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    Idées

    Le logiciel libre, remède à l’opacité des algorithmes

    29 janvier 2016 | Mathieu Gauthier-Pilote - Président de FACIL | Science et technologie

    Dans un texte publié dans Le Devoir du 12 janvier (« Uber et le nécessaire contrôle social des algorithmes »), le chercheur Yves Gingras soulevait la question fort pertinente de l’opacité des algorithmes utilisés par les services numériques auxquels nous sommes de plus en plus habitués dans notre société (par exemple Uber). Le sujet était à nouveau discuté à l’émission de radio Médium large le 14 janvier. Cet enjeu nous interpelle en tant que citoyens et militants de l’informatique libre.

     

    La philosophie du logiciel libre, croyons-nous, jette une lumière essentielle sur les enjeux du numérique et, espérons-le, aidera le public québécois à s’y retrouver un peu mieux.

     

    M. Gingras nous invite à exercer un « contrôle social » sur les algorithmes de décision, véritables « boîtes noires » dont on ignore tout. Nous sommes d’accord. La société a besoin de « programmes [informatiques] que les gens peuvent lire, réparer, adapter, améliorer » en lieu et place des « boîtes noires » que nous offrent les principaux joueurs de l’industrie, nous disait Richard Stallman, le fondateur du mouvement pour le logiciel libre, dans un essai de 1994.

     

    En effet, si nous désirons exercer un contrôle social adéquat sur les algorithmes, il nous faudra considérer non seulement les lois, les règlements et les institutions, mais aussi le code source des logiciels au moyen desquels les algorithmes sont mis en oeuvre. Malheureusement, le code source des logiciels est généralement caché de la vue des utilisateurs par une exploitation abusive du droit d’auteur de la part des développeurs, typiquement les entreprises qui en sont propriétaires. Le logiciel libre fait exactement le contraire, en exploitant le droit d’auteur de façon à protéger les libertés des utilisateurs contre les abus potentiels des développeurs.

     

    Scénarios possibles

     

    Hypothétiquement, on peut très bien imaginer la communauté des utilisateurs d’Uber (le service en ligne) évoluant indépendamment de l’entreprise Uber, de son modèle d’affaires, de ses pratiques, de son choix d’algorithmes. Que ferait la communauté Uber (les usagers, les transporteurs, les développeurs et les opérateurs techniques) si le service en ligne n’avait pas de propriétaire, qu’il était la chose commune de tous ? Bien des scénarios sont possibles. Parmi ces scénarios, plusieurs qui sont éthiques, légaux et très avantageux autant pour les utilisateurs du service que pour la société en général. C’est le manque de liberté qui empêche la matérialisation des meilleurs scénarios que nous pourrions concevoir.

     

    L’opacité des logiciels, il est facile de s’en rendre compte, a occasionné, occasionne et continuera d’occasionner des abus de toutes sortes. Depuis l’affaire Snowden, ce sont les abus relatifs au droit à la vie privée (surveillance de masse) et au droit à la liberté d’expression (censure) qui attirent le plus l’attention du public. Cependant, il faut bien comprendre que la liste des abus possibles au moyen d’un logiciel gardé secret est très longue. Elle ira en s’allongeant au cours des prochaines années, en cette époque où « le logiciel avale monde ».













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