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    De la vie sur Terre il y a 3,95 milliards d’années?

    27 septembre 2017 15h37 |Agence France-Presse | Science et technologie
    La zone de Saglek Block, dans le nord du Labrador, dont les roches ont environ 3,95 milliards d’années
    Photo: Paul Gierszewski / Domaine public La zone de Saglek Block, dans le nord du Labrador, dont les roches ont environ 3,95 milliards d’années

    Une forme rudimentaire de vie pourrait avoir été déjà présente sur Terre il y a 3,95 milliards d’années, alors que la planète subissait d’intenses bombardements de comètes et d’astéroïdes, affirment des chercheurs dans une étude publiée mercredi dans Nature.

     

    « Nous avons trouvé la plus ancienne preuve de vie sur Terre dans des roches sédimentaires du Labrador datant de 3,95 milliards d’années », a déclaré à l’AFP Tsuyoshi Komiya, de l’Université de Tokyo, l’un des auteurs de l’étude.

     

    À cette époque, la Terre, qui s’est formée il y a 4,567 milliards d’années, était bombardée par les comètes, relève-t-il.

     

    Depuis un an, les annonces sur la date de l’apparition de la vie sur Terre se succèdent dans Nature et elles font l’objet de vifs débats entre scientifiques.

     

    En septembre 2016, une équipe de chercheurs a annoncé dans la revue britannique avoir découvert au Groenland des stromatolites (des structures calcaires formées par des colonies microbiennes) vieux de 3,7 milliards d’années.

     

    Puis en mars 2017, des scientifiques ont indiqué, toujours dans Nature, avoir découvert des micro-organismes fossiles qui auraient entre 3,77 et 4,29 milliards d’années. Ils ont été repérés dans la Ceinture de Nuvvuagittuq, dans le nord du Québec.

     

    Cette fois-ci, les chercheurs japonais ont travaillé dans la zone de Saglek Block, dans le nord du Labrador, dont les roches ont environ 3,95 milliards d’années.

     

    Ils ont étudié la composition isotopique de grains de graphite (carbone) pour savoir s’ils étaient d’origine organique ou non.

     

    Les isotopes sont des atomes qui possèdent le même nombre de protons, mais qui différent par leur nombre de neutrons.

     

    Le carbone possède plusieurs isotopes naturels (dont le fameux carbone 14, radioactif, utilisé pour les datations, mais que l’on ne trouve pas dans les roches anciennes).

     

    Pour leurs travaux, les chercheurs se sont intéressés au rapport carbone 13 (6 protons, 7 neutrons) sur carbone 12 (6 protons, 6 neutrons), deux isotopes stables.

     

    « Les organismes, pour se développer, préfèrent les isotopes légers, en l’occurrence le carbone 12, plutôt que le carbone 13 plus lourd », explique Tsuyoshi Komiya.

     

    Son équipe a découvert que les grains de graphite étaient nettement enrichis en carbone 12.

     

    Tsuyoshi Komiya en déduit que « la signature » de ce graphite est « biogène », c’est-à-dire qu’il provient d’organismes vivants.

     

    Mais Sylvain Bernard, géochimiste au Muséum national d’histoire naturelle, en France, se montre très circonspect sur ces conclusions.

     

    « Il n’y a pas que le vivant qui ait cette signature isotopique. » Elle peut venir de réactions de minéraux entre eux ou de fluides entre eux, souligne-t-il.

     

    « Les arguments avancés par ces chercheurs sont loin d’être suffisants pour déterminer de façon non ambiguë la “biogénécité” de ces graphites. Ils utilisent des arguments qui sont peut-être nécessaires, mais ne sont pas suffisants », poursuit Sylvain Bernard.

     

    « Pour le moment, on ne sait toujours pas quand ni comment la vie est apparue sur Terre. [...] Mais on progresse », grâce à des techniques de pointe, note-t-il.













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