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    Université Bishop’s

    Les tiques démasquées et répertoriées sur un site Web

    8 avril 2017 | Réginald Harvey - Collaboration spéciale | Science et technologie
    Jade Savage, professeure titulaire au Département des sciences biologiques de l’Université Bishop's, entourée d’étudiants lors d’une séance en laboratoire
    Photo: Source Université Bishop’s Jade Savage, professeure titulaire au Département des sciences biologiques de l’Université Bishop's, entourée d’étudiants lors d’une séance en laboratoire
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
     

    Les tiques transmettent chez l’humain la maladie de Lyme, dont le nombre de victimes s’est accru au cours des dernières années : sans pour autant que la situation soit alarmante, elle s’avère préoccupante. Ces minuscules parasites gagnent donc à être débusqués et mieux connus pour éviter qu’ils entrent hypocritement en contact avec leurs hôtes. Un nouveau site Internet nous permettra bientôt de partir à la chasse aux tiques.


    Professeure titulaire au Département des sciences biologiques de l’Université Bishop, Jade Savage élabore présentement un site Web portant sur une description des tiques et de leurs milieux de vie au Québec et dans l’ensemble du pays (eTick.ca). Elle a lancé ce projet sur lequel elle travaille en collaboration avec le Laboratoire de santé publique du Québec et l’Agence de la santé publique du Canada.

     

    Elle s’intéresse depuis sa tendre enfance — en fait depuis l’âge de quatre ans — à l’univers des insectes et des arthropodes ; filet en main, elle en capturait déjà plusieurs variétés en bas âge : « Ma mère se montrait très compréhensive ; elle me fournissait même en pots Masson, et j’avais le droit de rentrer toutes les bibittes qui grouillaient dans la maison. »

     

    Elle demeure fascinée par ces bestioles, dont elle mesure l’importance sur Terre : « Sept animaux sur dix sont des insectes ou des arthropodes, ce qui s’avère la composante majeure de notre biodiversité. » Cette composante reste pourtant la plus négligée sur le plan de la recherche.

     

    Son intérêt professionnel porte principalement sur les groupes de mouches, dont plusieurs espèces sont associées à des problématiques de santé publique : « Elles peuvent être des vecteurs de maladies ou causer des pertes agricoles et ont un impact sur nos vies ».

     

    La professeure a commencé à donner un cours d’entomologie médicale il y a environ une dizaine d’années. Au fil du temps, les spécialistes se sont mis à parler de plus en plus de la maladie de Lyme, de son évolution rapide, ce qui la poussa à modifier son cours et à s'intéresser de plus près aux tiques.

     

    À la chasse aux tiques

     

    Elle côtoie par la suite des gens, tant du côté fédéral que provincial, qui sont chargés de l’étude de cette maladie : « Ce qui m’intéresse alors, ce n’est pas tant la maladie que l’insecte lui-même, qui, au fait, n’en est pas un : les tiques sont des arthropodes et des cousins des araignées ; elles ont huit pattes tout comme celles-ci. » La chercheuse traque la cause de la maladie de Lyme, les tiques en elles-mêmes, plutôt que ses effets.

     

    En échangeant avec des collègues de la santé publique, la professeure s’est rendu compte qu’il existe très peu d’expertise diagnostique sur la maladie ; en contrepartie, il y a beaucoup de pression qui est exercée sur le système de santé en place parce que les laboratoires reçoivent de plus en plus de tiques d’une année à l’autre.

     

    Elle se rend de plus compte que l’information sur ce sujet fait défaut en général et « qu’il est difficile d’en obtenir ». Comme elle souhaitait depuis longtemps fournir des outils d’identification au grand public, elle s’inspire de cette expérience dans sa démarche d’information sur les tiques : « Ces outils demandent peu de formation et s’adressent à des gens qui ne sont pas des experts. »

     

    Jade Savage se tourne alors vers la réalisation d’un collègue de l’Insectarium de Montréal, le docteur en entomologie Maxim Larrivée, qui a développé le site eButterfly pour bâtir son projet : « Le concept est au fond assez simple ; les gens prennent des photos de papillons, essaient de les identifier et les soumettent sur le site Web. Par la suite, un expert confirme l’identification originale. »

     

    Des papillons, on passe aux tiques : « L’idée de base était la même. Le programmeur embauché pour développer eTick est d’ailleurs le même qui avait réalisé eButterfly. Les gens sont invités à prendre des photos de tiques qu’ils découvrent dans l’environnement ou sur leurs animaux. »

     

    Elle apporte cette nuance : « Notre initiative est un peu différente dans le sens où on ne s’adresse pas à des gens qui connaissent bien les tiques, contrairement à eButterfly, qui est destiné à de véritables amateurs de papillons. »

     

    Le site est maintenant prêt et devrait être lancé officiellement autour du 15 avril. Elle dégage l’objectif principal du projet : « Il consiste à documenter les populations des différentes espèces de tiques. On a une douzaine d’espèces de celles-ci au Québec et une seule d’entre elles peut transmettre la maladie de Lyme. On veut suivre de plus près ces populations, dont celle de la tique à pattes noires, qui est le vecteur de la maladie ; on veut obtenir plus de données par l’entremise des gens qui les chassent, qui font du camping et qui se promènent dans la nature. »

     

    Le grand public est en mesure de couvrir beaucoup plus de territoire que ce qui est obtenu actuellement par les outils qui ont été mis en place : « Il est en mesure de ratisser beaucoup plus large et, en retour, les informations recueillies apparaissent sur une carte ; tout est géoréférencé, de telle sorte qu’il sera possible de déterminer les endroits où les gens récoltent beaucoup de tiques ; cette information-là n’est pas disponible pour le public actuellement. »

     

    Celle-ci s’avère particulièrement importante dans un contexte où la distribution des populations présente des variables constantes en raison de facteurs comme les changements climatiques, l’abattage de forêts, la construction de chemins.


    Clic sur la tique Les origines de la tique remontent à 200 millions d’années.

    Il existe une douzaine d’espèces de tiques au Québec, dont trois qui présentent un danger de transmission de maladie à l’humain.

    Une grande partie de la vie de la tique consiste à attendre qu’un hôte, petit ou gros mammifère, se présente afin de s’abreuver de son sang.

    Toutes petites, elles logent sur de petits mammifères chez qui elles vont acquérir la bactérie qui cause la maladie.

    L’humain n’est pas l’hôte préféré des tiques, peu importe leur espèce. S’il attrape une tique, c’est par accident. Il se trouve à la mauvaise place au mauvais moment.

    La densité des tiques à pattes noires (maladie de Lyme) augmente beaucoup d’année en année en raison des facteurs climatiques, qui semblent jouer un rôle à cet égard. Sans parler d’explosion, on parle de croissance rapide.

    Il y a aussi davantage d’endroits où se trouvent des tiques, ce qui augmente les risques pour les humains.

    On les trouve là où il y a de la végétation et des petits mammifères. Généralement, elles sont en grand nombre au sol en bordure des forêts.

    Le site eTick.ca comporte un lien où il est possible d’accéder au mode d’emploi pour retirer une tique de l’épiderme assez facilement avec des pinces.












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