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    Des biologistes tâchent de sauver la couleuvre brune

    30 septembre 2017 16h02 |Morgan Lowrie - La Presse canadienne | Science et technologie
    La couleuvre brune peut atteindre entre 25 et 35 centimètres de longueur.
    Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La couleuvre brune peut atteindre entre 25 et 35 centimètres de longueur.

    L’essor de la construction dans la région de Montréal menace d’en évincer définitivement l’espèce de serpent la « plus urbaine » du Québec, selon un biologiste qui travaille pour sa préservation.

     

    La couleuvre brune ne peut être observée que dans un seul endroit de la province : le Grand Montréal, indique Pierre-Alexandre Bourgeois.

     

    « Les scientifiques ne peuvent pas l’expliquer », a-t-il ajouté en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

     

    « Les autres populations se trouvent en Ontario, au Vermont et dans l’État de New York. Mais entre [ces régions], il n’y a pas de couleuvres brunes », a-t-il poursuivi.

     

    Depuis 2015, M. Bourgeois et son équipe du Zoo Ecomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue tâchent de protéger et de renforcer l’habitat de cette espèce, qui est de plus en plus menacé par le développement urbain.

     

    La couleuvre brune, qui peut atteindre entre 25 et 35 centimètres de longueur, s’épanouit dans espaces avec de l’herbe haute, où elle se nourrit de limaces, d’escargots et de vers de terre.

     

    Malheureusement, ces espaces ouverts sont souvent les premiers à être développés, souligne M. Bourgeois.

     

    « Nous protégeons d’abord les forêts et bien sûr, les milieux humides, a-t-il soulevé. Mais les espaces ouverts sont ceux que nous avons tendance à détruire plus rapidement, et en ce moment, il y a un déclin très rapide. »

     

    La solution idéale serait de préserver les terrains ouverts — qui sont aussi importants pour d’autres espèces comme les oiseaux et les monarques —, mais M. Bourgeois reconnaît que ce n’est pas toujours réaliste.

     

    Pour l’instant, son équipe concentre ses efforts sur l’ajout d’infrastructures dans les zones déjà protégées pour les rendre plus hospitalières.

     

    Grâce à une subvention de la Fondation d’Hydro-Québec pour l’environnement, ils installeront des sites d’hibernation souterrains dans trois parcs de la région de Montréal, en plus d’y ajouter des roches où les reptiles pourront lézarder au soleil et se cacher des prédateurs.

     

    Pierre-Alexandre Bourgeois indique que le gouvernement québécois envisage d’ajouter la couleuvre brune à la liste des espèces en voie de disparition.

     

    Il explique que la nature timide et l’habitat de ce serpent le rendent difficile à recenser, mais les biologistes estiment qu’il est déjà en voie de disparition.

     

    Une part de la subvention ira également à la sensibilisation du public à l’égard de la protection d’une espèce qui n’est pas tout à fait mignonne.

     

    M. Bourgeois expose que les couleuvres brunes ne sont pas vénéneuses et qu’elles jouent un rôle important dans les écosystèmes urbains en se nourrissant des ravageurs de jardins.

     

    Ils servent à leur tour de proie à d’autres espèces comme les renards, les ratons laveurs et les oiseaux de proie.

     

    « Les couleuvres brunes sont brunes, ce n’est pas la couleur qui a le plus de charisme, a-t-il admis. Mais si l’on regarde attentivement, c’est une espèce très belle et utile. »













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