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    Technologie: Gouvernement en ligne, Henri-François au pays des merveilles

    Lundi dernier, le député Henri-François Gautrin présentait son projet de gouvernement en ligne. Seul. Sans même que ne soit présent le premier ministre ou la présidente du Conseil du trésor. Quelqu'un a prononcé le mot tablette?

    Une année complète s'est écoulée depuis que le premier ministre Jean Charest a confié à Henri-François Gautrin le mandat de rédiger un projet de gouvernement en ligne. Cette promesse de réaliser ce chantier informatique faisait partie intégrante du programme du Parti libéral. La mise en place d'un gouvernement en ligne devait s'imbriquer dans le projet de modernisation de l'État québécois que la présidente du Conseil du trésor, madame Monique Jérôme-Forget, a présenté il y a peu de temps de cela.

    On se serait donc attendu lundi dernier à une présence des poids lourds du gouvernement pour venir appuyer le projet de gouvernement en ligne. Pourtant, mis à part quelques journalistes, et une cinquantaine de personnes ayant participé de près ou de loin à la réalisation de ce rapport, rien. Ni le premier ministre, ni la présidente du Conseil du trésor, et encore moins celui qui travaille activement à l'informatisation de

    l'État, Robert Desbiens, n'étaient sur place. De plus, le rapport du député Gautrin n'était disponible que sur son site personnel. Aucune trace du projet sur le site Internet du Conseil du trésor, où existent pourtant des sections consacrées au gouvernement en ligne et à la modernisation de l'État.

    Il n'y a qu'un pas à franchir...

    De là à croire que ce rapport est promis à un brillant avenir... sur une des nombreuses tablettes, il n'y a qu'un pas à franchir. Une opinion que partagent plusieurs personnes interrogées par Le Devoir au cours de la dernière semaine. Une personne a même utilisé l'expression « de la pensée magique au royaume du pays imaginaire » (Wishfull thinking in Nerveland).

    En effet, de la véritable pensée magique, surtout lorsque le député Gautrin nous dit qu'aucune nouvelle somme ne sera investie dans la concrétisation d'un gouvernement en ligne. « Tout devra se faire sans argent neuf, avec les budgets existants » à partir du réaménagement d'une somme de 600 millions de dollars, provenant du budget d'un milliard que le gouvernement consacre actuellement à son réseau informatique,

    Or, la plus grande partie de ces 600 millions de dollars est déjà affectée au salaire des employés de l'État. Il y a lieu alors de se demander comment le gouvernement pourrait respecter un échéancier de 2007 afin de réaliser la mise en ligne du e-gouvernement.

    Dommage, car malgré ses lacunes évidentes en termes de gouvernance et de démocratie en ligne, le rapport du député Gautrin était bien ficelé. Rien de transcendant ni d'audacieux, mais à tout le moins, des recommandations pertinentes en matière d'administration publique en ligne.

    Portail unique

    En vertu du projet de gouvernement en ligne présenté par le député Gautrin, les services du gouvernement deviendraient accessibles 24 heures sur 24, sept jours sur sept par Internet, ou par voie téléphonique pour les citoyens non branchés. Le gouvernement du Québec créerait à cet effet un portail unique où les citoyens et les entreprises de la province pourraient s'adresser pour obtenir des réponses à l'ensemble de leurs questions. « L'information gouvernementale ne sera plus organisée en fonction des missions des ministères, mais plutôt en fonction du cycle de vie des citoyens et des entreprises. »

    Cependant, pour tenir compte des citoyens qui ne peuvent accéder aux services en ligne pour diverses raisons, l'approche retenue par le rapport Gautrin serait celle d'instaurer des centres multiservices. Que ce soit par téléphone, en personne ou par Internet, tous les citoyens et les entreprises auraient accès en même temps à la même information.

    Seul le premier ministre Charest lui-même peut envoyer un message clair que le projet de gouvernement en ligne est l'une des priorités de l'État québécois. D'ailleurs, il faudra bien envoyer ce message, car le problème engendré par l'abandon du projet GIRES n'est toujours pas réglé. Les systèmes informatiques de l'État sont toujours aussi désuets, et chaque année qui s'écoule ne contribue pas à arranger les choses. De même, se profile à l'horizon cet autre important chantier qu'est l'informatisation complète du réseau de la santé, un projet majeur qui devrait s'étirer sur plusieurs années.

    Et que dire des changements qui devront êtres effectués au sein même de l'appareil étatique. Une refonte en profondeur des processus d'affaires au sein de tous les ministères se devra d'être un enjeu majeur pour que se réalisent tous ces projets.

    Pas le choix

    Le premier ministre n'a donc pas le choix. Tous les gouvernements du monde entier sont en train de moderniser le fonctionnement de leur nation. La France, malgré son retard, a récemment fait de la mise en place d'un e-gouvernement une priorité, Notre voisin du sud et le Canada continuent d'investir dans ce domaine. La mise en place au Québec d'un gouvernement électronique s'avère donc une étape incontournable dans ce processus qu'est la modernisation de l'État. À Jean Charest d'envoyer un signal clair si le Québec ne veut pas encore une fois prendre du retard en ce domaine. Le futur Dirigeant principal de l'information, Robert Desbiens, doit se sentir appuyé s'il veut mener à bien les projets d'informatisation de l'État. Un mot au moins, Monsieur Charest ?

    D'ailleurs, le député Gautrin concluait ainsi la conférence de presse lundi dernier : « Le leadership du premier ministre s'avère un impératif afin d'engager les intervenants concernés dans un processus de développement, selon une vision d'ensemble. » C.Q.F.D. Même s'il n'appuie pas en entier les recommandations du rapport Gautrin, il devra tout au moins s'engager. En paroles et en argent.












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