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    Ottawa doit réinvestir en recherche fondamentale

    Un comité d’experts suggère d’ajouter 485 millions sur quatre ans

    Le Canada a diminué ses dépenses en recherche et développement depuis une quinzaine d’années.
    Photo: iStock Le Canada a diminué ses dépenses en recherche et développement depuis une quinzaine d’années.

    Le gouvernement fédéral doit de toute urgence procéder à un important réinvestissement en recherche fondamentale si le Canada veut rattraper le retard qu’il a accumulé au cours de la dernière décennie, souligne le rapport déposé lundi par le Comité consultatif sur l’examen du soutien fédéral à la science fondamentale.

     

    En juin 2016, la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, a confié à un comité d’experts le mandat d’examiner le financement — et son mode d’attribution — que le gouvernement fédéral accorde aux sciences fondamentales. Au cours de cet examen, les experts ont confirmé que les dépenses intérieures brutes en R et D du Canada ont lentement diminué au cours des 15 dernières années, contrairement aux autres pays du G7 et aux principaux pays d’Asie orientale. De plus, « les scientifiques désirant mener une recherche complètement indépendante ont vu les ressources réelles par chercheur baisser d’environ 35 % » entre 2006-2007 et 2013-2014. Ces réductions se sont traduites par une diminution de la production de publications de recherche au Canada, qui s’est ainsi fait doubler par l’Italie et l’Inde.

     

    Le comité d’experts presse donc le gouvernement fédéral d’augmenter son investissement dans la recherche indépendante de 485 millions échelonnés sur quatre ans afin de redresser le déséquilibre causé par des investissements ayant favorisé surtout la recherche ciblée.

     

    Les experts ont par ailleurs découvert que les trois conseils subventionnaires, que sont les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) n’avaient fait l’objet d’aucune évaluation externe, soit par des arbitres internationaux, depuis 1970. Lors des consultations qu’ils ont menées, les experts ont été informés du « manque de cohérence dans la gouvernance de ces organismes »« les préférences de chacun de leurs présidents jouent un rôle prépondérant », des pratiques d’évaluation par les pairs qui ont souvent divergé, et de l’inefficacité de plusieurs programmes de subvention.

     

    Le comité d’experts recommande donc au gouvernement de créer un conseil consultatif national indépendant sur la recherche et l’innovation qui aurait notamment la responsabilité de superviser les organismes fédéraux de recherche et d’« améliorer les processus d’évaluation continue des programmes ».

     

    Le comité d’experts estime important de procéder à un examen plus rigoureux des ententes actuelles et futures avec des organismes externes, comme Génome Canada ou Mitacs, et d’effectuer des évaluations périodiques de ces organismes tiers qui reçoivent des fonds du gouvernement fédéral. « Tout le monde dit que ces organismes sont bons mais il n’y a pas de suivi sur leur gouvernance et sur la valeur ajoutée [qu’il génère] », affirme le Scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, qui est membre du comité.

     

    Les experts ont aussi constaté que la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) a subventionné de grandes infrastructures scientifiques qui ne s’inséraient « pas vraiment dans une stratégie globale pour le Canada ». « Les octrois sont souvent très politiques », a souligné M. Quirion. « De plus, la FCI accorde généralement un financement pour 4 à 5 ans et ne se préoccupe pas du devenir de l’équipement qu’elle a permis d’acquérir ». Le comité croit que si la FCI accepte de subventionner une infrastructure, elle devrait également assumer la mise à jour de cet équipement, les frais de fonctionnement, incluant le salaire du personnel.

     

    « On espère que le gouvernement prendra acte de nos recommandations et réinvestira en recherche fondamentale », lance Rémi Quirion. Pour sa part, la ministre Duncan a remercié le groupe d’experts et les « nombreuses personnes qui ont exprimé leurs points de vue durant les consultations publiques et les tables de discussions menées par le groupe d’experts ». Elle se dit déterminée à définir un modèle dans lequel « le soutien fédéral à la recherche fondamentale sera stratégique et efficace ».













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