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    Réseau collégial

    Pilier de la recherche et du développement régional

    23 mai 2015 | Hélène Roulot-Ganzmann - Collaboratrice | Science et technologie
    Vue du campus de Gaspé
    Photo: Charles Bilodeau Vue du campus de Gaspé
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.


    Comme chaque année depuis 2001, l’Association pour la recherche au collège (ARC) aura son colloque au congrès de l’Acfas. L’occasion, selon sa directrice générale, Lynn Lapostolle, d’échanger avec le milieu universitaire, mais aussi de consolider son propre réseau, alors que les politiques d’austérité mettent à mal les activités de recherche au niveau collégial. Un pilier pourtant fondamental pour le développement des régions éloignées, croit David Bourdages, directeur général du Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD) et responsable d’un autre colloque sur l’innovation comme enjeu de développement pour le Québec.


    « La recherche au niveau collégial est volontaire, c’est l’une de ses grandes caractéristiques et cela a un impact sur les conditions de pratique, estime Lynn Lapostolle. Les enseignants qui veulent en faire doivent trouver les moyens et les ressources afin d’être libérés d’une partie de leurs cours. Nous ne disposons pas de chiffres indiquant précisément le nombre de professeurs qui s’y adonnent, mais nous savons que les activités de recherche ont augmenté au fil des ans, jusqu’en 1995. Nous avons ensuite connu une chute drastique, suivie d’une remontée. Aujourd’hui, nous atteignons un point critique. »

     

    Pour entreprendre des travaux de recherche, le collégial frappe aux portes des mêmes organismes subventionnaires que le milieu universitaire, à savoir les Fonds de recherche du Québec et les Conseils nationaux de recherche du Canada principalement. Des organismes qui ont vu leurs enveloppes fondre ces dernières années. Mais, ce qui rend les choses encore plus difficiles, c’est que les collèges eux-mêmes doivent investir, en libérant notamment les enseignants, alors même qu’on leur demande de revoir leurs budgets à la baisse, austérité oblige.

     

    Dans ce contexte, le travail en réseau est fondamental, assure Mme Lapostolle. « Nous avons besoin de travailler étroitement les uns avec les autres pour arriver à avoir une toile solide, affirme-t-elle. Il y a des liens possibles avec le milieu universitaire, avec le milieu géographique dans lequel le collège est ancré, mais aussi à l’intérieur du maillage collégial. Nous voulons faire en sorte que la recherche collégiale se développe dans toutes les disciplines enseignées, et elles sont nombreuses. Des projets sont menés à l’intérieur des trois grands secteurs de recherche, à savoir nature et technologie, société et culture, ainsi que santé. Pour cela, nous devons mutualiser les efforts de tous les acteurs du collégial, qu’il s’agisse des cégeps, des collèges privés, des instituts et écoles nationales, des 46 centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT), des laboratoires, etc. Travailler en collégialité profitera à l’ensemble de la recherche collégiale et nous permettra de contribuer à l’effort de recherche du Québec. »

     

    Un effort de recherche censé lui-même contribuer au développement économique et social de la province. Et si l’ARC souhaite enraciner la recherche collégiale dans le milieu scientifique en général, force est de constater qu’elle est déjà, du fait de la présence de collèges sur tout le territoire, enracinée géographiquement dans chacune des régions du Québec.

     

    « L’objectif de la recherche est de produire de nouvelles connaissances, explique Lynn Lapostolle. Mais, en bout de ligne, c’est sûr que certains projets menés peuvent être appliqués sur leur territoire et contribuent ainsi au développement régional tant sur le plan économique que social. Surtout, les gens qui font de la recherche intègrent leurs nouveaux savoirs dans leur enseignement, d’où un transfert de connaissances. On le voit notamment pour ce qui est de la recherche en éducation. Il y a forcément un retour dans le réseau collégial, une application. Depuis la création de l’ordre collégial, on a toujours mené des projets de recherche qui ont eu des retombées sur l’enseignement collégial. Or des étudiants mieux formés, cela a forcément un impact positif sur toute la société. »

     

    David Bourdages y croit très fort lui aussi. Il estime en effet que la recherche collégiale est l’un des piliers de l’innovation en région éloignée. « Ça fait partie de l’écosystème, assure-t-il. Au même titre que les universités, les centres de recherche, les entreprises ou encore le milieu communautaire. Ce qui est intéressant au niveau collégial, ce sont les projets de recherche appliquée, qui peuvent rapidement être éprouvés sur le terrain. Et puis, les collèges sont présents sur tout le territoire. Leurs résultats de recherche sont plus faciles d’accès pour les entreprises locales, qui peuvent s’en servir pour innover. »

     

    M. Bourdages profitera de la présence du congrès à Rimouski pour examiner cet écosystème d’innovation en région éloignée. Est-il performant ? Faut-il le remettre en cause ? S’inspirer des modèles finlandais et allemand en la matière, eux qui font figure de modèles en Europe ? Ou, au contraire, regarder ce qui se fait localement du côté du laboratoire rural mis en place aux Îles-de-la-Madeleine ou encore de l’accélérateur d’affaires internationales créé dans l’Outaouais pour tenter de réveiller cette région trop dépendante de la fonction publique fédérale ?

     

    « Nos conférenciers vont venir exposer leurs résultats, explique le directeur général. À partir de ces cas-types, nous allons être amenés à réfléchir sur la pertinence du système en tant que tel, sur les besoins et les freins. Il y a un problème d’accessibilité à la recherche, donc à l’innovation, c’est certain. Mais il y a peut-être aussi un problème culturel. Est-ce que les entrepreneurs en région ont cette philosophie d’action ? Innover, c’est défoncer des barrières, accepter de faire autrement, d’aller au-delà de ce qu’on fait naturellement. C’est tout ça qu’il va falloir démêler pour rendre l’écosystème plus performant. »

     

     

    Pour aller plus loin :

     

    Colloque 4La recherche collégiale et son milieu : enracinement, déploiement et interdépendance, mercredi 27 mai, de 8 h 45 à 17 h.

    www.acfas.ca/evenements/congres/programme/83/enjeux-recherche/4/c

     

    Colloque 15Écosystèmes d’innovation en région éloignée : enjeux de développement pour le Québec, du mardi 26 mai, à 10 h, au mercredi 27 mai, à 15 h 30.

    www.acfas.ca/evenements/congres/programme/83/enjeux-recherche/15/c

     

     













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