Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Les déchets électroniques s’amoncellent à la vitesse grand V

    L’enfouissement des téléphones, ordinateurs et autres appareils désuets aura des effets nocifs à long terme sur la santé

    13 décembre 2017 |Pauline Gravel | Science et technologie
    L’Union internationale des télécommunications salue le fait qu’un nombre croissant de pays ont adopté une législation visant à imposer et à encadrer la gestion des déchets électroniques sur leur territoire.
    Photo: Charly Triballeau Agence France-Presse L’Union internationale des télécommunications salue le fait qu’un nombre croissant de pays ont adopté une législation visant à imposer et à encadrer la gestion des déchets électroniques sur leur territoire.

    En 2016, les humains ont mis au rebut 44,7 millions de tonnes métriques d’équipements électriques et électroniques, soit 8 % de plus qu’en 2014, selon un rapport publié hier par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

     

    Cette institution des Nations unies vouée aux technologies de l’information et de la communication prévoit même qu’au rythme auquel nous achetons et renouvelons téléphones cellulaires, ordinateurs, téléviseurs, réfrigérateurs, photocopieurs, caméras vidéo et jouets électroniques, nous produirons en 2021 7,5 millions de tonnes métriques (soit 17 %) de plus de ces déchets électroniques qu’en 2016.

     

    Le rapport indique aussi que des 44,7 tonnes métriques de déchets électroniques générées en 2016 — ce qui équivaut au poids de 6 700 tours Eiffel ou 9 grandes pyramides de Gizeh —, seulement 20 % ont été recyclées.

     

    Pourtant, on estime que la valeur des matériaux qui auraient pu être récupérés des vieux appareils jetés en 2016, dont notamment des métaux précieux tels que de l’or, de l’argent, du cuivre, du platine et du palladium, atteignait 55 milliards, ce qui excède le produit intérieur brut (PIB) de la plupart des pays du monde.

    L’industrie devrait récupérer les vieux appareils, mais elle ne le fait pas
    Karel Ménard, directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets
     

    Matières dangereuses

     

    Les 80 % de déchets qui n’ont pas été récupérés ont pour leur part été incinérés, enfouis dans une décharge, remisés dans un débarras ou recyclés de façon informelle.

     

    Dans son rapport, l’UIT souligne les risques qu’entraîne ce type de déchets pour l’environnement et la santé humaine. Parmi les matières dangereuses que l’on retrouve dans les déchets électroniques figurent des métaux lourds, tels que le mercure, le plomb et le cadmium, ainsi que des produits chimiques, tels que des chlorofluorocarbones (CFC) et divers retardateurs de flamme.

     

    « Si ces produits ne sont pas éliminés correctement, ou même recyclés adéquatement, ils contamineront l’air, le sol et la nappe phréatique et auront à long terme des effets nocifs sur la santé », explique Vanessa Gray de l’UIT.

     

    Législation

     

    Le rapport salue le fait qu’un nombre croissant de pays ont adopté une législation visant à imposer et à encadrer la gestion des déchets électroniques sur leur territoire.

     

    En 2016, 67 pays possédaient une telle réglementation nationale, dont le Canada, qui en 2016 a généré 724 000 tonnes de déchets électroniques, ce qui représente 20 kg par habitant.

     

    À travers le pays, on applique le programme de « responsabilité élargie des producteurs », REP, mais chaque province a eu le loisir d’établir ses propres règlements.

     

    La REP est un principe de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) selon lequel le fabricant est responsable de la récupération et du recyclage des produits électroniques qu’il met en marché, une fois leur vie utile terminée.

     

    Écofrais

     

    Au Québec, l’Association pour le recyclage des produits électroniques (ARPE) qui est pilotée par l’Industrie impose depuis 2012 un « écofrais » aux consommateurs lors de l’achat d’un appareil électronique.

     

    Les sommes ainsi recueillies doivent servir à défrayer les coûts de collecte, de recyclage et de revalorisation des vieux appareils. L’ARPE-Québec a ainsi accumulé un fonds de réserve de 56 millions, alors qu’elle a dépensé environ 10 millions l’an passé.

     

    Selon Karel Ménard, directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), l’industrie ne remplit pas adéquatement sa mission.

     

    « L’industrie devrait récupérer les vieux appareils, mais elle ne le fait pas, car c’est le consommateur qui doit lui-même transporter ses vieux appareils à des sites de dépôt bien spécifiques, comme l’Éco-centre ou un des magasins d’appareils électroniques, tels que Bureau en gros ou Best Buy, qui figurent sur le site Internet de l’ARPE.

     

    « Le consommateur doit avoir la volonté ou un penchant environnemental pour se déplacer et il doit posséder une voiture pour aller déposer sa vieille télévision au point de dépôt », fait-il remarquer.

     

    « L’objectif fondamental du programme REP est que les fabricants mettent sur le marché des produits qui soient moins polluants, plus durables, réutilisables, voire démontables pour pouvoir échanger un module pour une version plus récente, par exemple

     

    « Or, dans les faits, l’opération de récupération et de valorisation est aux frais des consommateurs et il n’y a pas d’incitatifs à ce que les fabricants produisent des appareils qui soient moins polluants. Les principes de REP ne sont appliqués et rien n’est fait pour qu’ils le soient. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.