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    Donner une voix aux femmes scientifiques

    29 avril 2017 | Etienne Plamondon Emond - Collaboration spéciale | Science et technologie
    La professeure au Département de génie mécanique de l’Université de Sherbrooke Eve Langelier signale que le silence des femmes scientifiques les rend moins visibles pour les jeunes.
    Photo: iStock La professeure au Département de génie mécanique de l’Université de Sherbrooke Eve Langelier signale que le silence des femmes scientifiques les rend moins visibles pour les jeunes.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    « Avant j’aurais dit : “Je ne suis pas la meilleure personne pour vous répondre.” Maintenant, je réponds », lance à l’autre bout du fil Eve Langelier, professeure au Département de génie mécanique de l’Université de Sherbrooke, en entrevue avec Le Devoir.

     

    Depuis qu’elle est devenue titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec (CFSG), il y a deux ans, elle prend la parole sans hésiter lorsque des journalistes lui posent des questions. Mais elle se souvient de son ancien réflexe de les diriger vers des collègues masculins qu’elle croyait mieux qualifiés, souvent en raison d’un manque de confiance en elle. « Il y a un impact à ce réflexe », reconnaît-elle aujourd’hui. Elle note que « les femmes ne prennent pas leur place dans les communications et ne sont pas visibles ».

     

    Le 5 mai prochain, dans le cadre des Journées internationales de la culture scientifique, elle prendra part à une table ronde sur les enjeux de communication pour les femmes dans le domaine des sciences et du génie à l’Université McGill. « C’est important de s’exprimer, parce qu’on pense différemment et on amène d’autres points de vue, d’autres préoccupations que ceux des hommes. Les femmes doivent faire partie de cette conversation, souligne-t-elle. En sciences et en génie, comme les femmes sont moins nombreuses, c’est encore plus important qu’elles prennent leur place. »

     

    De plus, Mme Langelier signale que lorsque les femmes scientifiques gardent le silence, « elles sont moins un modèle visible pour les jeunes ». Simplement en racontant dans ses cours les embûches qu’elle a rencontrées et surmontées durant sa carrière, elle affirme avoir reçu des témoignages d’étudiantes venues lui dire qu’elles voyaient en elle un modèle.

     

    À ses yeux, le choix des mots joue aussi un rôle pour attirer des femmes dans ces milieux encore majoritairement masculins. Dans une capsule vidéo publiée sur le site Internet de sa chaire, Mme Langelier indique que, lorsqu’elle visite des écoles, elle s’attarde à la portée sociale des carrières en sciences et en génie pour davantage intéresser les filles.

     

    Parmi les solutions, Mme Langelier évoque les démarches de Shari Graydon dans les provinces anglophones du Canada. Cette dernière a fondé l’organisme à but non lucratif Informed Opinions, dont la mission consiste à accroître la présence des femmes dans la sphère publique, notamment à l’aide du site Internet ExpertWomen (expertwomen.ca). Cette plateforme répertorie les femmes scientifiques pour les encourager à se prononcer et pour inciter les journalistes à faire davantage appel à elles, question de ne pas se limiter à des points de vue d’hommes lorsque vient le temps de mettre en contexte des enjeux dans les médias.













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