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    Numérique et technologies

    Des données de masse, pour le meilleur et pour le pire

    19 novembre 2016 | Catherine Girouard - Collaboration spéciale | Science et technologie
    Environnement de travail chez Savoir-faire Linux, un leader en technologie ouverte au Canada
    Photo: Savoir-faire Linux Environnement de travail chez Savoir-faire Linux, un leader en technologie ouverte au Canada
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial

    En plus de partager la même langue et plusieurs réseaux d’affaires, Montréal et Lyon ont un autre atome crochu de taille : leurs maires voient tous deux très grand quant au développement de la ville intelligente. Car pouvoir capter et partager une multitude de données de masse comme on peut maintenant le faire ouvre la porte à l’innovation et à l’amélioration de plusieurs services… ainsi qu’à un lot de questions d’éthique et de sécurité non négligeable.

     

    Un panel regroupant des experts des deux côtés de l’Atlantique se penchera sur la question des données de masse durant le colloque Des données et des hommes. Usages et avenirs des données massives : risques et opportunités, organisé par les Entretiens Jacques Cartier. Alors que Lyon a été désignée comme « la ville la plus intelligente de France » après une étude de m2ocity et que le maire Denis Coderre s’est engagé à faire de Montréal la ville la plus intelligente du monde d’ici 2017, ce sujet est des plus pertinents pour les deux villes participantes.

     

    Un marché d’avenir

     

    Villes intelligentes, intelligence des objets, maisons intelligentes, santé personnalisée à distance… Si ces nouvelles technologies existent déjà, il est à prévoir qu’elles se développeront beaucoup plus encore au cours des prochaines années. « Les analystes prévoient une croissance de 25 à 30 % par année du marché des données massives jusqu’en 2020, et ça devrait s’accélérer encore par la suite », fait valoir Cédric Combey, vice-président ventes et marketing pour le Canada et les États-Unis chez OVH, une compagnie de solution infonuagique française qui a pignon sur rue à Montréal depuis 2012.

     

    « On est de plus en plus nombreux dans les villes ; qu’elles deviennent plus intelligentes est crucial pour leur bon fonctionnement et la qualité de vie des citoyens », continue M. Combey, parlant, entre autres, des possibilités d’améliorer la gestion de la circulation et du déneigement des rues.

     

    Les données massives peuvent aussi apporter des solutions intéressantes à des enjeux de société comme l’accès aux soins de santé, ajoute Cédric Combey. Des outils comme l’application PetalMD voient par exemple le jour. Ce client d’OVH offre un outil de gestion d’horaires, d’échanges de tâches et de messagerie sécurisée aux médecins et aux établissements de santé. « La plateforme permet une mise à jour en temps réel des horaires, des échanges entre les praticiens et une prise de rendez-vous par l’application, diminuant ainsi les pertes de temps », explique Cédric Combey, qui ajoute que 30 000 médecins utilisent déjà l’application au Québec et en Ontario.

     

    De nouveaux enjeux de sécurité

     

    « Il ne faut cependant pas sous-estimer les enjeux de sécurité rattachés à ce marché », souligne pour sa part Christophe Villemer, vice-président à la direction de Savoir-faire Linux, un leader en technologie ouverte au Canada.

     

    M. Villemer, qui sera membre d’un panel du colloque, rappelle la récente controverse autour de l’espionnage de journalistes, dont Patrick Lagacé. « Cette situation est emblématique, dit-il. L’écoute téléphonique n’a rien à voir avec le numérique et est une méthode vieille comme le monde, mais ça illustre qu’on communique avec une multitude d’outils sans avoir l’assurance que notre information n’est pas accessible. »

     

    Selon Christophe Villemer, les gens se sentent souvent peu concernés par ces enjeux de sécurité, mais à tort. « Pour citer Edward Snowden, dire qu’on n’a rien à cacher parce que notre vie privée est sans importance revient à dire que la liberté d’expression n’a pas d’importance parce qu’on n’a rien d’intéressant à dire », fait-il valoir. Mais plusieurs données sensibles, comme des renseignements médicaux et bancaires, circulent de plus en plus et doivent être bien protégées.

     

    Savoir-faire Linux propose alors une approche de sécurité par l’ouverture. « Ce n’est pas en fermant les systèmes, mais plutôt en travaillant sur l’ouverture du code et le partage de ces informations qu’on peut sécuriser davantage nos données. » Ainsi, au lieu de s’en remettre à une boîte de sécurité en qui on doit faire aveuglément confiance, cette approche d’ouverture transforme le système en livre ouvert et permet aux utilisateurs de voir eux-mêmes s’il y a des attaques. L’armée canadienne et l’armée américaine ont d’ailleurs adopté ce genre de système de sécurité.

     

    De nouveaux outils de communication comme Ring, aussi développé par Savoir-faire Linux, permettent quant à eux de ne pas passer par un tiers comme Skype, Facetime ou Hangouts, à qui on doit aussi faire aveuglément confiance. « Avec des outils comme Ring, on élimine un intermédiaire et la communication est directement établie entre deux personnes ou deux objets, de manière distribuée », explique M. Villemer.

     

    « En plus de l’aspect sécuritaire, il faut aussi penser au traitement éthique des données, ajoute Christophe Villemer. Aujourd’hui, les données de santé sont par exemple partagées entre un médecin et l’hôpital, et éventuellement avec le ministère de la Santé, mais demain, seront-elles aussi partagées avec les compagnies d’assurances ? Si oui, quelles informations seront données ? »

     

    Gérer de la quantité et de la qualité

     

    D’autres enjeux plus techniques sont aussi à considérer. « Le volume des données qu’on collecte explose et il faut pouvoir les stocker », affirme Cédric Combey d’OVH. Selon lui, le nuage informatique (le cloud) correspond tout à fait au stockage de données de masse. « Sa capacité de stockage est très facile à augmenter et le marché se tourne en bloc vers cette solution », ajoute-t-il.

     

    La qualité des données recueillies est aussi des plus importantes. « Si on veut en faire un usage utile et intéressant, il faut s’assurer à la base de l’intégrité et de la pertinence des données. » Mais aucune solution miracle n’existe. « Il faut que la question posée soit la bonne pour s’assurer de la qualité de la réponse reçue », dit M. Combey.

     

    De nouveaux métiers et spécialisations sont d’ailleurs créés autour du marché des données de masse, afin que l’information soit bien collectée, stockée et traitée.

     

    « Il y a beaucoup de belles choses qui se font déjà dans le domaine et on est encore qu’au début du chemin, s’enthousiasme Cédric Combey. Quand c’est bien fait, l’utilisation de données de masse améliore la vie de tout le monde. »













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