Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    TDAH: la maturation du cerveau mise en cause

    Selon les chercheurs, les résultats de leur étude renforcent l’hypothèse selon laquelle le TDAH serait attribuable à un retard dans la maturation du cerveau.
    Photo: Anne-Christine Poujoulat Agence France-Presse Selon les chercheurs, les résultats de leur étude renforcent l’hypothèse selon laquelle le TDAH serait attribuable à un retard dans la maturation du cerveau.

    La plus grande étude d’imagerie cérébrale jamais réalisée sur le trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) met en évidence la présence de différences anatomiques dans le cerveau des enfants qui en sont atteints.

     

    Selon les auteurs de cette étude internationale publiée dans The Lancet Psychiatry, cette découverte confirme que le TDAH est un trouble neurobiologique et non pas un simple problème de comportement attribuable à la négligence des parents ou au mauvais caractère de l’enfant.

     

    Les chercheurs ont comparé le cerveau de 1713 personnes atteintes du TDAH à celui de 1529 individus sains. On avait recueilli par résonnance magnétique des images du cerveau des 3242 participants, qui étaient âgés de 4 à 63 ans. Les chercheurs ont alors remarqué que le volume du cerveau entier ainsi que celui de cinq régions cérébrales situées sous le cortex étaient plus petits chez les enfants présentant un TDAH que chez ceux qui en étaient exempts.

     

    Les différences observées dans les deux hémisphères étaient très petites, mais similaires à celles rapportées dans d’autres problèmes psychiatriques, tels que la dépression majeure et la maladie bipolaire.

     

    Trouble neurologique

     

    Parmi les structures qui sont apparues anormalement petites, l’amygdale, qui est impliquée dans la gestion des émotions, était la plus affectée, ce qui expliquerait « les problèmes de régulation des émotions qu’éprouvent un grand nombre de personnes atteintes du TDAH », soulignent les chercheurs.

     

    La taille réduite du noyau accumbens, qui joue un rôle important dans le traitement de la récompense, ainsi que de l’hippocampe serait quant à elle à l’origine du dérèglement de la motivation et des émotions chez les patients avec TDAH.

     

    Les chercheurs ont également noté que les différences de volume n’étaient associées ni avec la sévérité des symptômes ni avec la médication. Ainsi, les personnes qui étaient traitées avec des psychostimulants présentaient les mêmes différences de volume que celles qui ne l’avaient jamais été.

     

    De plus, les différences relevées dans le volume des cinq régions sous-corticales étaient très prononcées chez les enfants et presque inexistantes chez les adultes. Selon les chercheurs, une telle observation renforce l’hypothèse selon laquelle le TDAH serait attribuable à un retard dans la maturation du cerveau.

     

    « Même si les structures du cerveau qui sont clairement affectées chez l’enfant se normalisent chez les adultes, ces derniers présentent néanmoins toujours les symptômes du TDAH. Nous pensons que le développement du cerveau est en quelque sorte retardé chez les enfants atteints du TDAH et, compte tenu de ce retard durant l’enfance, leur cerveau demeurera probablement différent pour le reste de leur vie. Des différences seraient toujours présentes dans les connexions que les différentes régions du cerveau établissent entre elles. Nous avons en effet vu que la matière blanche du cerveau [qui correspond aux faisceaux entourés d’une matière isolante de couleur blanche qui relient les différentes régions du cerveau entre elles] présente encore des différences chez les adultes atteints du TDAH par rapport aux adultes normaux », explique la coauteure de l’étude Barbara Franke, professeure de psychiatrie moléculaire au Radboud University Medical Center, à Nijmegen, aux Pays-Bas.

     

    Même si l’étude ne permet pas de l’affirmer avec certitude, les volumes réduits de certaines structures cérébrales semblent être une caractéristique « héréditaire qui contribuerait d’une manière ou d’une autre au TDAH », avance Mme Franke. « Nous savons qu’en moyenne le TDAH est hautement héréditaire et que certains des gènes qui contribuent à son apparition sont impliqués dans le neurodéveloppement et l’établissement des connexions entre les différentes régions cérébrales. »













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.