Association des biologistes du Québec - À quand une corporation pour les biologistes?
Le monde de la biologie québécoise s'entend sur un point: nous sommes aujourd'hui exposés à de réels dangers. Les causes des perturbations que notre planète connaît sont toutefois loin de faire l'unanimité. Pour empirer le tout, il n'existe toujours pas de corporation pour encadrer les recherches des biologistes au Québec. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé.
Depuis 30 ans, l'Association des biologistes du Québec (ABQ) tente en vain de créer une corporation pour encadrer les recherches des biologistes au Québec. Fondée en 1973, l'ABQ n'a cependant pas encore réussi à rassembler les quelque 3000 scientifiques québécois spécialisés dans ce domaine; en incluant ceux qui sont plus ou moins liés à ce type de recherche, le chiffre s'établit entre 5000 et 6000. Pourtant, l'ABQ ne compte qu'environ 500 membres, soit 10 % du total. «Le nombre de membres de l'Association est en hausse constante, commente le président de l'Association des biologistes du Québec, Gaétan Roy. Mais il est évident que l'on aimerait que ce nombre augmente beaucoup plus.»
La difficulté de recrutement que connaît l'ABQ n'est cependant pas facile à résoudre: «Plusieurs personnes ne veulent pas d'une association: ils sont prêts à embarquer seulement si nous devenons une corporation. Mais pour en devenir une, on se fait répliquer qu'il faut avoir plus de membres», explique Gaétan Roy.
L'ABQ est ainsi dans une impasse qui dure depuis longtemps. Trop longtemps selon son président. «La loi qui créerait une corporation officielle de biologistes est écrite: je l'ai tenue dans mes mains lorsque j'étais directeur adjoint à notre bureau de Québec en 1991. Mais le référendum et les changements de partis politiques au pouvoir ont fait en sorte qu'il faut toujours recommencer du début.» Gaétan Roy affirme que cette proposition de loi existe toujours et qu'il ne faudrait que quelques mises à jour pour la replacer à l'avant-scène.
Pour l'instant, l'Association possède des règlements généraux et des normes pour encadrer le travail des biologistes. Mais, sans aucun moyen pour vérifier s'ils sont mis en application, ces références ne constituent que des balises trop faciles à transgresser.
Une association plus qu'importante
L'Association des biologistes du Québec se présente néanmoins comme «la voix biologique» du public. Regroupant des professeurs, des biologistes en pratique privée, des chercheurs ou encore des gestionnaires à l'emploi d'organismes publics, d'industries et d'autres institutions, elle fut fondée dans le but «d'assurer et de promouvoir une pratique professionnelle de la biologie». L'ABQ entend aussi favoriser la recherche et un enseignement adéquat de ce domaine scientifique.
L'Association permet à ses membres de demeurer informés sur les nouveautés dans le domaine biologique grâce à son bulletin INVIVO, auquel tous peuvent contribuer. Un annuaire des membres est également publié, ce qui permet de mettre à jour les coordonnées des confrères.
L'ABQ donne également l'occasion aux biologistes québécois de suivre des cours de formation à moindre coût, de participer à ses activités (congrès annuel, conférences, colloques), de s'impliquer lors des assemblées générales et régionales, de contribuer activement à l'élaboration de mémoires et autres dossiers importants, de coopérer à divers comités et de suggérer des candidats pour les titres de membre émérite, de membre honoraire et du Prix Georges-Préfontaine, décernés annuellement par l'ABQ. Elle offre également une aide précieuse pour trouver de l'emploi aux nouveaux diplômés ou aux chercheurs retournant sur le marché du travail.
Diffuser l'information
En outre, l'Association vise également à assurer la diffusion de l'information scientifique auprès de ses membres, mais aussi auprès du public. Une tâche qui n'est toutefois pas toujours facile: «On a un peu négligé ce côté depuis quelques années en misant davantage sur notre bulletin, qui est consacré à nos membres. Cela s'améliore, mais nous avons encore du chemin à faire pour parvenir à nous faire entendre du grand public», dit Gaétan Roy.
L'autre obstacle entre les biologistes et le public est la «langue de bois» qui est trop souvent utilisée dans le monde scientifique. Un effort de vulgarisation est pourtant essentiel à la compréhension des découvertes des chercheurs et à la conscientisation de la population. Une situation que l'ABQ tente constamment d'améliorer.
Le président de l'ABQ croit également que la prise de conscience croissante de la population envers les dangers qui touchent notre planète contribue grandement à ce que les gens s'intéressent au travail quotidien des biologistes. «Le public demande des comptes au gouvernement qui, à son tour, vient solliciter notre avis. On a donc plus souvent l'occasion de s'exprimer et le public est plus ouvert qu'auparavant. On devient alors plus proche des gens et cela nous oblige à être à jour sur les enjeux qui sont prioritaires», explique Gaétan Roy.
Un rôle primordial à jouer
L'ABQ organise annuellement un congrès touchant un sujet de l'heure. Cette année, l'événement portera sur les biotechnologies afin de marquer le 50e anniversaire de la découverte de l'ADN (acide désoxyribonucléique). Toute association de cet acabit possède ce type de rendez-vous annuel. Pourtant, celui de l'ABQ n'est pas ordinaire: bien qu'il soit difficile d'intéresser tous les membres à certains thèmes pointus, les résultats d'un tel événement sont plus qu'importants. «L'an dernier, notre congrès traitait de l'état des océans et se tenait à Rimouski, un endroit reconnu pour ce type de recherches. C'était la première fois au Québec qu'autant de biologistes étaient unanimes pour reconnaître les dangers que l'on retrouve aujourd'hui dans nos océans. Le fait qu'ils disent tous ensemble "ça se peut-tu?" démontre qu'on a réussi à les conscientiser», dit Gaétan Roy.
Le partenariat entre l'Institut de la mer de l'Université du Québec à Rimouski et l'ABQ a aussi permis de décupler la portée de son message auprès de la population. «On a encore des retombées de ce congrès et des liens très importants se sont formés avec les universités», explique le président de l'ABQ. D'ailleurs, les diverses formations que met en place l'ABQ pour ses membres sont de plus en plus reconnues par les universités québécoises, qui accordent même des crédits universitaires aux participants.
Dans sa structure administrative, l'Association des biologistes du Québec laisse également une large place à divers comités. Ces groupes permettent à l'ABQ de prendre des positions claires et précises sur plusieurs sujets, que ce soit sur l'eau et l'environnement, la forêt, les oiseaux migrateurs ou encore l'état des paysages québécois.
L'an dernier, l'ABQ a rendu public un mémoire sur les enjeux liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM). Fruit d'une réflexion amorcée en avril 2000 lors de la tenue d'un colloque sur le sujet, le document avait été rédigé pour expliquer aux décideurs et au grand public les enjeux liés aux OGM, et pour faire le point sur leurs conséquences sur la santé et l'environnement. Un geste important pour aider le public à mieux comprendre le monde dans lequel il vit.
Un futur intéressant
Lorsqu'on lui demande à quoi ressemblera le futur de l'Association des biologistes du Québec, Gaétan Roy prend des airs de politicien en campagne électorale: «Je vais améliorer les méthodes de contact avec le public; je vais augmenter la visibilité de l'ABQ; je vais augmenter la qualité des services que nous offrons.» À la tête de l'ABQ depuis un an, motivé, déterminé et se disant en place pour encore quelques années, il y a fort à parier qu'il parviendra à réaliser ses promesses.
Pour l'instant, la priorité de l'ABQ demeure néanmoins l'incorporation de la pratique de la biologie au Québec. Déjà, deux provinces canadiennes ont mis en place ce type de corporation, ce qui démontre la nécessité d'un tel regroupement. «Le côté éthique de notre profession est important. On travaille déjà avec certains critères précis, mais il est primordial d'avoir une corporation pour encadrer le tout.» Avec l'état de l'environnement qui se modifie rapidement, espérons que nous ne devrons pas attendre trop longtemps avant que cela ne se réalise.
Depuis 30 ans, l'Association des biologistes du Québec (ABQ) tente en vain de créer une corporation pour encadrer les recherches des biologistes au Québec. Fondée en 1973, l'ABQ n'a cependant pas encore réussi à rassembler les quelque 3000 scientifiques québécois spécialisés dans ce domaine; en incluant ceux qui sont plus ou moins liés à ce type de recherche, le chiffre s'établit entre 5000 et 6000. Pourtant, l'ABQ ne compte qu'environ 500 membres, soit 10 % du total. «Le nombre de membres de l'Association est en hausse constante, commente le président de l'Association des biologistes du Québec, Gaétan Roy. Mais il est évident que l'on aimerait que ce nombre augmente beaucoup plus.»
La difficulté de recrutement que connaît l'ABQ n'est cependant pas facile à résoudre: «Plusieurs personnes ne veulent pas d'une association: ils sont prêts à embarquer seulement si nous devenons une corporation. Mais pour en devenir une, on se fait répliquer qu'il faut avoir plus de membres», explique Gaétan Roy.
L'ABQ est ainsi dans une impasse qui dure depuis longtemps. Trop longtemps selon son président. «La loi qui créerait une corporation officielle de biologistes est écrite: je l'ai tenue dans mes mains lorsque j'étais directeur adjoint à notre bureau de Québec en 1991. Mais le référendum et les changements de partis politiques au pouvoir ont fait en sorte qu'il faut toujours recommencer du début.» Gaétan Roy affirme que cette proposition de loi existe toujours et qu'il ne faudrait que quelques mises à jour pour la replacer à l'avant-scène.
Pour l'instant, l'Association possède des règlements généraux et des normes pour encadrer le travail des biologistes. Mais, sans aucun moyen pour vérifier s'ils sont mis en application, ces références ne constituent que des balises trop faciles à transgresser.
Une association plus qu'importante
L'Association des biologistes du Québec se présente néanmoins comme «la voix biologique» du public. Regroupant des professeurs, des biologistes en pratique privée, des chercheurs ou encore des gestionnaires à l'emploi d'organismes publics, d'industries et d'autres institutions, elle fut fondée dans le but «d'assurer et de promouvoir une pratique professionnelle de la biologie». L'ABQ entend aussi favoriser la recherche et un enseignement adéquat de ce domaine scientifique.
L'Association permet à ses membres de demeurer informés sur les nouveautés dans le domaine biologique grâce à son bulletin INVIVO, auquel tous peuvent contribuer. Un annuaire des membres est également publié, ce qui permet de mettre à jour les coordonnées des confrères.
L'ABQ donne également l'occasion aux biologistes québécois de suivre des cours de formation à moindre coût, de participer à ses activités (congrès annuel, conférences, colloques), de s'impliquer lors des assemblées générales et régionales, de contribuer activement à l'élaboration de mémoires et autres dossiers importants, de coopérer à divers comités et de suggérer des candidats pour les titres de membre émérite, de membre honoraire et du Prix Georges-Préfontaine, décernés annuellement par l'ABQ. Elle offre également une aide précieuse pour trouver de l'emploi aux nouveaux diplômés ou aux chercheurs retournant sur le marché du travail.
Diffuser l'information
En outre, l'Association vise également à assurer la diffusion de l'information scientifique auprès de ses membres, mais aussi auprès du public. Une tâche qui n'est toutefois pas toujours facile: «On a un peu négligé ce côté depuis quelques années en misant davantage sur notre bulletin, qui est consacré à nos membres. Cela s'améliore, mais nous avons encore du chemin à faire pour parvenir à nous faire entendre du grand public», dit Gaétan Roy.
L'autre obstacle entre les biologistes et le public est la «langue de bois» qui est trop souvent utilisée dans le monde scientifique. Un effort de vulgarisation est pourtant essentiel à la compréhension des découvertes des chercheurs et à la conscientisation de la population. Une situation que l'ABQ tente constamment d'améliorer.
Le président de l'ABQ croit également que la prise de conscience croissante de la population envers les dangers qui touchent notre planète contribue grandement à ce que les gens s'intéressent au travail quotidien des biologistes. «Le public demande des comptes au gouvernement qui, à son tour, vient solliciter notre avis. On a donc plus souvent l'occasion de s'exprimer et le public est plus ouvert qu'auparavant. On devient alors plus proche des gens et cela nous oblige à être à jour sur les enjeux qui sont prioritaires», explique Gaétan Roy.
Un rôle primordial à jouer
L'ABQ organise annuellement un congrès touchant un sujet de l'heure. Cette année, l'événement portera sur les biotechnologies afin de marquer le 50e anniversaire de la découverte de l'ADN (acide désoxyribonucléique). Toute association de cet acabit possède ce type de rendez-vous annuel. Pourtant, celui de l'ABQ n'est pas ordinaire: bien qu'il soit difficile d'intéresser tous les membres à certains thèmes pointus, les résultats d'un tel événement sont plus qu'importants. «L'an dernier, notre congrès traitait de l'état des océans et se tenait à Rimouski, un endroit reconnu pour ce type de recherches. C'était la première fois au Québec qu'autant de biologistes étaient unanimes pour reconnaître les dangers que l'on retrouve aujourd'hui dans nos océans. Le fait qu'ils disent tous ensemble "ça se peut-tu?" démontre qu'on a réussi à les conscientiser», dit Gaétan Roy.
Le partenariat entre l'Institut de la mer de l'Université du Québec à Rimouski et l'ABQ a aussi permis de décupler la portée de son message auprès de la population. «On a encore des retombées de ce congrès et des liens très importants se sont formés avec les universités», explique le président de l'ABQ. D'ailleurs, les diverses formations que met en place l'ABQ pour ses membres sont de plus en plus reconnues par les universités québécoises, qui accordent même des crédits universitaires aux participants.
Dans sa structure administrative, l'Association des biologistes du Québec laisse également une large place à divers comités. Ces groupes permettent à l'ABQ de prendre des positions claires et précises sur plusieurs sujets, que ce soit sur l'eau et l'environnement, la forêt, les oiseaux migrateurs ou encore l'état des paysages québécois.
L'an dernier, l'ABQ a rendu public un mémoire sur les enjeux liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM). Fruit d'une réflexion amorcée en avril 2000 lors de la tenue d'un colloque sur le sujet, le document avait été rédigé pour expliquer aux décideurs et au grand public les enjeux liés aux OGM, et pour faire le point sur leurs conséquences sur la santé et l'environnement. Un geste important pour aider le public à mieux comprendre le monde dans lequel il vit.
Un futur intéressant
Lorsqu'on lui demande à quoi ressemblera le futur de l'Association des biologistes du Québec, Gaétan Roy prend des airs de politicien en campagne électorale: «Je vais améliorer les méthodes de contact avec le public; je vais augmenter la visibilité de l'ABQ; je vais augmenter la qualité des services que nous offrons.» À la tête de l'ABQ depuis un an, motivé, déterminé et se disant en place pour encore quelques années, il y a fort à parier qu'il parviendra à réaliser ses promesses.
Pour l'instant, la priorité de l'ABQ demeure néanmoins l'incorporation de la pratique de la biologie au Québec. Déjà, deux provinces canadiennes ont mis en place ce type de corporation, ce qui démontre la nécessité d'un tel regroupement. «Le côté éthique de notre profession est important. On travaille déjà avec certains critères précis, mais il est primordial d'avoir une corporation pour encadrer le tout.» Avec l'état de l'environnement qui se modifie rapidement, espérons que nous ne devrons pas attendre trop longtemps avant que cela ne se réalise.
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