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    11-septembre

    Une nouvelle victime identifiée grâce aux progrès d’analyse ADN

    En mai, une cérémonie s’est déroulée à Ground Zero pour souligner les quinze ans de la fin des neuf mois de recherches qui ont suivi la tragédie.
    Photo: Spencer Platt Getty Images Agence France-Presse En mai, une cérémonie s’est déroulée à Ground Zero pour souligner les quinze ans de la fin des neuf mois de recherches qui ont suivi la tragédie.

    Près de 16 ans après les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New York, les restes d’une nouvelle victime viennent d’être identifiés grâce aux progrès des techniques d’extraction de l’ADN et de son analyse.

     

    Jusqu’en mars 2015, on avait réussi à identifier 1641 personnes parmi les 2753 qui ont été tuées lors de la destruction des tours jumelles. Mais depuis deux ans, toutes les analyses d’ADN de restes humains ayant été recueillis sur les lieux du drame ont échoué à révéler l’identité d’autres victimes. Hier, le médecin légiste en chef de New York, la Dre Barbara Sampson, a annoncé que « l’optimisation de la technique d’extraction de l’ADN » à partir d’infimes restes osseux ainsi que « la plus grande sensibilité des technologies d’analyse » de l’ADN ont permis de mettre en lumière l’identité d’une 1642e victime, qui ne sera toutefois pas rendue publique à la demande de la famille.

     

    « Les techniques d’analyse de l’ADN sont aujourd’hui non seulement plus sensibles qu’avant, elles fournissent plus d’informations qui ont probablement permis de faire des recoupements avec des membres plus éloignés de la famille de la victime », souligne Josée Houde, biologiste judiciaire au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du ministère de la Sécurité publique du Québec.

     

    Archéologie morbide

     

    Les autorités ont excavé le site de Ground Zero jusqu’au niveau présent au moment du drame, puis ils ont ratissé le sol et raclé les égouts, ce qui leur a permis de recueillir une multitude de restes humains, pour la plupart des fragments osseux. Les plus gros ont déjà révélé leur secret, mais reste encore une grande quantité de petits fragments de moins de 5 cm2 à traiter, raconte Mme Houde. « Une quantité minimale d’ADN est nécessaire pour qu’une analyse puisse être effectuée. Un nanogramme (un milliardième de gramme) d’ADN donne de très bons résultats. Or, on peut extraire jusqu’à 50 nanogrammes d’ADN d’un centimètre carré de fémur. Certains spécimens d’ossements fournissent par contre très peu d’ADN, notamment les petits os poreux des phalanges, alors que l’on peut tirer beaucoup plus d’ADN des os longs et denses du fémur », précise-t-elle.

     

    On procède ensuite à l’analyse de l’ADN prélevé. « On cible des sites précis du génome qui présentent des variations d’un individu à l’autre, généralement une quinzaine. L’ensemble des variations comprises dans ces différents sites donne le profil génétique d’une personne et permet de la discriminer des autres individus », explique Mme Houde, qui a travaillé à l’identification des victimes des incendies de Lac-Mégantic et de L’Isle-Verte.

     

    Dans ces sites du génome, on repère certains assemblages de nucléotides (lettres de l’ADN) qui se répètent à la queue leu leu et qu’on appelle « short tandem repeat » (STR). Chez un individu, on pourra trouver sur le brin d’ADN venant de sa mère 15 répétitions d’un STR particulier et 16 répétitions sur l’autre brin d’ADN provenant de son père. « Une technique de pointe, le séquençage en parallèle à grande échelle, permet désormais de zoomer sur ces répétitions, c’est-à-dire d’en effectuer le séquençage précis. Nous pouvons ainsi découvrir les nucléotides précis qui font l’objet d’une répétition et mettre en évidence des différences qui pourront être reconnues chez un frère de la victime, par exemple », explique la biologiste moléculaire. Afin d’obtenir de plus amples informations susceptibles d’aider à l’identification, on analyse également un plus grand nombre de sites génétiques. Certains laboratoires ciblent aujourd’hui jusqu’à 23 sites.

     

    « À la fin de l’analyse, il ne reste probablement rien à remettre à la famille, mais ils ont réussi à identifier une personne disparue qui était vraisemblablement dans les tours jumelles. » Ce qui peut apporter un certain réconfort aux familles affectées par la perte d’un être cher, ajoute la Dre Sampson.













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