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    Astronomie

    «Super lune», super mythes

    La «super lune» vue depuis le centre-ville de Montréal
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La «super lune» vue depuis le centre-ville de Montréal

    Une extra « super lune » a illuminé le ciel lundi soir. Ce spectacle haut en couleur a longtemps été associé à diverses croyances : certains croient que le phénomène perturbera leur sommeil, que leurs cheveux pousseront plus vite, que davantage de catastrophes naturelles surviendront et que les accouchements seront plus nombreux.

     

    Même si l’astre lunaire sera 14 % plus gros et 30 % plus lumineux qu’à l’habitude lorsqu’il sera plein et à son périgée (au plus proche de la Terre), il y a peu de chance que cela ait des répercussions. Car, contrairement à la croyance populaire, les effets du cycle lunaire sur l’humain, les animaux et la nature sont de l’ordre de l’anecdote.

     

    Sans effet

     

    Au fil des années, Ivan Kelly, professeur émérite de l’Université de Saskatchewan, a publié de nombreuses méta-analyses et revues de la littérature sur le sujet. Toutes concluent que les preuves sont insuffisantes pour trancher en faveur d’un quelconque effet. Son constat : pour chaque étude positive publiée, d’autres aux résultats négatifs viennent la contredire.

     

    Par exemple, une étude parue dans la revue Sleep Medicine en 2015 conclut que le sommeil est moins profond et moins long lorsque la lune est pleine. Des résultats contredits par un groupe allemand qui, en réanalysant les données, peine à noter une telle corrélation, rapporte Libération. Selon les chercheurs, c’est parce qu’elles confirment une croyance populaire que de telles études sont publiées et médiatisées, tandis que celles qui ne concluent à rien restent lettre morte.

     

    Ce n’est d’ailleurs pas là le seul biais cognitif qui explique pourquoi les mythes sur la pleine lune ont la peau dure. Ainsi, il est plus facile de se souvenir qu’un événement exceptionnel, comme une hausse soudaine de nombre d’accidents, a eu lieu par un soir de pleine lune que par un soir de premier ou de dernier quartier.

     

    De la même manière, les chances sont plus fortes de juger comme réel un phénomène si les membres d’une même communauté partagent cette vue de l’esprit. Une étude parue en 2012 dans la revue savante General Hospital Psychiatry concluait d’ailleurs que « dans les urgences, 80 % des infirmières et 64 % des médecins croient que le cycle lunaire perturbe la santé mentale de leurs patients ».

     

    La même conclusion pourrait s’appliquer au nombre d’accouchements ou de suicides lors d’un soir de pleine lune.

     

    La prochaine « super lune » est prévue pour le 14 décembre prochain.













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