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Québec s'intéresse au logiciel libre

Le logiciel libre sort de la garde-robe et fait sa sortie au gouvernement du Québec.

Bien qu'il faille déplorer le peu de cas accordé au rapport Gautrin, cela ne veut pas dire que ceux qui oeuvrent au sein de la mise en place du futur gouvernement en ligne n'accordent pas d'importance aux grands bouleversements de la scène informatique.

Dans un geste qui peut sembler surprenant à première vue, le secrétariat du Conseil du trésor du Québec a organisé la semaine dernière une journée de réflexion et de conférences sur le logiciel libre. Tous les ténors du logiciel à code source libre étaient sur place pour faire le point sur ce mouvement qui prend de plus d'ampleur, non seulement au sein des entreprises, mais aussi des gouvernements mondiaux.

Personne ne peut nier qu'aujourd'hui le logiciel libre représente une solution de remplacement valable par rapports aux logiciels propriétaires. Plusieurs gouvernements, notamment en Europe et en Asie, ont déjà intégré le logiciel libre dans leur mode de fonctionnement. Par exemple, le gouvernement français entend bien diminuer le coût d'acquisition des licences en proposant aux éditeurs de logiciels libres de participer aux appels d'offres au même titre que les éditeurs de progiciels propriétaires.

Concurrence ouverte

Selon Renaud Dutreil, ministre de la Fonction publique de l'État français, « la concurrence est ouverte. Mon estimation est que l'on peut au moins diviser par deux la facture de l'État. Ce qui transparaît clairement, c'est que les solutions bâties sur des logiciels libres sont aujourd'hui devenues une alternative crédible à l'utilisation de logiciels propriétaires, aussi bien en termes de prix que de fonctionnalités. Je pense que ces logiciels méritent une place plus importante sur les postes de travail de l'administration. »

Le ministre précise cependant que cette nouvelle approche de l'État français à l'endroit du logiciel libre n'est pas une déclaration de guerre à Microsoft et à tous les autres éditeurs de solutions propriétaires. Pour Renaud Dutreil, ces sociétés redeviendront tout simplement des fournisseurs de l'État au même titre que les solutions dites libres.

De son côté, à la suite de cette journée de réflexions de la semaine dernière, le Conseil du trésor du Québec a lancé un site Internet destiné à faire le point et à informer « l'appareil gouvernemental » sur les enjeux du libre.

De plus, passant de la parole au geste, le Conseil du trésor accorde un soutien financier à deux projets majeurs, soit le projet MILLE, dont nous avons maintes fois parlé dans ces pages, et au RESOLL, le Réseau d'expertise en standards ouverts et en logiciels libres et ouverts, une créature issue du CIRANO et qui regroupe des partenaires universitaires et institutionnels de provenances diverses. Le but du RESOLL, « démythifier les avantages des standards et des logiciels libres et d'en proposer une exploitation intelligente et avantageuse pour les organismes publics et parapublics et pour les PME ».

Lettres de noblesse

Depuis deux ans, l'adoption du logiciel libre par le milieu des affaires ne fait pas de doute. Avec un IBM qui n'a de cesse de promouvoir les initiatives en libre, et qui investit substantiellement dans des projets de logiciels à code source libre, « l'OpenSource » a gagné ses lettres de noblesse. Depuis la fin de 2003, ce sont maintenant les États qui commencent à faire confiance au logiciel libre et à le mettre sur le même pied d'égalité que le logiciel propriétaire. Le geste de la France n'est qu'un parmi tant d'autres. Bien que timide, l'initiative du gouvernement du Québec a le mérite de bien informer la machine gouvernementale des enjeux en cours.

En octobre 2003, je prédisais dans un article «que le Microsoft que nous connaissons aujourd'hui est condamné à changer radicalement ou à périr». Plus que jamais, avec ces initiatives qui fusent de toutes parts, je maintiens cette affirmation. 2005 sera l'année où basculeront les idées préconçues sur le logiciel libre. « L'Open Source » ne fait dorénavant plus peurs aux responsables des TI. Il est même souvent la solution à leurs problèmes.

2005 sera une année charnière dans le monde du logiciel. Rien ne sera plus comme avant pour l'industrie du logiciel propriétaire. Elle devra apprendre à composer avec le libre, où à mourir à petit feu.

Cela ne vous rappelle pas ce que nous disons à propos de l'industrie du disque ?
 
 
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  • Marc Lavallée
    Inscrit
    lundi 21 juin 2004 08h06
    commentaire
    "le logiciel libre représente une solution de remplacement valable par rapports aux logiciels propriétaire"

    La liberté n'est pas un remplacement, c'est la propriété qui est une usurpation. Les logiciels libres existaient avant les logiciels propriétaires.

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