Technologie: Cher M. Labonté
M. Benoit Labonté, président de la chambre de commerce de Montréal et membre fondateur de Coalition Montréal.
Noble initiative que celle de rassembler tous ces grands citoyens en faveur de la ville fusionnée de Montréal. Si, si! J'applaudis, bravo! Toutefois, vous me permettrez de vous signaler que côté utilisation des technologies pour mobiliser les citoyens ordinaires, vous savez, ce fameux monsieur ou madame Tout-le-monde, ça ne vole pas très haut.
Y retourner?
Si votre but était d'avoir un petit dépliant en ligne, et d'uniquement renseigner le citoyen sur cet imposant aréopage de personnalités, alors oubliez tout ce qui suit. Votre site, Coalition Montréal, remplit à merveille sa mission. Une fois qu'on a lu le dépliant, pourquoi y retourner par la suite?
Cependant, si vous désirez que ce site devienne, et je cite votre communiqué de presse, «un rendez-vous électronique» et «un des lieux de rassemblement pour tous ceux et celles qui décideront de prendre part à cette initiative», disons qu'il reste un petit peu de travail à faire avant qu'il puisse prétendre à être un lieu de rassemblement virtuel et un endroit où il aura un véritable brassage d'idées. Ce n'est pas en demandant aux citoyens d'envoyer un petit courriel, comme ça, en passant, hop!, que tout ceci stimulera un débat d'idées en plus de les convaincre de voter en faveur de la nouvelle ville. Et le temps presse, car voyez-vous, vos adversaires ont déjà pris beaucoup d'avance sur le terrain. Et malheureusement pour vous, il apparaît que monsieur Charest n'est pas prêt à vous donner le coup de main nécessaire. Je dis monsieur Charest, car il semble aussi que toutes les décisions importantes se prennent uniquement au bureau du premier ministre dans ce gouvernement.
Un à la fois
Bref, le terrain. Parlez-en à une de vos membres, Françoise David. Je suis sûr qu'elle vous dira que la guerre se gagnera en convainquant les citoyens, un à la fois, des bienfaits de la nouvelle ville. Il vous faudra donc, tout le monde, les 200 personnalités concernées par l'avenir de la nouvelle ville, pousser à la roue, et vous rendre sur le terrain pour rencontrer les citoyens. Des assemblées de cuisine? Pourquoi pas!
Évidemment, bien que je prêche en faveur de l'utilisation des technologies pour rejoindre le citoyen et discuter avec lui, ne négligez pas les formes de communication traditionnelles, tels les médias communautaires, les journaux de quartier, et tutti quanti. Mais aujourd'hui, pour organiser des rencontres un peu partout avec les citoyens, vous savez, ces bonnes vieilles assemblées de cuisine qui ont si bien réussi au PQ en 1976, rien ne vaut un service comme Meetup, un formidable outil en ligne qui, avec l'aide de plusieurs évangélistes prêts à se dévouer pour la cause, vous permettra de rencontrer les citoyens sur le terrain. Et en passant, vous ne pourrez pas dire que je ne pense pas à votre budget, Meetup, c'est gratuit.
Sceptique? Sachez que c'est en grande partie grâce à Meetup qu'Howard Dean, le candidat à l'investiture du parti démocrate, est passé en quelques mois de monsieur «Nobody» à quelqu'un d'incontournable. Allez voir combien il existe de groupes de rencontres du candidat Howard Dean, vous serez impressionné. 140 000 personnes, réparties dans 604 villes, sont membres du Meetup de Dean. Mais n'oubliez pas, la force de Meetup, ce sont les gens, pas la technologie elle-même.
Brasser les idées
Maintenant que vous commencez à organiser vos rencontres auprès de citoyens, «on the other side», vous devez penser à brasser des idées, à convaincre et aussi, qui sait, à accueillir à bras ouverts les idées de citoyens. Vous devez même prendre le (beau) risque d'ouvrir vos pages aux défusionnistes. Car vous avouerez qu'un forum où tout le monde se dit en accord avec la même idée, ça n'est pas très stimulant.
Bref, monsieur Labonté, vous voici fin prêt à utiliser d'autres outils, les carnets Web, ces fameux «blogues» dont on parle tant.
N'ayez crainte, je ne vous entretiendrai pas des outils eux-mêmes, pour savoir lequel est le meilleur, car entre vous et moi, même les outils les plus fondamentaux peuvent très bien remplir cette tâche de présenter votre position et de stimuler le dialogue avec le citoyen. Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous propose en toute humilité (cela est très rare, profitez-en) de lire le «petit guide du carnet Web destiné aux néophytes» que j'ai osé commettre sur le mien, mon propre carnet. Et si, par bonheur, j'ai réussi à vous intéresser un peu plus aux phénomènes des carnets, alors je vous implore de lire les formidables essais d'un chercheur, Sébastien Paquet, sur les blogues et la cognitive personnelle.
Invitez plusieurs de vos personnalités à venir expliquer pourquoi ils tiennent tant à cette nouvelle ville, quels sont les défis et les enjeux qui attendent les citoyens, quels sont les avantages d'en faire partie. Évitez les tartines de cinq à six pages, soyez concis, évitez la langue de bois, n'hésitez pas à recourir à des hyperliens vers d'autres grandes villes qui ont réussi cette unification, provoquez avec de nouvelles idées, bref, soyez inventif.
Évidemment, pour chacun des billets postés sur le carnet, n'hésitez pas à provoquer les débats en accueillant les commentaires. Qui sait ce qui pourrait en sortir car n'oubliez pas, les 1000, 2000 ou 10 000 citoyens lecteurs qui iront sur le carnet en savent probablement plus qu'une seule personne. Encore une fois, soyez inventif, ayez l'esprit ouvert... et restez humble. Je sais, pas évident avec ces 200 ego.
Aussi, ne négligez pas d'avoir une liste de diffusion où il est facile de s'inscrire pour rejoindre les citoyens en tout temps. De même, tâtez régulièrement le pouls des supporters de la grande ville en tenant des sondages en ligne sur des idées et des enjeux. Mettez en place un outil de cartes postales virtuelles et proposez à tous vos visiteurs et à tous vos participants d'envoyer des missives virtuelles à tous leurs correspondants pour qu'ils votent en faveur de la nouvelle ville.
L'audace
Laissez-moi maintenant vous convaincre d'être audacieux et de quitter les chemins confortables d'un environnement où vous avez le total contrôle, pour celui de la pensée libre, certains diraient même, de la pensée OpenSource.
Vous voici le point central d'une constellation, une constellation où tous ont des idées, et où plusieurs veulent les exprimer. Chacune de ces personnes, chacune d'entre elles, forme une nouvelle étoile qui fait partie de votre constellation. Au lieu de les ignorer, accueillez-les, créez des liens vers elles, créez des liens vers tous ces autres sites qui, à terme, se créeront pour, eux aussi, discuter des enjeux de la nouvelle ville.
Recrutez une équipe de «nerds» qui verront à aiguiller et à aider ceux qui veulent participer à avoir leur propre espace de réflexion, leur propre espace de rencontre. Les outils sont là, et leur très grande facilité d'utilisation les met à la portée de tous. Stimulez la création de ces sites, donnez leur toute la latitude de s'exprimer, quitte à quelquefois assister à de petits dérapages. Encore une fois, qui sait si, de ces dérapages, ne surgira pas une idée géniale et créative. Vous me voyez venir n'est-ce pas? En regroupant tous ces espaces de réflexion, mais en leur laissant toute la latitude possible pour s'exprimer, vous êtes en train de développer un gigantesque outil d'intelligence collective en réseau. Voyez-vous cette constellation d'idées se mettre en place?
«Pardon? Merci pour cette belle prise de position en faveur de la nouvelle ville?»
Vous me voyez désolé de vous dire cela monsieur Labonté, mais n'étant pas actuellement résident de Montréal, je ne puis me prononcer en faveur ou contre Montréal la grande. Je vous dirais même qu'en changeant votre nom pour celui de Peter Trent par exemple, tout ce qui a été écrit ci haut pourrait aussi s'appliquer aux défusionnistes.
De même, ne prenez pas au pied de la lettre tout ce que j'ai dit. Pas question ici de recette magique. Libre à vous d'adapter «à la tête du client» ces quelques solutions parmi tant d'autres que je vous ai proposées. D'ailleurs, pourquoi ne pas recourir aux services d'un ou plusieurs de ces jeunes créateurs audacieux, issus de la civilisation numérique? J'en suis sûr, ils n'attendent qu'un signe de votre part.
Noble initiative que celle de rassembler tous ces grands citoyens en faveur de la ville fusionnée de Montréal. Si, si! J'applaudis, bravo! Toutefois, vous me permettrez de vous signaler que côté utilisation des technologies pour mobiliser les citoyens ordinaires, vous savez, ce fameux monsieur ou madame Tout-le-monde, ça ne vole pas très haut.
Y retourner?
Si votre but était d'avoir un petit dépliant en ligne, et d'uniquement renseigner le citoyen sur cet imposant aréopage de personnalités, alors oubliez tout ce qui suit. Votre site, Coalition Montréal, remplit à merveille sa mission. Une fois qu'on a lu le dépliant, pourquoi y retourner par la suite?
Cependant, si vous désirez que ce site devienne, et je cite votre communiqué de presse, «un rendez-vous électronique» et «un des lieux de rassemblement pour tous ceux et celles qui décideront de prendre part à cette initiative», disons qu'il reste un petit peu de travail à faire avant qu'il puisse prétendre à être un lieu de rassemblement virtuel et un endroit où il aura un véritable brassage d'idées. Ce n'est pas en demandant aux citoyens d'envoyer un petit courriel, comme ça, en passant, hop!, que tout ceci stimulera un débat d'idées en plus de les convaincre de voter en faveur de la nouvelle ville. Et le temps presse, car voyez-vous, vos adversaires ont déjà pris beaucoup d'avance sur le terrain. Et malheureusement pour vous, il apparaît que monsieur Charest n'est pas prêt à vous donner le coup de main nécessaire. Je dis monsieur Charest, car il semble aussi que toutes les décisions importantes se prennent uniquement au bureau du premier ministre dans ce gouvernement.
Un à la fois
Bref, le terrain. Parlez-en à une de vos membres, Françoise David. Je suis sûr qu'elle vous dira que la guerre se gagnera en convainquant les citoyens, un à la fois, des bienfaits de la nouvelle ville. Il vous faudra donc, tout le monde, les 200 personnalités concernées par l'avenir de la nouvelle ville, pousser à la roue, et vous rendre sur le terrain pour rencontrer les citoyens. Des assemblées de cuisine? Pourquoi pas!
Évidemment, bien que je prêche en faveur de l'utilisation des technologies pour rejoindre le citoyen et discuter avec lui, ne négligez pas les formes de communication traditionnelles, tels les médias communautaires, les journaux de quartier, et tutti quanti. Mais aujourd'hui, pour organiser des rencontres un peu partout avec les citoyens, vous savez, ces bonnes vieilles assemblées de cuisine qui ont si bien réussi au PQ en 1976, rien ne vaut un service comme Meetup, un formidable outil en ligne qui, avec l'aide de plusieurs évangélistes prêts à se dévouer pour la cause, vous permettra de rencontrer les citoyens sur le terrain. Et en passant, vous ne pourrez pas dire que je ne pense pas à votre budget, Meetup, c'est gratuit.
Sceptique? Sachez que c'est en grande partie grâce à Meetup qu'Howard Dean, le candidat à l'investiture du parti démocrate, est passé en quelques mois de monsieur «Nobody» à quelqu'un d'incontournable. Allez voir combien il existe de groupes de rencontres du candidat Howard Dean, vous serez impressionné. 140 000 personnes, réparties dans 604 villes, sont membres du Meetup de Dean. Mais n'oubliez pas, la force de Meetup, ce sont les gens, pas la technologie elle-même.
Brasser les idées
Maintenant que vous commencez à organiser vos rencontres auprès de citoyens, «on the other side», vous devez penser à brasser des idées, à convaincre et aussi, qui sait, à accueillir à bras ouverts les idées de citoyens. Vous devez même prendre le (beau) risque d'ouvrir vos pages aux défusionnistes. Car vous avouerez qu'un forum où tout le monde se dit en accord avec la même idée, ça n'est pas très stimulant.
Bref, monsieur Labonté, vous voici fin prêt à utiliser d'autres outils, les carnets Web, ces fameux «blogues» dont on parle tant.
N'ayez crainte, je ne vous entretiendrai pas des outils eux-mêmes, pour savoir lequel est le meilleur, car entre vous et moi, même les outils les plus fondamentaux peuvent très bien remplir cette tâche de présenter votre position et de stimuler le dialogue avec le citoyen. Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous propose en toute humilité (cela est très rare, profitez-en) de lire le «petit guide du carnet Web destiné aux néophytes» que j'ai osé commettre sur le mien, mon propre carnet. Et si, par bonheur, j'ai réussi à vous intéresser un peu plus aux phénomènes des carnets, alors je vous implore de lire les formidables essais d'un chercheur, Sébastien Paquet, sur les blogues et la cognitive personnelle.
Invitez plusieurs de vos personnalités à venir expliquer pourquoi ils tiennent tant à cette nouvelle ville, quels sont les défis et les enjeux qui attendent les citoyens, quels sont les avantages d'en faire partie. Évitez les tartines de cinq à six pages, soyez concis, évitez la langue de bois, n'hésitez pas à recourir à des hyperliens vers d'autres grandes villes qui ont réussi cette unification, provoquez avec de nouvelles idées, bref, soyez inventif.
Évidemment, pour chacun des billets postés sur le carnet, n'hésitez pas à provoquer les débats en accueillant les commentaires. Qui sait ce qui pourrait en sortir car n'oubliez pas, les 1000, 2000 ou 10 000 citoyens lecteurs qui iront sur le carnet en savent probablement plus qu'une seule personne. Encore une fois, soyez inventif, ayez l'esprit ouvert... et restez humble. Je sais, pas évident avec ces 200 ego.
Aussi, ne négligez pas d'avoir une liste de diffusion où il est facile de s'inscrire pour rejoindre les citoyens en tout temps. De même, tâtez régulièrement le pouls des supporters de la grande ville en tenant des sondages en ligne sur des idées et des enjeux. Mettez en place un outil de cartes postales virtuelles et proposez à tous vos visiteurs et à tous vos participants d'envoyer des missives virtuelles à tous leurs correspondants pour qu'ils votent en faveur de la nouvelle ville.
L'audace
Laissez-moi maintenant vous convaincre d'être audacieux et de quitter les chemins confortables d'un environnement où vous avez le total contrôle, pour celui de la pensée libre, certains diraient même, de la pensée OpenSource.
Vous voici le point central d'une constellation, une constellation où tous ont des idées, et où plusieurs veulent les exprimer. Chacune de ces personnes, chacune d'entre elles, forme une nouvelle étoile qui fait partie de votre constellation. Au lieu de les ignorer, accueillez-les, créez des liens vers elles, créez des liens vers tous ces autres sites qui, à terme, se créeront pour, eux aussi, discuter des enjeux de la nouvelle ville.
Recrutez une équipe de «nerds» qui verront à aiguiller et à aider ceux qui veulent participer à avoir leur propre espace de réflexion, leur propre espace de rencontre. Les outils sont là, et leur très grande facilité d'utilisation les met à la portée de tous. Stimulez la création de ces sites, donnez leur toute la latitude de s'exprimer, quitte à quelquefois assister à de petits dérapages. Encore une fois, qui sait si, de ces dérapages, ne surgira pas une idée géniale et créative. Vous me voyez venir n'est-ce pas? En regroupant tous ces espaces de réflexion, mais en leur laissant toute la latitude possible pour s'exprimer, vous êtes en train de développer un gigantesque outil d'intelligence collective en réseau. Voyez-vous cette constellation d'idées se mettre en place?
«Pardon? Merci pour cette belle prise de position en faveur de la nouvelle ville?»
Vous me voyez désolé de vous dire cela monsieur Labonté, mais n'étant pas actuellement résident de Montréal, je ne puis me prononcer en faveur ou contre Montréal la grande. Je vous dirais même qu'en changeant votre nom pour celui de Peter Trent par exemple, tout ce qui a été écrit ci haut pourrait aussi s'appliquer aux défusionnistes.
De même, ne prenez pas au pied de la lettre tout ce que j'ai dit. Pas question ici de recette magique. Libre à vous d'adapter «à la tête du client» ces quelques solutions parmi tant d'autres que je vous ai proposées. D'ailleurs, pourquoi ne pas recourir aux services d'un ou plusieurs de ces jeunes créateurs audacieux, issus de la civilisation numérique? J'en suis sûr, ils n'attendent qu'un signe de votre part.
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