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    Aéronautique

    Cinquante satellites à la conquête de l’« ignorosphère »

    14 mars 2017 |Fabien Goubet - Le Temps | Science et technologie
    Les microsatellites CubSats vont explorer l'ignorosphère.
    Photo: Les microsatellites CubSats vont explorer l'ignorosphère.

    Une flotte de cinquante microsatellites construits par des étudiants va quadriller la Terre durant un an. L’objectif : explorer les couches encore inconnues de notre atmosphère.


    L’ignorosphère. Voilà comment est parfois surnommée cette couche de l’atmosphère située entre 50 et 300 kilomètres au-dessus de nos têtes. Comme son nom le laisse entendre, on ne sait rien ou presque de ce qui s’y passe. Les avions ne peuvent y voler. Les ballons ne peuvent y flotter. Et les satellites ne peuvent s’y maintenir bien longtemps. Si bien que les mesures et les données manquent cruellement aux scientifiques. Pourtant, la connaissance des phénomènes physico-chimiques qui se déroulent dans ce no man’s land éthéré aurait des implications concrètes avec des satellites restant plus longtemps en orbite ou des modèles climatiques plus précis.

     

    C’est donc avec pour objectif de combler ces lacunes qu’un projet international nommé QB-50 doit prochainement mettre en orbite à partir de la Station spatiale internationale (ISS) un réseau de cinquante microsatellites (ou CubeSats) fabriqués par des étudiants de 16 pays et consacrés à l’étude de ce royaume gazeux inconnu.

     

    L’ignorosphère est composée de deux couches atmosphériques bien différentes. La plus basse, la mésosphère, est un milieu très froid (jusqu’à -100 °C) où l’air est raréfié (sa densité est divisée par mille par rapport à celle régnant au niveau de la mer). La plus haute, la thermosphère, est bien plus chaude : les rayons UV réfléchis par la mésosphère chauffent, voire ionisent les gaz, ce qui fait grimper la température jusqu’à plusieurs centaines, voire milliers de degrés. C’est sur cette dernière que vont se concentrer les efforts des CubeSats de la mission QB-50.

     

    Boîte à chaussures

     

    À de telles altitudes, la navigation se complique énormément. Les ballons scientifiques ne peuvent flotter, l’air étant trop rare… mais trop présent pour y expédier d’onéreux satellites qui perdraient de l’altitude beaucoup trop rapidement et finiraient par se désintégrer. « Notre idée est donc d’envoyer des CubeSats pour aller là où les autres appareils ne peuvent se rendre », explique Davide Masutti, responsable du projet QB-50.

     

    Ces petits satellites, dont certains ne sont pas plus gros qu’une boîte à chaussures, offrent de multiples avantages. Plus légers (quelques kilos), ils coûtent environ 100 fois moins cher à expédier que leurs homologues habituels. Autrement dit, pour la moitié du coût d’un seul satellite, on peut mettre en orbite 50 CubeSats connectés en réseau.













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