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    Philosophie et sciences de la vie

    Une nouvelle Chaire du Canada à l’UQAM

    5 novembre 2016 | Pierre Vallée - Collaboration spéciale | Science et technologie
    La Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie propose trois principaux axes de recherche. Le premier porte sur les principes de l’évolution chimique. Le second axe de recherche est l’épistémologie des concepts de la biodiversité. Le troisième et dernier axe de recherche est celui de l’explication en biologie.
    Photo: iStock La Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie propose trois principaux axes de recherche. Le premier porte sur les principes de l’évolution chimique. Le second axe de recherche est l’épistémologie des concepts de la biodiversité. Le troisième et dernier axe de recherche est celui de l’explication en biologie.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    L’UQAM accueille maintenant en son sein une toute nouvelle Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie. Logée au Département de philosophie, elle est dirigée par le professeur de philosophie des sciences, Christophe Malaterre. Cette Chaire du Canada se veut un lieu de réflexion pour philosophes et scientifiques, notamment dans le domaine de la biologie.

     

    « La philosophie des sciences, comme celle des sciences de la vie, est un dialogue entre les sciences et la philosophie, explique Christophe Malaterre. Le philosophe des sciences ne fait pas de sciences, par contre, il pose des questions sur les fondements de la science, ainsi que sur les méthodes scientifiques. Ce questionnement repose sur deux interrogations, l’une métaphysique et ontologique, c’est-à-dire ce qui existe dans le monde ; et l’autre, étiologique et épistémologique, c’est-à-dire ce qu’est connaître et ce qu’est une connaissance. La philosophie des sciences est une vieille tradition philosophique qui remonte à Aristote, on peut dire que c’est le fondement naturaliste de la philosophie. La philosophie des sciences a particulièrement essaimé au milieu du vingtième siècle, grâce à l’école du positivisme logique. »

     

    Trois axes de recherche

     

    La Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie propose trois principaux axes de recherche. Le premier porte sur les principes de l’évolution chimique. En sciences, l’évolution chimique est la notion utilisée pour chercher à expliquer comment la matière inerte a pu évoluer en matière vivante sur la Terre primitive. En d’autres termes, comment des molécules inertes ont pu évoluer pour devenir des molécules vivantes. « L’évolution chimique est donc au centre de ce que nous appelons les origines de la vie. Est-ce que l’évolution chimique repose sur des processus pareils, semblables ou différents de l’évolution biologique ? La théorie de l’évolution biologique la plus répandue est celle de la sélection naturelle, telle que définie par Darwin. Peut-on parler de sélection naturelle à l’échelle physicochimique sur la Terre primitive ? À quoi pourraient ressembler les théories de l’origine de la vie ? » De plus, cet axe de recherche permet de s’interroger sur la définition même de la vie. Par exemple, en règle générale, on ne considère pas un virus comme un organisme vivant, du fait qui ne peut se reproduire sans la présence d’un hôte, contrairement aux bactéries, que l’on considère comme vivantes. Par contre, certains prétendent qu’un virus, par certaines de ses caractéristiques, possède certains attributs du vivant. « Qu’est-ce qu’on entend par vivant ? La distinction entre le vivant et le non-vivant comprend une zone grise. »

     

    Le second axe de recherche est l’épistémologie des concepts de la biodiversité. « Comment définit-on la biodiversité ? Par la variété des formes de vie ? Mais de quelle variété des formes de vie s’agit-il ? Des espèces, des individus, des fonctions, des gènes, etc. À cet égard, la philosophie des sciences de la vie permet de faire comprendre que le concept de biodiversité comporte différentes approches et qu’il est plus difficile à saisir et à définir qu’il n’y paraît à première vue. »

     

    Le troisième axe de recherche est celui de l’explication en biologie. L’explication scientifique concerne la cause d’un phénomène, c’est-à-dire les conditions initiales qui ont mené au phénomène et la ou les lois de la nature qui en découlent. « Notre interrogation consiste à savoir si l’explication scientifique en biologie est semblable ou différente de l’explication scientifique dans d’autres domaines scientifiques. »

     

    Les avantages d’une Chaire du Canada

     

    Aux yeux de Christophe Malaterre, il y a plusieurs avantages à ce que la philosophie des sciences de la vie obtienne une Chaire de recherche du Canada. « Il y a d’abord le volet financier, qui va nous permettre de réunir davantage de chercheurs en philosophie des sciences de la vie, ce qui va entraîner des collaborations et la mise en place de nouveaux projets de recherche. De plus, la subvention de la Chaire de recherche du Canada va nous permettre de financer notre premier axe de recherche sur les principes de l’évolution chimique. La Chaire de recherche du Canada nous fournit une base sur laquelle nous pouvons nous appuyer et assure ainsi plus de pérennité à nos recherches. Ensuite, une Chaire de recherche du Canada nous permet d’avoir davantage de visibilité. »

     

    Dans la foulée de l’obtention de la Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie, le Fonds canadien de l’innovation a accordé une subvention pour la mise en place d’un laboratoire en philosophie des sciences de la vie. « Ce laboratoire est constitué d’une vingtaine de postes de travail avec ordinateur, ce qui nous permet d’accueillir davantage de chercheurs et rend beaucoup plus facile la venue de chercheurs et d’étudiants étrangers. Avant, il était possible de le faire, mais c’était passablement plus ardu. Nous avons aussi à notre disposition une salle multifonctionnelle, ce qui nous permet d’organiser des événements, et une salle de vidéoconférence, ce qui nous permet de mieux communiquer avec des chercheurs en philosophie des sciences de la vie, peu importe où ils se trouvent. »

     

    De plus, la Chaire du Canada en philosophie des sciences de la vie fait partie du Centre universitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Le CIRST regroupe des chaires de recherches et instituts des principales universités québécoises, ainsi que certains établissements universitaires européens. « Notre Chaire du Canada ne veut pas faire cavalier seul, et nous entendons collaborer avec d’autres chaires et instituts. »













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