Crise au sein du Réseau d'informations scientifiques
Le Réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ), l'organisme sans but lucratif de télécommunication qui relie à Internet les universités, les cégeps et beaucoup de grands centres de recherche, a du plomb dans l'aile. Depuis novembre, les événements s'enchaînent: la direction a été décapitée, 10 employés sur les 25 que compte le RISQ ont été mis à la porte, huit postes ont été abolis, alors que certaines fonctions seront dorénavant données en sous-traitance. Tout ça sur fond de difficultés financières et de révolte des employés contre leur ancien président-directeur général, a appris Le Devoir.
C'est une équipe intérimaire, dirigée par le consultant Jan Czech, qui est actuellement en place pour gérer ce réseau qui procure Internet à 1,5 million de personnes dans la province. Des institutions gouvernementales, des centres de recherche de haut niveau, notamment l'INRS et Hydro-Québec, des organismes culturels, ainsi que toutes les universités et cégeps se fient au RISQ pour s'échanger des données et accéder à Internet par l'entremise d'un réseau de fibres optiques à la fine pointe de la technologie.
Ce mouvement de personnel qui touche près de 40 % des employés de l'organisme «n'entrave en rien le fonctionnement du réseau», soutient Jan Czech, puisque les postes concernés ne sont pas ceux des techniciens. C'est surtout la direction et les employés de bureau qui ont subi cette purge qui s'est terminée la semaine dernière. Le syndicat, fraîchement nommé, estime quant à lui que le RISQ est «dysfonctionnel» actuellement.
Deux éléments expliquent le remue-ménage. Tout d'abord, l'année 2003 a exacerbé les tensions entre, d'un côté, les employés et des cadres du RISQ, et, de l'autre, le p.-d.g. Pierre Bouchard. Selon d'ex-membres de l'équipe qui tiennent à garder l'anonymat, le climat de travail était «épouvantable» à l'intérieur du RISQ. La compétence du p.-d.g. était aussi remise en question.
Règlement de comptes?
Début septembre, une lettre signée par la grande majorité de la vingtaine d'employés est expédiée au président du conseil d'administration du RISQ, Bruno-Marie Béchard, qui est aussi recteur de l'Université de Sherbrooke. La lettre demande qu'on remplace Pierre Bouchard pour le plus grand bien du réseau.
La réponse est venue le 10 novembre, alors que le conseil décidait de remercier M. Bouchard, mais également deux autres membres de la direction, soit le directeur du réseau et le vice-président aux finances. Un autre cadre, le directeur du développement des affaires, avait déjà quitté le bateau. Depuis, six autres employés, qui venaient d'ailleurs juste de se syndiquer «parce qu'ils étaient inquiets de la direction que prenait l'entreprise», ont été remerciés. «Je me pose des questions, parce que tous ceux qui ont contesté l'autorité ou ont été des pionniers de la syndicalisation se sont fait mettre dehors», lance Jeanne Casabon, conseillère syndicale au Syndicat canadien de la fonction publique.
Le conseil d'administration dément
Les ex-employés pensent qu'ils sont victimes d'un règlement de comptes et que le conseil d'administration a voulu leur faire payer le prix de leur contestation. «Pas du tout! Les coupures de postes et la contestation sont deux événements de nature différente», réplique Bruno-Marie Béchard.
Pour le conseil d'administration, le problème le plus urgent à régler était le manque de fonds. Organisme sans but lucratif, le RISQ ne peut afficher des pertes financières. Le conseil d'administration n'a pas voulu révéler l'ampleur des difficultés. «Nous avons multiplié les kilomètres du réseau par quatre depuis deux ans, explique Bruno-Marie Béchard. Ç'a coûté très cher de relier tous nos membres, surtout en région éloignée. Il fallait donc équilibrer le budget et on a dû abolir des postes. En même temps, on passe d'une phase d'expansion à une phase de consolidation. Ça prend donc de nouvelles expertises. On a donc décidé de changer plusieurs personnes en place.»
Mais 40 % du personnel, d'un seul coup? «C'est vrai que l'épisode de contestation nous a convaincus de bouger tout de suite plutôt que d'attendre, reconnaît le recteur. Il y avait effectivement un malaise et un inconfort. Au conseil, on avait le souci de trouver le leadership adéquat et c'était le temps d'ajuster le tir.» Bruno-Marie Béchard estime que le RISQ n'a plus besoin d'autant de personnel maintenant que la phase d'expansion du réseau est terminée.
Bruno-Marie Béchard confirme par la même occasion une partie des craintes des employés: certains postes ne seront pas pourvus, puisqu'ils seront impartis à des entreprises privées. «Ça fait partie du plan de restructuration, mais on ne touchera pas au coeur du réseau, dit-il. Des fonctions dans l'administration, dans les ressources humaines ou en conseils juridiques pourraient être confiés ailleurs.» Ce dernier jure que les difficultés financières du RISQ sont «ponctuelles» et que le développement à long terme n'est pas touché.
C'est une équipe intérimaire, dirigée par le consultant Jan Czech, qui est actuellement en place pour gérer ce réseau qui procure Internet à 1,5 million de personnes dans la province. Des institutions gouvernementales, des centres de recherche de haut niveau, notamment l'INRS et Hydro-Québec, des organismes culturels, ainsi que toutes les universités et cégeps se fient au RISQ pour s'échanger des données et accéder à Internet par l'entremise d'un réseau de fibres optiques à la fine pointe de la technologie.
Ce mouvement de personnel qui touche près de 40 % des employés de l'organisme «n'entrave en rien le fonctionnement du réseau», soutient Jan Czech, puisque les postes concernés ne sont pas ceux des techniciens. C'est surtout la direction et les employés de bureau qui ont subi cette purge qui s'est terminée la semaine dernière. Le syndicat, fraîchement nommé, estime quant à lui que le RISQ est «dysfonctionnel» actuellement.
Deux éléments expliquent le remue-ménage. Tout d'abord, l'année 2003 a exacerbé les tensions entre, d'un côté, les employés et des cadres du RISQ, et, de l'autre, le p.-d.g. Pierre Bouchard. Selon d'ex-membres de l'équipe qui tiennent à garder l'anonymat, le climat de travail était «épouvantable» à l'intérieur du RISQ. La compétence du p.-d.g. était aussi remise en question.
Règlement de comptes?
Début septembre, une lettre signée par la grande majorité de la vingtaine d'employés est expédiée au président du conseil d'administration du RISQ, Bruno-Marie Béchard, qui est aussi recteur de l'Université de Sherbrooke. La lettre demande qu'on remplace Pierre Bouchard pour le plus grand bien du réseau.
La réponse est venue le 10 novembre, alors que le conseil décidait de remercier M. Bouchard, mais également deux autres membres de la direction, soit le directeur du réseau et le vice-président aux finances. Un autre cadre, le directeur du développement des affaires, avait déjà quitté le bateau. Depuis, six autres employés, qui venaient d'ailleurs juste de se syndiquer «parce qu'ils étaient inquiets de la direction que prenait l'entreprise», ont été remerciés. «Je me pose des questions, parce que tous ceux qui ont contesté l'autorité ou ont été des pionniers de la syndicalisation se sont fait mettre dehors», lance Jeanne Casabon, conseillère syndicale au Syndicat canadien de la fonction publique.
Le conseil d'administration dément
Les ex-employés pensent qu'ils sont victimes d'un règlement de comptes et que le conseil d'administration a voulu leur faire payer le prix de leur contestation. «Pas du tout! Les coupures de postes et la contestation sont deux événements de nature différente», réplique Bruno-Marie Béchard.
Pour le conseil d'administration, le problème le plus urgent à régler était le manque de fonds. Organisme sans but lucratif, le RISQ ne peut afficher des pertes financières. Le conseil d'administration n'a pas voulu révéler l'ampleur des difficultés. «Nous avons multiplié les kilomètres du réseau par quatre depuis deux ans, explique Bruno-Marie Béchard. Ç'a coûté très cher de relier tous nos membres, surtout en région éloignée. Il fallait donc équilibrer le budget et on a dû abolir des postes. En même temps, on passe d'une phase d'expansion à une phase de consolidation. Ça prend donc de nouvelles expertises. On a donc décidé de changer plusieurs personnes en place.»
Mais 40 % du personnel, d'un seul coup? «C'est vrai que l'épisode de contestation nous a convaincus de bouger tout de suite plutôt que d'attendre, reconnaît le recteur. Il y avait effectivement un malaise et un inconfort. Au conseil, on avait le souci de trouver le leadership adéquat et c'était le temps d'ajuster le tir.» Bruno-Marie Béchard estime que le RISQ n'a plus besoin d'autant de personnel maintenant que la phase d'expansion du réseau est terminée.
Bruno-Marie Béchard confirme par la même occasion une partie des craintes des employés: certains postes ne seront pas pourvus, puisqu'ils seront impartis à des entreprises privées. «Ça fait partie du plan de restructuration, mais on ne touchera pas au coeur du réseau, dit-il. Des fonctions dans l'administration, dans les ressources humaines ou en conseils juridiques pourraient être confiés ailleurs.» Ce dernier jure que les difficultés financières du RISQ sont «ponctuelles» et que le développement à long terme n'est pas touché.
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