.
Ils continuent même à s'auto-administrer la drogue malgré l'association d'une punition à la prise de cocaïne.
Ce comportement n'apparaît que chez une proportion relativement faible des consommateurs humains (de 15 à 20 %) et possède les caractéristiques d'une maladie chronique puisque la rechute, même après des périodes prolongées de sevrage, est quasiment la règle (environ 90 %), notent les chercheurs.
«La toxicomanie des hommes et des rongeurs présente des similitudes étonnantes», constatent les chercheurs. «La découverte d'un comportement de dépendance à la drogue chez ce mammifère modèle suggère fortement que la toxicomanie est une véritable maladie du cerveau qui résulterait non seulement d'une exposition prolongée à la drogue mais aussi d'une vulnérabilité individuelle forte», ajoutent-ils.
Jusqu'alors, aucun véritable modèle n'existait chez l'animal, limitant ainsi fortement la compréhension du phénomène de dépendance. On pensait que si les animaux pouvaient consommer volontairement la plupart des drogues, la véritable toxicomanie était une spécificité de l'espèce humaine.
Pour vérifier si une dépendance aux drogues pouvait être observée chez le rongeur, l'équipe a étudié la consommation volontaire intraveineuse de cocaïne de quelque 100 rats. Les rats, libres de leurs mouvements, s'auto-administrent la drogue en enfonçant leurs museaux à l'intérieur d'un trou disposé dans une des parois de leur «chambre expérimentale».
Pour les auteurs, les mécanismes neuroadaptatifs induits par l'exposition chronique à une drogue et leurs conséquences sur le comportement sont conservés au cours de l'évolution des espèces.
Les travaux de l'équipe bordelaise suggèrent également que la «toxicomanie» n'est pas uniquement le fait d'une exposition prolongée à la drogue. Elle résulte aussi du degré de vulnérabilité de chaque individu à la dépendance. En effet, bien que tous les animaux consomment strictement la même quantité de drogue, une petite proportion d'entre eux seulement a des comportements apparentés à la dépendance, relève l'INSERM.
«Nos résultats permettent de proposer une vision unifiée de l'origine de la dépendance qui se fonde sur l'interaction entre le niveau d'exposition à la drogue et le degré de vulnérabilité individuelle. La toxicomanie paraît donc avoir un statut identique à d'autres maladies du cerveau, qui résultent le plus souvent d'une interaction entre un stimulus environnemental pathogène et un terrain de prédisposition», soulignent les chercheurs.
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