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    La banque de cerveaux de l'Institut Douglas sera plus sélective

    La recherche, sur l’Alzheimer notamment, profitera des nouvelles façons de faire

    La Banque Douglas — Bell Canada a établi de nouveaux critères pour choisir les cerveaux qu’on veut lui léguer à des fins de recherche.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Banque Douglas — Bell Canada a établi de nouveaux critères pour choisir les cerveaux qu’on veut lui léguer à des fins de recherche.

    La plus grande banque de cerveaux du Canada qui est située à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas n’accepte plus tous les dons qui lui avaient été consentis par des citoyens désirant léguer leur corps à la science dans le but de faire avancer la recherche scientifique. La Banque Douglas — Bell Canada privilégie désormais les cerveaux de personnes ayant participé à des projets de recherche portant sur des maladies affectant le cerveau en raison de la plus grande quantité d’informations cliniques associées à ces cerveaux, informations qui facilitent et accélèrent ensuite grandement la recherche.

     

    Avec plus de 3500 spécimens, la Banque de cerveaux Douglas — Bell Canada est la plus importante en son genre au Canada et la seule qui offre aux chercheurs des échantillons cérébraux provenant d’individus ayant souffert d’une maladie psychiatrique ou neurologique. Jusqu’à récemment, la banque recueillait tous les cerveaux qui lui étaient légués par des citoyens ayant manifesté leur désir de donner leur cerveau après leur mort. Grâce à ce programme de don universel, « on se retrouvait avec cinq à six cerveaux par semaine et nous n’avions pas la main d’oeuvre nécessaire pour les préparer adéquatement », fait remarquer le directeur de la banque, Naguib Mechawar. Pour cette raison, la banque a choisi de concentrer ses efforts sur les cerveaux de personnes ayant consenti au don de leur cerveau mais qui ont aussi participé à des projets de recherche ou à des études cliniques. « Cela nous permet d’obtenir des cerveaux qui sont encore mieux caractérisés que ceux de personnes ne participant à aucune étude et sur lesquels on détient moins d’informations », affirme M. Mechawar.

    Le cerveau post-mortem de ces personnes va décupler notre compréhension [de la maladie d'Alzheimer]
    Naguib Mechawar

    Ainsi, la banque recueille les cerveaux des personnes ayant participé au Consortium pour l’identification précoce de la maladie d’Alzheimer (CIMA-Q), une étude longitudinale menée par plus de 90 chercheurs et cliniciens québécois qui a pour objectif d’évaluer les effets du vieillissement sur le cerveau et de trouver les facteurs qui contribuent à la maladie d’Alzheimer. Le CIMA-Q recrute continuellement des personnes de 65 ans et plus qui acceptent de subir périodiquement des tests psychologiques, des prises de sang, voire des scanographies pendant le reste de leur vie. « Toutes ces informations cliniques sont très précieuses pour comprendre le vieillissement et le développement de la maladie d’Alzheimer. Le cerveau post-mortem de ces personnes va décupler notre compréhension », souligne Naguib Mechawar.

     

    Depuis deux ans, la banque de cerveaux entretient également une collaboration avec la clinique de SLA qui se spécialise dans le suivi et le traitement d’individus atteints de la sclérose latérale amyotrophie (SLA), aussi connue sous le nom de maladie de Lou-Gehrig, du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). « En plus des patients qui sont suivis ou qui participent au projet de recherche, on reçoit également le consentement de membres de leur famille qui ne sont pas atteints de la maladie et qui constituent des sujets témoins pour nos études », indique le chercheur qui s’intéresse aux troubles de l’humeur à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas.

     

    La Banque Douglas — Bell Canada a par ailleurs maintenu son entente avec le bureau du coroner, ce qui lui permet de recueillir les cerveaux de personnes souffrant de maladies psychiatriques ou neurologiques et de personnes saines qui sont décédées accidentellement.

     

    Ces différents partenariats comblent amplement les besoins en cerveaux de la banque qui reçoit de deux à trois cerveaux par semaine. C’est la raison pour laquelle les responsables ont décidé d’abandonner le programme de don universel, et qu’ils ont informé par lettre les personnes ayant signifié leur intention de donner leur cerveau à la banque que leur legs ne sera pas honoré. « Notre décision a été motivée par le désir de maximiser la qualité de la recherche pouvant être effectuée avec nos échantillons cérébraux. En s’assurant que chaque don de cerveau soit dorénavant accompagné d’un grand nombre de données scientifiques et cliniques ante-mortem, les questions de recherche pouvant être abordées post-mortem s’élargissent considérablement », explique M. Mechawar.

     

    Ce dernier n’attribue pas cette décision à une réduction du financement de la banque. Ces dernières années, la banque a bénéficié d’une importante subvention de Bell Canada qui « a notamment permis d’agrandir et de moderniser les infrastructures de la banque ». « Le coeur de notre budget provient du Fonds de recherche du Québec — Santé (FRQS), qui a permis à la banque de se développer et de survivre pendant des décennies. Mais rien ne nous permet de dire que le financement de la plate-forme et de son personnel est assuré pour de bon. On a toujours réussi à trouver le financement nécessaire mais comme pour les projets de recherche, le financement des plateformes de recherche est un défi perpétuel. Nous travaillons présentement à essayer de sécuriser le financement pour 2018 et les années subséquentes », a-t-il précisé.













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