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    Le grand buffet du savoir

    6 mai 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Science et technologie
    Selon le président de l’Acfas, Frédéric Bouchard, les chercheurs du Québec collaborent entre institutions francophones et anglophones beaucoup plus étroitement que dans les autres provinces.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Selon le président de l’Acfas, Frédéric Bouchard, les chercheurs du Québec collaborent entre institutions francophones et anglophones beaucoup plus étroitement que dans les autres provinces.
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    « Lorsqu’on se promène au Congrès de l’Acfas, on a l’impression de voir en primeur la société de demain, déclare Frédéric Bouchard, président de l’Association francophone pour le savoir (Acfas). On est alors à la fine pointe de ce que seront les grands enjeux de demain, les grands défis de demain, mais aussi les grandes solutions de demain. »

     

    Pour ce professeur titulaire au Département de philosophie de l’Université de Montréal, le congrès annuel de l’Acfas est le grand buffet du savoir. « Je vous encourage tous et toutes à être gourmands et curieux, dit-il, et à essayer un peu de tout, puisque vous allez apprendre des choses dont vous ne soupçonnez même pas l’existence. »

     

    Lui-même s’amuse, depuis l’époque où il fréquentait le congrès en tant qu’étudiant, à se promener au hasard d’une conférence à l’autre. « Souvent, j’entre dans une salle pour écouter ce qui se dit, sans savoir de quoi on parle, raconte-t-il. Or, presque toujours, je tombe sur quelque chose de fascinant. »

     

    Et pour cause, puisqu’un congrès de l’Acfas présente plus de 3500 communications et 120 panels de discussion. Ces exposés sont répartis en six grandes thématiques qui illustrent l’étendue de la matière couverte : sciences de la santé ; sciences naturelles, mathématiques et génie ; lettres, arts et sciences humaines ; sciences sociales ; éducation, et colloques multisectoriels. On y présente en plus une centaine d’activités gratuites.

     

    « Il y a des trucs sur les grands enjeux de société — par exemple sur la radicalisation et sur le développement durable —, mais également des enjeux en histoire de l’art, en philosophie, en littérature… » résume M. Bouchard.

     

    Il nous lance même un défi : « Trouvez-moi un autre congrès où on réunit au même endroit des chercheurs, des élus, des décideurs et le milieu des affaires en plus du grand public ! »

     

    C’est dire que le congrès, comme l’Acfas elle-même, se veut un lieu de partage du savoir. « Et pas juste entre chercheurs, mais également avec la société, ajoute Frédéric Bouchard. Et ça, c’est vraiment la particularité de l’Acfas. »

     

    « Un congrès comme le nôtre, il n’y en a qu’une petite poignée à travers le monde, poursuit-il, mais le nôtre, c’est le plus grand rassemblement du genre dans l’espace francophone. »

     

    La science à la québécoise

     

    Cette année, le Congrès de l’Acfas — le 85e — se tient à l’Université McGill, du 8 au 12 mai. Ce « plus important rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche de la francophonie » accueillera des milliers de chercheurs et d’utilisateurs de la recherche provenant d’une trentaine de pays. Et pour la quatrième année consécutive, le congrès est placé sous le patronage de la Commission canadienne pour l’UNESCO.

     

    « C’est la troisième fois que l’Université McGill est l’hôte de notre congrès, rapporte avec satisfaction M. Bouchard, ce qui témoigne d’une réalité particulière — pour ne pas dire distincte — de la recherche comme elle se fait au Québec. »

     

    En effet, explique-t-il, plus que dans les autres provinces canadiennes, les chercheurs de toutes les universités et de tous les centres de recherche québécois collaborent entre eux. « Je dirais que les réseaux de collaboration de chercheurs vont au-delà des institutions et des langues parlées, explique-t-il. Et ça, c’est quelque chose de vraiment particulier au Québec. Nos chercheurs collaborent entre institutions francophones et anglophones beaucoup plus étroitement que dans les autres provinces. C’est une réalité distincte de la recherche au Québec. »

     

    C’est dire que les chercheurs de l’Université McGill font partie des réseaux de collaboration québécois dans toutes les disciplines, poursuit Frédéric Bouchard. « Et bien sûr qu’ils entendent parler de l’Acfas chaque année, ajoute-t-il. Par conséquent, nous étions ravis — mais nullement surpris — que McGill veuille participer à notre aventure… à la grande aventure d’organiser et de tenir un si gros congrès francophone. »

     

    Précurseurs de tendances

     

    Comme le relate Frédéric Bouchard, l’Acfas, qui existe depuis bientôt cent ans, s’est dès le départ démarquée de la plupart des autres associations scientifiques semblables en préconisant dès sa création l’interdisciplinarité et la multidisciplinarité en science.

     

    « Si vous allez dans un congrès de spécialistes, disons de biochimie, vous allez être entouré de biochimistes, et si vous allez dans un congrès de philosophes, vous allez être en très bonne compagnie entre philosophes, indique ce professeur de philosophie. Mais au congrès de l’Acfas, en une seule journée, vous entendrez parler de philosophie, de développement durable, de santé publique, du virus Zika, etc. ! »

     

    En outre, l’Acfas nous invite chaleureusement à assister à son congrès annuel, qui que nous soyons.

     

    « S’il y a une chose qui anime l’Acfas, rappelle son président, c’est bien le dialogue science et société. C’est un volet fondamental de notre action et, pour rendre ce dialogue possible, il faut que tout le monde vienne à la rencontre des chercheurs. »

     

    Frédéric Bouchard indique que le congrès de cette année offrira ainsi une douzaine de grandes activités « grand public » et plus de 700 communications libres. « Il s’agit donc de conférences gratuites et ouvertes à tous », dit-il.

     

    « J’encourage bien sûr tout le monde à prendre part à nos activités grand public, poursuit-il, mais j’encourage également tous ceux et celles qui le peuvent à s’inscrire au volet payant du congrès afin de voir la richesse et la diversité de tout ce que la science en français a à offrir. »

     

    En fin de compte, conclut le philosophe, l’Acfas cherche à montrer que la recherche scientifique sert « à enrichir nos vies — le sens qu’on donne à notre vie — ainsi qu’à contribuer au développement de nos sociétés ».













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