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    La «biologie» explique la faible présence des femmes à Silicon Valley, affirme un ingénieur de Google

    7 août 2017 | Luc Olinga - Agence France-Presse à New York | Science et technologie
    Le quartier général de Google, à Mountain View, en Californie
    Photo: Josh Edelson Archives Agence France-Presse Le quartier général de Google, à Mountain View, en Californie

    Google se retrouve maintenant sur le banc des accusés dans le débat sur le sexisme dans les entreprises en haute technologie, milieu dominé par les hommes, après qu’un de ses salariés a expliqué la très faible présence des femmes par des différences « biologiques ».

     

    Dans une note interne de 3000 mots, un ingénieur de sexe masculin non identifié affirme que « les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et [donc] ces différences peuvent expliquer pourquoi on n’a pas une représentation égale des femmes dans la haute technologie et [dans les fonctions de] direction ».

     

    Les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, selon l’auteur, plus enclines « aux sentiments et l’esthétique plutôt que vers les idées », ce qui fait qu’elles optent pour des carrières « dans le social ou l’artistique ».

     
    Un des aspects du message qui m’a le plus profondément troublé est son parti pris sous-jacent qui veut que des hommes ou des femmes ressentent ou agissent d’une certaine façon. Ce sont des stéréotypes et c’est nocif.
    Ari Balogh, patron des ingénieurs chez Google
     

    « Ce sont des fadaises sexistes, habillées dans un discours sur la protection non méritée de la liberté d’expression », fustige la journaliste Kara Swisher, du site spécialisé Recode.net.

     

    « Ce n’est pas un point de vue que moi et l’entreprise soutenons, promouvons ou encourageons », a fermement rejeté dans un courriel aux salariés Danielle Brown, la responsable diversité du géant de l’internet, recrutée il y a quelques mois de chez Intel et en fonction seulement depuis un mois.

     

    Jugeant « incorrectes les hypothèses avancées sur le genre », elle affirme que « la diversité et l’inclusion sont une part fondamentale de nos valeurs et de la culture que nous cultivons ».

     

    Dans cette missive que s’est procurée l’AFP, Mme Brown ajoute toutefois que Google a toujours voulu défendre « une culture dans laquelle ceux qui ont des points de vue différents, y compris politiques, se sentent en sécurité pour les exprimer ».

     

    Des sanctions ?

     

    Il était difficile de savoir dimanche soir si le géant de l’internet prévoyait de prendre des mesures disciplinaires contre l’ingénieur en question.

     

    Ari Balogh, le patron des ingénieurs, a pour sa part dénoncé des « stéréotypes nuisibles ».

     

    « Un des aspects du message qui m’a le plus profondément troublé est son parti pris sous-jacent qui veut que des hommes ou des femmes ressentent ou agissent d’une certaine façon. Ce sont des stéréotypes et c’est nocif », écrit-il dans un courriel interne, également consulté par l’AFP.

     

    Actuellement, 69 % des salariés de Google sont des hommes, une proportion qui monte à 80 % dans les emplois technologiques, selon les derniers chiffres du groupe.

     
    Photo: Noam Galai Archives Getty Images/AFP Danielle Brown est la responsable diversité chez Google. Recrutée il y a quelques mois de chez Intel, elle est en fonction seulement depuis un mois.
     

    Chez Facebook, les femmes n’étaient que 27 % parmi les cadres supérieurs en 2016. Quant à Apple, l’entreprise compte 37 % de femmes au total.

     

    La controverse Google vient s’ajouter à une cascade de scandales et démissions liés au manque de diversité à Silicon Valley.

     

    Travis Kalanick, le cofondateur d’Uber, a démissionné le 21 juin, après des accusations de sexisme et de harcèlement à l’encontre de cadres dirigeants du géant de la location de voitures avec chauffeur. Connu pour ses blagues sur ses conquêtes féminines, il était accusé d’avoir lui-même encouragé une culture d’entreprise propice aux dérapages.

     

    Fin juin, c’est l’investisseur Justin Caldbeck, qui a quitté son fonds de capital-risque, Binary Capital, six femmes avaient affirmé avoir reçu des avances alors qu’elles cherchaient à lever des fonds.

     

    Quelques jours plus tard, c’est un autre investisseur du secteur, Dave McClure, qui a avoué avoir « fait des avances à de nombreuses femmes dans des situations professionnelles ». Il avait intitulé son texte de mea culpa : « Je suis un tordu ».

     

    Toutes ces affaires éclatent trois ans après qu’Ellen Pao est devenue un symbole du sexisme supposé de la Silicon Valley en poursuivant pour discrimination son ex-employeur, KPBC, une société de capital-risque. Mais elle avait perdu son procès.













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