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    Nouvel espoir pour les personnes atteintes de myélome multiple

    Dr Jean Roy
    Photo: Pauline Gravel Dr Jean Roy

    On présente généralement le myélome multiple comme une maladie incurable qui ne laisse aux patients qu’un sursis d’environ sept ans. Or, un traitement novateur mis au point à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont permet désormais à 41 % des personnes qui en sont atteintes d’espérer une guérison complète.

     

    Le myélome multiple est un cancer de la moelle osseuse, où sont fabriquées toutes les cellules sanguines : globules rouges, globules blancs (cellules du système immunitaire) et plaquettes.

     

    Deuxième cancer du sang le plus fréquent après les lymphomes qui s’attaquent aux ganglions, le myélome multiple endommage aussi d’autres organes, tels que les os et les reins.

     

    Environ 5 personnes de 65 ans et 25 à 30 personnes de 75 ans sur 100 000 souffrent de cette maladie au Québec.

     

    L’hématologue Jean Roy, de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, recevra le Grand Prix du Collège des médecins pour le succès qu’il a obtenu avec une nouvelle approche thérapeutique, qui inclut la greffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH) provenant d’un donneur compatible et qu’il a expérimentée sur 92 personnes victimes de ce cancer.

     

    Traitement novateur

     

    Les patients reçoivent dans un premier temps le traitement standard, qui consiste d’abord en l’administration pendant 16 à 24 semaines d’un cocktail de médicaments destinés à diminuer la taille de la tumeur.

     

    On collecte ensuite des CSH du patient que l’on congèle. Puis, on donne au patient de hautes doses de chimiothérapie dans l’espoir de réduire au minimum la masse tumorale.

     

    Comme cette chimiothérapie détruit les cellules de la moelle osseuse, le patient souffre alors d’une carence en cellules immunitaires qui le rend très vulnérable aux infections. C’est pourquoi on lui injecte ses propres CSH afin qu’elles génèrent de nouvelles cellules sanguines, dont des globules blancs.

     

    Trois à quatre mois plus tard, on procède à une allogreffe. On prépare d’abord le patient à recevoir la greffe en lui administrant de petites doses de chimiothérapie qui visent à diminuer la vigueur de son système immunitaire afin que son organisme accepte les CSH du donneur.

     

    On lui prescrit aussi des immunosuppresseurs pour qu’il ne rejette pas le greffon, mais aussi pour empêcher que les cellules immunitaires qui émergeront du greffon voient les cellules du patient comme étrangères et s’y attaquent, ce qu’on appelle la réaction du greffon contre l’hôte.

     

    « Les cellules du donneur ne peuvent jamais être totalement compatibles avec le donneur, sauf dans les cas de jumeaux identiques », fait remarquer le Dr Roy.

     

    La greffe de CSH d’un donneur a pour but de donner au patient un nouveau système immunitaire plus vigoureux étant donné que le sien a failli à la tâche en laissant émerger et prospérer un cancer, souligne le chercheur.

     

    Grâce à l’ajout de l’allogreffe, 62 % des patients étaient toujours vivants dix ans après la fin du traitement, contre seulement 15 % des patients n’ayant pas reçu d’allogreffe. Bien que certains de ces 62 % eussent rechuté, on avait néanmoins réussi à les maintenir en vie.

     

    De plus, 41 % des patients ayant subi une allogreffe étaient guéris, contrairement à 10 % des patients n’ayant reçu que le traitement standard. Seul bémol, l’allogreffe s’accompagne d’un taux de mortalité de 10 % qui est en grande partie dû à la réaction du greffon contre l’hôte.

     

    Contrairement aux traitements pharmacologiques qui ne permettent que de contrôler la maladie, l’allogreffe permet d’espérer la guérison complète, ce qui n’est pas rien !













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