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    Système solaire

    Des chercheurs prétendent avoir détecté une 9e planète

    La présence de la «super Terre» a été déduite à partir de la trajectoire d’autres corps célestes

    Cette illustration artistique montre ce qui serait la 9e planète du système solaire — une planète gazeuse, similaire à Uranus et Neptune.
    Photo: Caltech / Robert Hurt / Agence France-Presse Cette illustration artistique montre ce qui serait la 9e planète du système solaire — une planète gazeuse, similaire à Uranus et Neptune.

    Des chercheurs californiens disent avoir découvert l’existence de la 9e planète aux confins du système solaire, un corps céleste lointain quatre fois gros comme la Terre, orbitant loin au-delà de Pluton, voire à plus de 90 milliards de kilomètres du Soleil.

     

    L’hypothèse d’une nouvelle planète avancée par les astronomes réputés Konstantin Batygin et Michael Brown, de l’Institut de technologie de Californie (Caltech), a eu l’effet d’une bombe dans le milieu, cette prétention étant la plus audacieuse faite dans le domaine de l’astronomie depuis la découverte de Pluton en 1930.

     

    Leurs prétentions, publiées mardi dans The Astronomical Journal, ont fait d’autant plus de bruit que l’un des chercheurs est le découvreur de la planète naine Éris, et celui-là même dont les travaux sur cette nouvelle classe d’astres avaient poussé en 2006 la communauté scientifique à rétrograder Pluton au titre de « planète naine ».

     

    « Il n’y a eu jusqu’à présent que deux planètes découvertes dans notre système solaire depuis l’Antiquité, et ce serait dans ce cas la troisième », a déclaré mardi aux médias Michael Brown.

     

    Déduction mathématique

     

    La théorie de ces deux spécialistes californiens de la modélisation des orbites d’objets célestes découle d’une déduction faite à la suite des observations réalisées dans la trajectoire inopinée de six corps célestes orbitant eux aussi autour du Soleil, loin au-delà de Pluton. Ces six objets appartiennent à la ceinture de Kuiper, une zone lointaine allant de Neptune au-delà de Pluton, qui regroupe des dizaines de milliers d’autres objets glacés de différentes tailles.

     

    « Ils ont constaté qu’une poignée de ces objets avaient des trajectoires communes et des orbites similaires autour du Soleil, mais qui semblaient être influencées par la présence d’un objet imposant, doté d’une orbite différente. Les modélisations et les simulations faites par ordinateur leur ont permis de conclure que les chances que ces similitudes relèvent du hasard étaient de 0,0007 %. C’est ce qui a leur mis la puce à l’oreille », a résumé mardi Robert Lamontagne, directeur de l’Observatoire du Mont-Mégantic et membre de l’Institut de recherche sur les exoplanètes.

     

    Selon ce dernier, la thèse de ces astronomes est très crédible. C’est le même genre de déduction qui avait mené, en 1846, à la découverte de Neptune. « À l’époque, on avait d’abord soupçonné sa présence en raison d’effets gravitationnels observés dans l’orbite d’Uranus », rappelle le scientifique. Les calculs réalisés à l’époque par le français Urbain Le Verrier avaient permis à des astronomes de l’Observatoire de Berlin de découvrir Neptune, là où il l’avait prédit.

     

    Selon Batygin et Brown, cette mystérieuse nouvelle planète, surnommée depuis des siècles la « planète X », recherchée depuis des siècles par les astronomes au-delà de Neptune, aurait dix fois la masse de la Terre et de trois à quatre fois sa taille, ce qui lui vaudrait le titre de « super Terre ». Elle ne ressemblerait toutefois pas à l’astre terrestre et mettrait de 10 000 à 20 000 ans à compléter sa lente course autour du Soleil.

     

    Hypothèse à vérifier

     

    « Si ça marche comme un canard, si ça vole comme un canard, c’est probablement un canard », fait valoir le directeur de l’Observatoire du Mont-Mégantic. D’autres chercheurs, dont le scientifique Dave Jewitt, découvreur de la ceinture de Kuiper, sont toutefois restés prudents quant à l’hypothèse avancée par le tandem californien, rappelant que la probabilité que ces particularités orbitales soient le fruit du hasard n’est pas à écarter. L’explication de cette formation planétaire, très peu probable à une aussi grande distance du Soleil, reste aussi à faire.

     

    Pour prouver leurs dires, les chercheurs devront trouver et observer ladite planète, une tâche ardue qui pourrait prendre encore cinq années, admettent-ils eux-mêmes, compte tenu de l’ampleur de la zone à scruter. Pour sonder les confins du système solaire, les scientifiques, aidés par d’autres équipes d’astronomes, auront recours au télescope japonais Subaru situé à Hawaï, d’un rayon de huit mètres. La 9e planète se trouve fort probablement à l’aphélie — le point le plus éloigné de son orbite elliptique par rapport au Soleil. « Ce sera comme chercher une aiguille dans une botte de foin, et seulement une demi-douzaine de télescopes dans le monde sont assez puissants pour détecter des objets aussi lointains, affirme Robert Lamontagne. Au mieux, on ne pourra distinguer qu’un minuscule et très faible point lumineux. La chasse est lancée ! »













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