Technologie: Échange de fichiers musicaux, imaginez!
Brian Robertson, le président de la CRIA, une association canadienne s'apparentant à la RIAA, a laissé entendre la semaine dernière qu'il pourrait poursuivre en justice des utilisateurs canadiens de réseau P2P qui partagent leurs fichiers musicaux MP3.
Estimant à 30 % les pertes subies par l'industrie du disque, Robertson ne cache aucunement son soutien aux dernières campagnes de peur de la RIAA. Pour le président de la CRIA, ces poursuites en justice ne sont que la suite logique d'une campagne de sensibilisation du grand public face au piratage de la musique.
Heureusement, il semble que l'ADISQ refuse pour l'instant d'entrer dans le jeu des poursuites. Sage décision. Citant le président de l'ADISQ, Yves-François Blanchet, le collègue Myles écrivait la semaine dernière qu'en raison de la situation de grande proximité culturelle entre le créateur et son public, «les consommateurs percevraient mal des poursuites en justice de la part de l'industrie et risqueraient d'en imputer la responsabilité à l'artiste».
Laissons toutefois de côté ces billevesées et essayons d'imaginer comment d'autres industries pourraient tenter «d'éduquer et de conscientiser» le public à la manière de la RIAA. À prendre avec humour et un martini.
***
Dans une poursuite qui fera assurément jurisprudence, Les Aliments Stouffette, le célèbre fabricant de repas minute congelés, assignent en justice Rosario Lambert et sa conjointe, Hélène Arcand, pour avoir partagé un repas « poulet à la cacciatorre ».
Selon l'acte d'accusation, Lambert aurait offert à sa conjointe quelques bouchées de son poulet. Or, selon la licence d'utilisation imprimée sur l'emballage, le « poulet à la cacciatorre » Stouffette est préparé pour une seule et unique personne. De dire un porte-parole de l'entreprise: «Ces deux personnes ont clairement violé nos directives. Notre repas a été conçu pour une seule personne. Les deux accusés auraient clairement dû acheter notre repas familial au lieu de contrevenir à la loi en partageant une portion individuelle.»
Selon une étude rendue publique cette année, l'industrie de l'alimentation a accusé des pertes de 25 % de son chiffre d'affaire en raison des personnes de petit appétit qui partagent leur repas.
***
Les éditions La Morue aux fraises viennent d'assigner en justice Hélène Morin, une ménagère de l'est de Montréal, pour avoir indûment partagé avec ses voisines plusieurs recettes issues du fameux livre La morue, cette inconnue sur nos tables.
De dire les éditeurs, Madame Morin aurait partagé une dizaine de recettes avec ses proches voisines, dont la fameuse recette de morue aux fraises (avec de la crème chantilly) qui aurait fait la fortune des éditions du même nom. Pierre Poisson, l'éditeur, commente ainsi la poursuite: «Hélène Morin, en partageant avec ses voisines nos recettes les plus fameuses, nous prive de revenus auxquels nous estimons avoir droit. De même, nous examinons fortement la possibilité de poursuivre en justice les voisines en question, certaines indications nous laissant croire qu'elles auraient voulu faire la même chose qu'Hélène Morin.»
En refilant nos meilleures recettes à ses amies, Hélène Morin envoie le message qu'il est permis de repiquer le contenu de nos livres. Nous estimons que les voisines auraient dû elles aussi acheter nos oeuvres littéraires, et non pas se les partager.
La firme conseil américaine Joy of Cooking estime à 20 % les pertes des maisons d'édition oeuvrant dans le livre culinaire. Selon cette firme, le partage de recettes entre amies est principalement responsable de ces pertes.
Absurdité
Ce texte est largement inspiré d'une chronique publiée dans une édition récente du magazine américain Fast Company. Les noms des personnes, ainsi que les exemples décrits, sont totalement différents de ceux qui ont été écrits par le journaliste. Disons que j'ai emprunté l'idée, que j'ai bien aimée, pour décrire l'absurdité des poursuites de la RIAA et possiblement, celles de la CRIA. Bref, je partage l'idée. «So, sue me ! »
PS: En passant, la reproduction de cet article par courriel afin d'amuser vos collègues est strictement interdite par la loi. Elle peut entraîner des poursuites auprès des instances nationales et internationales de protection de droit d'auteur. Ben quien !
PPS: cette chronique n'est pas commanditée par le bonhomme sept heures.
Estimant à 30 % les pertes subies par l'industrie du disque, Robertson ne cache aucunement son soutien aux dernières campagnes de peur de la RIAA. Pour le président de la CRIA, ces poursuites en justice ne sont que la suite logique d'une campagne de sensibilisation du grand public face au piratage de la musique.
Heureusement, il semble que l'ADISQ refuse pour l'instant d'entrer dans le jeu des poursuites. Sage décision. Citant le président de l'ADISQ, Yves-François Blanchet, le collègue Myles écrivait la semaine dernière qu'en raison de la situation de grande proximité culturelle entre le créateur et son public, «les consommateurs percevraient mal des poursuites en justice de la part de l'industrie et risqueraient d'en imputer la responsabilité à l'artiste».
Laissons toutefois de côté ces billevesées et essayons d'imaginer comment d'autres industries pourraient tenter «d'éduquer et de conscientiser» le public à la manière de la RIAA. À prendre avec humour et un martini.
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Dans une poursuite qui fera assurément jurisprudence, Les Aliments Stouffette, le célèbre fabricant de repas minute congelés, assignent en justice Rosario Lambert et sa conjointe, Hélène Arcand, pour avoir partagé un repas « poulet à la cacciatorre ».
Selon l'acte d'accusation, Lambert aurait offert à sa conjointe quelques bouchées de son poulet. Or, selon la licence d'utilisation imprimée sur l'emballage, le « poulet à la cacciatorre » Stouffette est préparé pour une seule et unique personne. De dire un porte-parole de l'entreprise: «Ces deux personnes ont clairement violé nos directives. Notre repas a été conçu pour une seule personne. Les deux accusés auraient clairement dû acheter notre repas familial au lieu de contrevenir à la loi en partageant une portion individuelle.»
Selon une étude rendue publique cette année, l'industrie de l'alimentation a accusé des pertes de 25 % de son chiffre d'affaire en raison des personnes de petit appétit qui partagent leur repas.
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Les éditions La Morue aux fraises viennent d'assigner en justice Hélène Morin, une ménagère de l'est de Montréal, pour avoir indûment partagé avec ses voisines plusieurs recettes issues du fameux livre La morue, cette inconnue sur nos tables.
De dire les éditeurs, Madame Morin aurait partagé une dizaine de recettes avec ses proches voisines, dont la fameuse recette de morue aux fraises (avec de la crème chantilly) qui aurait fait la fortune des éditions du même nom. Pierre Poisson, l'éditeur, commente ainsi la poursuite: «Hélène Morin, en partageant avec ses voisines nos recettes les plus fameuses, nous prive de revenus auxquels nous estimons avoir droit. De même, nous examinons fortement la possibilité de poursuivre en justice les voisines en question, certaines indications nous laissant croire qu'elles auraient voulu faire la même chose qu'Hélène Morin.»
En refilant nos meilleures recettes à ses amies, Hélène Morin envoie le message qu'il est permis de repiquer le contenu de nos livres. Nous estimons que les voisines auraient dû elles aussi acheter nos oeuvres littéraires, et non pas se les partager.
La firme conseil américaine Joy of Cooking estime à 20 % les pertes des maisons d'édition oeuvrant dans le livre culinaire. Selon cette firme, le partage de recettes entre amies est principalement responsable de ces pertes.
Absurdité
Ce texte est largement inspiré d'une chronique publiée dans une édition récente du magazine américain Fast Company. Les noms des personnes, ainsi que les exemples décrits, sont totalement différents de ceux qui ont été écrits par le journaliste. Disons que j'ai emprunté l'idée, que j'ai bien aimée, pour décrire l'absurdité des poursuites de la RIAA et possiblement, celles de la CRIA. Bref, je partage l'idée. «So, sue me ! »
PS: En passant, la reproduction de cet article par courriel afin d'amuser vos collègues est strictement interdite par la loi. Elle peut entraîner des poursuites auprès des instances nationales et internationales de protection de droit d'auteur. Ben quien !
PPS: cette chronique n'est pas commanditée par le bonhomme sept heures.
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