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    Médecine

    Troubles de comportement: le foetus influencé par le stress de la mère

    Les chercheurs ont remarqué que plus les mères avaient vécu du stress durant leur grossesse, plus leur progéniture était susceptible de présenter des symptômes d’hyperactivité ou des troubles de comportement.
    Photo: iStock Les chercheurs ont remarqué que plus les mères avaient vécu du stress durant leur grossesse, plus leur progéniture était susceptible de présenter des symptômes d’hyperactivité ou des troubles de comportement.

    Le stress vécu par les femmes durant leur grossesse double le risque que l’enfant à naître présente des troubles de comportement ou soit hyperactif, révèle une étude de l’Université d’Ottawa qui paraissait dans la revue Biological Psychiatry.

     

    L’équipe du professeur Ian Colman en est venue à cette conclusion après avoir analysé les données de l’étude longitudinale britannique Avon, au cours de laquelle 10 184 femmes enceintes ont été interrogées à la 18e semaine de gestation sur les événements stressants qu’elles avaient vécus depuis le début de leur grossesse.

     

    Les mères devaient ensuite rendre compte du comportement de leur enfant au moment où celui-ci était âgé de 7, 9, 11, 13 et 16 ans. Les femmes devaient préciser l’événement qui les avait stressées et jusqu’à quel point celui-ci les avait affectées. Ces événements pouvaient être le décès ou la maladie d’un ami ou d’un membre de leur famille, la perte d’emploi de leur conjoint, une querelle avec celui-ci ou un autre membre de la famille ou un déménagement, par exemple.

     

    « Nous nous sommes intéressés à l’effet cumulatif de ces événements stressants et à leur intensité plutôt qu’à leur effet spécifique », précise Ian Colman, professeur à l’École d’épidémiologie, de santé publique et de médecine préventive de l’Université d’Ottawa.

     

    Les chercheurs ont ainsi remarqué que plus les mères avaient vécu du stress durant leur grossesse, plus leur progéniture était susceptible de présenter des symptômes d’hyperactivité comme le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ou des troubles de comportement.

    Les femmes doivent gérer leur stress autant que possible en prenant du temps pour elles
    Ian Colman, professeur à l’Université d’Ottawa

    Les enfants dits hyperactifs étaient ceux qui étaient facilement distraits, agités, impatients, turbulents et impulsifs. Les enfants que l’on identifiait comme ayant des troubles de comportement pouvaient faire des crises de colère, avoir un comportement agressif quand ils étaient fâchés, tricher, mentir ou encore voler. Les enfants qui avaient été exposés au plus haut niveau de stress prénatal avaient deux fois plus de risque d’être atteints de l’un ou l’autre de ces symptômes. De plus, ces symptômes persistaient au moins jusqu’à l’âge de 16 ans.

     

    « L’étude longitudinale ne nous a permis de regarder l’effet du stress que durant la première moitié de la grossesse. Or, nous savons que beaucoup d’étapes importantes du développement surviennent durant cette période, et ce, particulièrement en ce qui concerne le cerveau du foetus », souligne le scientifique.

     

    Pour expliquer comment le stress vécu par la mère induit ces problèmes comportementaux, Ian Colman avance des hypothèses.

     

    « Lorsque la mère est stressée, elle sécrète du cortisol [l’hormone de stress] qui traverse le placenta et se retrouve dans l’organisme du foetus. Or, des concentrations élevées de cortisol peuvent influencer le développement de l’axe du stress [qui relie l’hypothalamus dans le cerveau à l’hypophyse — à la base du cerveau — aux glandes surrénaliennes situées sur les reins, lesquelles sécrètent le cortisol] chez le foetus, ce qui fera que l’enfant répondra mal au stress », souligne le chercheur.

     

    « Des niveaux élevés de cortisol chez la mère induisent aussi une élévation du niveau de testostérone chez le foetus. Or, des études ont montré que la testostérone est associée à des comportements agressifs et certains autres symptômes observés dans les troubles de comportement et l’hyperactivité », poursuit M. Colman.

     

    Éviter le stress est bien sûr la meilleure façon de protéger son enfant de ses effets néfastes, mais le chercheur avoue que ce n’est « pas toujours possible, car certains événements stressants sont inévitables ».

     

    « Les femmes doivent gérer leur stress autant que possible en prenant du temps pour elles, en étant actives physiquement, en faisant du yoga ou de la méditation. Et une des meilleures façons est probablement de s’entourer d’un réseau de personnes qui leur apporteront du soutien », recommande M. Colman.













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