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    Le Québec se dote d’un Oncopole

    8 avril 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Science et technologie
    Malgré le bon développement du secteur de la recherche en oncologie, l’Oncopole est né du constat que les expertises et les compétences sont tout de même morcelées dans différentes institutions, dans différentes universités ainsi qu’à différents niveaux.
    Photo: iStock Malgré le bon développement du secteur de la recherche en oncologie, l’Oncopole est né du constat que les expertises et les compétences sont tout de même morcelées dans différentes institutions, dans différentes universités ainsi qu’à différents niveaux.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Le 15 février dernier, le Fonds de recherche du Québec-Santé (FRQS) a annoncé la création de l’Oncopole, un pôle de recherche, de développement et de commercialisation visant à accélérer la lutte contre le cancer.

     

    « Il s’agit d’une structure de concertation, explique le Dr Rénaldo Battista, directeur scientifique du FRQS. L’Oncopole s’oriente vers l’action, vers le développement, vers la mise en marché et vers l’amélioration des pratiques médicales en oncologie. Nous serons vraiment très, très proactifs ! »

     

    Cette structure légère rassemble chercheurs et spécialistes provenant du gouvernement, des centres de recherche et de médecine clinique ainsi que du privé dans un processus de cocréation. D’ailleurs, au cours de la dernière année, plus de 50 experts ont été appelés à collaborer afin d’établir les priorités du nouvel organisme.

     

    C’est ainsi que la mission de l’Oncopole comporte quatre volets, dont en premier lieu la recherche en oncologie, ayant pour objectif d’amplifier les synergies entre les groupes de recherche existants. Le deuxième volet porte sur l’entrepreneuriat et la commercialisation ou, comme l’explique le Dr Battista, « comment partir des développements de la recherche pour mettre en marché des produits et thérapies ». Le troisième volet concerne la « pertinence clinique », c’est-à-dire une réflexion continue sur les choix qui devront se faire en fonction des résultats qui émergeront des deux premiers volets. Enfin, le quatrième volet concerne la formation des chercheurs, des étudiants et des spécialistes.

     

    Incidemment, le Fonds de recherche du Québec–Santé, qui pilote le projet, a pour fonction de soutenir la recherche en santé au Québec en octroyant près de 100 millions à des chercheurs et à des étudiants à la maîtrise, au doctorat et au postdoctorat. Bon an mal an, le FRQS distribue 300 subventions à quelque 3000 chercheurs et 6500 étudiants. « Dès 1964, le Québec a été novateur en devenant la première province à se doter d’un organisme public qui finance la recherche dans le domaine de la santé », rappelle le directeur scientifique du FRQS. En outre, l’organisme subventionnaire investit près de 40 % de ses ressources dans la formation de chercheurs, « ce qui fait que le Québec est reconnu mondialement pour la qualité de ses chercheurs », renchérit-il.

     

    Coup de pouce de Merck

     

    Le point de départ du projet d’Oncopole, explique le Dr Battista, a été de constater que si au Québec, l’oncologie est un secteur de recherche très développé, les expertises et les compétences sont tout de même morcelées dans différentes institutions, dans différentes universités ainsi qu’à différents niveaux. « En partant de ce constat, on s’est dit qu’il serait intéressant d’imaginer un projet qui engendrerait une synergie encore plus grande entre toutes les personnes qui oeuvrent en oncologie. » Cette synergie vise en fait à positionner le Québec encore plus avantageusement sur la scène nationale et internationale.

     

    L’idée d’une telle synergie circulait depuis des années, souligne-t-il, et le défi consistait à trouver le financement nécessaire pour la mettre en oeuvre.

     

    Or, il y a deux ans, rapporte le Dr Battista, il y a eu un « concours de circonstances » qui a fait que le ministre de la Santé Gaétan Barrette, le scientifique en chef Rémi Quirion et les gestionnaires du FRQS ont été mis en contact avec les dirigeants de la pharmaceutique Merck. « On s’est alors dit qu’il serait fort intéressant de travailler ensemble pour créer un modèle inédit de collaboration entre une firme privée et un organisme subventionnaire public. Il nous fallait imaginer quelque chose de nouveau, de réellement novateur. »

     

    Et très rapidement par la suite ont été impliqués des experts de la communauté scientifique, du ministère de la Santé et de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux, ainsi que des représentants de la société civile. « Plusieurs regroupements de patients nous ont apporté une perspective citoyenne », précise le Dr Battista.

     

    En outre, à l’occasion d’une rencontre avec la haute direction de Merck International, au New Jersey, le Dr Battista s’est fait dire que la pharmaceutique, implantée dans plus de 150 pays, avait recensé une dizaine d’endroits dans le monde, dont le Québec, où elle désirait investir dans des activités novatrices. « C’est dire qu’à l’international, le Québec est perçu comme un endroit novateur où existe une capacité d’interaction entre le gouvernement, le public, le privé, les universités ainsi qu’une mobilisation citoyenne », résume-t-il.

     

    L’union du public et du privé

     

    C’est ainsi que Merck a décidé d’investir 5 millions par année, ces trois prochaines années, dans le projet d’Oncopole.

     

    Rénaldo Battista soutient néanmoins que le géant pharmaceutique « investit sans aucune velléité de pousser des produits précis. C’est tout à fait clair, insiste-t-il, l’Oncopole ne travaille pas sur les produits de Merck ». L’entreprise se positionnera toutefois au coeur de tout ce qui se fait au Québec comme recherche de pointe.

     

    C’est dire que chaque année, 5 millions s’ajoutent aux fonds dévolus aux recherches sur le cancer, ajoute avec satisfaction le directeur scientifique du FRQS, alors que d’autres partenaires se profilent à l’horizon. « L’Oncopole est un projet qui engendre beaucoup, beaucoup d’intérêt de la part de partenaires privés », dit-il. De plus, des discussions se poursuivent « avec des collègues qui sont au gouvernement » afin de voir si on ne pourrait pas augmenter les contributions publiques dans le contexte de l’Oncopole.

     

    « L’Oncopole est un projet qui arrive au bon moment, conclut-il, puisque tous les acteurs de la communauté sont prêts à faire en sorte que le Québec brille sur la planète oncologie. C’est une aventure très excitante que le monde regarde comme quelque chose de véritablement novateur et qui a un potentiel extraordinaire. »













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