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    Et si les pharmaceutiques revenaient au Québec?

    8 avril 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Science et technologie
    La tradition du travail collaboratif, la créativité et la qualité de formation des chercheurs seraient des atouts indéniables pour un renouveau dans la recherche réalisée par les pharmaceutiques, selon le Dr Rénaldo Battista, directeur scientifique du Fonds de recherche du Québec-Santé (FRQS).
    Photo: iStock La tradition du travail collaboratif, la créativité et la qualité de formation des chercheurs seraient des atouts indéniables pour un renouveau dans la recherche réalisée par les pharmaceutiques, selon le Dr Rénaldo Battista, directeur scientifique du Fonds de recherche du Québec-Santé (FRQS).
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Comme pour une foule d’autres sphères de la médecine, l’oncologie est un domaine de recherche qui évolue très rapidement.

     

    Selon le Dr Rénaldo Battista, directeur scientifique du Fonds de recherche du Québec-Santé (FRQS), l’une des grandes tendances observées dans le domaine médical est la médecine personnalisée. « Il s’agit d’en arriver à un arrimage efficace entre un patient qui a un problème spécifique et la thérapie qui lui convient le mieux », explique-t-il.

     

    Ainsi, en oncologie, on dispose d’une panoplie d’interventions possibles, mais l’un des problèmes les plus sérieux est le fait que celles-ci attaquent aussi bien les cellules cancéreuses que les cellules saines — ce qui provoque bien sûr la perte des cheveux, mais, surtout, une foule de complications. « On cherche donc à concevoir des thérapies de plus en plus ciblées contre la maladie, mais sans avoir d’impact sur les cellules saines », indique le Dr Battista.

     

    Notons que ce docteur n’est pas oncologue, mais qu’à titre de directeur scientifique du fonds qui subventionne la recherche en santé au Québec, il possède la vision d’ensemble de tout ce qui se fait comme recherche en la matière.

     

    Rénaldo Battista détient un doctorat en médecine de l’Université de Montréal ainsi qu’une maîtrise en santé publique et un doctorat en politiques et gestion de la santé. Jusqu’à sa nomination en 2012 comme directeur scientifique du FRQS, il était directeur du Département d’administration de la santé de l’Université de Montréal en plus d’être le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé.

     

    « Notre objectif au FRQS, c’est de faire en sorte que nos chercheurs se développent et disposent d’une infrastructure qui leur permet d’être très compétitifs sur la scène nationale et internationale, précise-t-il. On appuie les chercheurs à l’aide d’un important programme de bourses, en plus de financer 18 réseaux de recherche. »

     

    Un bel espoir qu’observe ce scientifique dans la lutte contre le cancer est ce qu’on appelle l’immunothérapie, c’est-à-dire la mise au point de thérapies qui mettent à profit le système immunitaire du patient dans sa lutte contre le cancer. « Ça, c’est un domaine qui se développe très rapidement en ce moment », souligne-t-il.

     

    Justement, nos chercheurs sont à la fine pointe en immunothérapie, notamment grâce aux travaux réalisés à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) et au Centre de recherche de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Ceux-ci viennent d’ailleurs d’organiser un important congrès sur la médecine régénérative et l’utilisation des cellules souches.

     

    Les atouts du Québec

     

    Non seulement le Québec possède-t-il des équipes de chercheurs en oncologie de calibre international, mais celles-ci ont même développé une réputation enviable, rapporte Rénaldo Battista.

     

    « L’une des forces souvent mentionnées par les collègues de l’extérieur, lorsqu’ils regardent ce qui se passe au Québec en recherche scientifique, c’est qu’on a une tradition de travail collaboratif. » Entre autres, le Québec a été le premier endroit au Canada où on a créé, il y a une trentaine d’années, des réseaux de recherche. « Il y a donc ici cette volonté, cette facilité et cette compréhension du travail en réseau, où on se rend compte que si on travaille ensemble, on est beaucoup plus forts que séparément et en compétition. »

     

    Une autre force, poursuit-il, est le fait que les Québécois sont réputés dans une foule de domaines comme étant extrêmement créatifs. « On observe vraiment une grande créativité de la part de nos chercheurs qui sont à la fine pointe », observe celui qui chapeaute la recherche en santé au Québec.

     

    En outre : le Québec est un lieu de formation de très haut niveau. « La qualité de formation de nos chercheurs ainsi que la qualité de nos programmes de deuxième et troisième cycles sont reconnues, déclare le Dr Battista. Même chose concernant la qualité des travaux que nous faisons non seulement en recherche fondamentale, mais également en recherche clinique — des travaux de très, très haut niveau. »

     

    Le retour des pharmaceutiques ?

     

    Selon le directeur scientifique du FRQ-Santé, ces atouts pourraient bien faire en sorte qu’on assistera bientôt à un renouveau dans la recherche réalisée par les grandes pharmaceutiques.

     

    « Il y a quinze ou vingt ans, nombre de compagnies pharmaceutiques ont conclu qu’il leur en coûterait beaucoup moins cher de faire de la recherche clinique dans les pays en développement, rapporte le Dr Battista. Mais je pense que le pendule est en train de basculer, puisqu’on se rend compte qu’il y a des problèmes de qualité des données et de crédibilité scientifique. C’est dire que les pharmaceutiques se rendent compte qu’il y a un coût associé au manque de qualité et que, sans qualité, on ne peut aller très loin. »

     

    Voilà qui pourrait expliquer l’intérêt des pharmaceutiques à revenir faire de la recherche au Canada, et au Québec en particulier, d’observer le directeur scientifique du Fonds de recherche du Québec-Santé. « Après tout, on est reconnus pour la grande qualité de ce que nous faisons ici », résume-t-il.

     

    « L’industrie est en pleine transformation, observe-t-il, et nous voyons que leur plan d’affaires change. »

     

    Par ailleurs, alors qu’autrefois, les pharmaceutiques disposaient de leurs propres capacités de recherche à l’interne, elles tendent à présent à s’appuyer sur des centres et des équipes de recherche qui existent à l’externe.

     

    Du coup, elles constatent que le Québec a fait d’énormes investissements dans trois centres hospitaliers universitaires — le CUSM, le CHUM et le CHU Sainte-Justine. « On a donc développé ces dernières années des infrastructures de recherche qui sont vraiment top niveau, déclare le Dr Battista. Il s’agit à n’en point douter d’infrastructures du XXIe siècle, alors même que la conjoncture évolue… en notre faveur ! »













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