Technologie: Puces d'identification radio-fréquences, Wal-Mart a osé
Avec le concours de la multinationale Proctor & Gamble, la société Wal-Mart s’est livrée récemment à une expérience inquiétante pour les tenants de la vie privée. En effet, le numéro un du commerce au détail et P&G ont suivi à la trace des clients ayant acheté des produits étiquetés électroniquement.
Wal-Mart a osé!
Plusieurs lecteurs avaient exprimé leur scepticisme devant les enjeux soulevés par l'utilisation des puces d'identification radio-fréquences (RFID), particulièrement ceux touchant le marketing en temps réel. «Jamais ils n'oseront...» Pourtant, «ils» ont osé, et de la pire des façons.
On le sait, Wal-Mart a toujours été un partisan de l'adoption des puces d'identification par radio-fréquences. Après tout, pour des questions de manipulations d'inventaire, et de suivi des stocks, les puces radio-fréquences offrent des avantages indéniables sur les traditionnels code-barres. C'est d'ailleurs pourquoi tous ses fournisseurs devront à terme se convertir aux puces radio-fréquences.
Cependant, Wal-Mart avait toujours nié avoir testé cette technologie auprès de sa clientèle. Cette affirmation vient toutefois d'être démentie par le Chicago Sun Times qui a révélé dans une édition récente, que le numéro un de la vente au détail a vait testé avec la multinationale Proctor & Gamble, le marketing en temps réel. Sans que les clients ne soient au courant.
Selon le quotidien américain, Wal-Mart aurait testé de mars à juillet dernier cette forme sournoise et insidieuse de marketing dans son hypermarché de Broken Arrow, en Oklahoma, en équipant de puces RFID des bâtons de rouge à lèvres.
Lorsqu'une cliente choisissait ces bâtons, la puce déclenchait à distance un signal sonore qui avertissait une équipe d'observateurs de Procter & Gamble, le fabricant du cosmétique. Ceux-ci observaient alors à l'aide de caméras réparties partout dans le magasin, les comportements d'achats de la cliente. Détail embarrassant, les clients de Wal-Mart n'étaient pas avertis qu'une telle expérience était en cours. Leurs achats, leurs gestes les plus intimes, chacun des comportements des clients étaient observés et notés et ceux-ci étaient suivis à la trace par les indiscrètes caméras jusqu'à leur sortie du magasin.
À la décharge des deux entreprises, il faut toutefois dire qu'heureusement, les puces n'étaient pas reliées à un ordinateur branché sur une base de données quelconque, le numéro d'identification de la puce n'était pas, lui non plus, relié à une base de données, et que selon les deux entreprises, aucune donnée personnelle n'a été recueillie par les observateurs. Cependant, le même test, dans les mêmes conditions, aurait pu aller beaucoup plus loin. La frontière entre ce test de marketing en temps réel, où on nous jure qu'aucune donnée personnelle n'a été recueillie, et un autre plus insidieux, est fort mince.
Selon Katherine Albrecht, de l'organisme CASPIAN (Consumers Against Supermarket Privacy Invasion and Numbering), «cela confirme tout ce que nous avons dit jusque-là. Wal-Mart, Procter&Gamble et d'autres ont testé sur les consommateurs cette technologie controversée de puce espionne et ont tenté de le dissimuler. Les consommateurs et les journalistes devraient être furieux d'apprendre qu'on leur a menti. Cet essai illustre parfaitement la facilité avec laquelle on peut mettre en place une infrastructure RFID et l'utiliser pour espionner les gens».
L'organisme CASPIAN voit dans le recours à la technologie RFID un nouveau moyen d'intrusion et de surveillance de la vie privée des consommateurs.
Personnellement, nous y voyons l'occasion de tenir un véritable débat de fond sur la question et d'interpeller les autorités concernées sur de telles pratiques. Big Brother dort d'un sommeil très léger. Il ne faudrait pas le réveiller.
Wal-Mart a osé!
Plusieurs lecteurs avaient exprimé leur scepticisme devant les enjeux soulevés par l'utilisation des puces d'identification radio-fréquences (RFID), particulièrement ceux touchant le marketing en temps réel. «Jamais ils n'oseront...» Pourtant, «ils» ont osé, et de la pire des façons.
On le sait, Wal-Mart a toujours été un partisan de l'adoption des puces d'identification par radio-fréquences. Après tout, pour des questions de manipulations d'inventaire, et de suivi des stocks, les puces radio-fréquences offrent des avantages indéniables sur les traditionnels code-barres. C'est d'ailleurs pourquoi tous ses fournisseurs devront à terme se convertir aux puces radio-fréquences.
Cependant, Wal-Mart avait toujours nié avoir testé cette technologie auprès de sa clientèle. Cette affirmation vient toutefois d'être démentie par le Chicago Sun Times qui a révélé dans une édition récente, que le numéro un de la vente au détail a vait testé avec la multinationale Proctor & Gamble, le marketing en temps réel. Sans que les clients ne soient au courant.
Selon le quotidien américain, Wal-Mart aurait testé de mars à juillet dernier cette forme sournoise et insidieuse de marketing dans son hypermarché de Broken Arrow, en Oklahoma, en équipant de puces RFID des bâtons de rouge à lèvres.
Lorsqu'une cliente choisissait ces bâtons, la puce déclenchait à distance un signal sonore qui avertissait une équipe d'observateurs de Procter & Gamble, le fabricant du cosmétique. Ceux-ci observaient alors à l'aide de caméras réparties partout dans le magasin, les comportements d'achats de la cliente. Détail embarrassant, les clients de Wal-Mart n'étaient pas avertis qu'une telle expérience était en cours. Leurs achats, leurs gestes les plus intimes, chacun des comportements des clients étaient observés et notés et ceux-ci étaient suivis à la trace par les indiscrètes caméras jusqu'à leur sortie du magasin.
À la décharge des deux entreprises, il faut toutefois dire qu'heureusement, les puces n'étaient pas reliées à un ordinateur branché sur une base de données quelconque, le numéro d'identification de la puce n'était pas, lui non plus, relié à une base de données, et que selon les deux entreprises, aucune donnée personnelle n'a été recueillie par les observateurs. Cependant, le même test, dans les mêmes conditions, aurait pu aller beaucoup plus loin. La frontière entre ce test de marketing en temps réel, où on nous jure qu'aucune donnée personnelle n'a été recueillie, et un autre plus insidieux, est fort mince.
Selon Katherine Albrecht, de l'organisme CASPIAN (Consumers Against Supermarket Privacy Invasion and Numbering), «cela confirme tout ce que nous avons dit jusque-là. Wal-Mart, Procter&Gamble et d'autres ont testé sur les consommateurs cette technologie controversée de puce espionne et ont tenté de le dissimuler. Les consommateurs et les journalistes devraient être furieux d'apprendre qu'on leur a menti. Cet essai illustre parfaitement la facilité avec laquelle on peut mettre en place une infrastructure RFID et l'utiliser pour espionner les gens».
L'organisme CASPIAN voit dans le recours à la technologie RFID un nouveau moyen d'intrusion et de surveillance de la vie privée des consommateurs.
Personnellement, nous y voyons l'occasion de tenir un véritable débat de fond sur la question et d'interpeller les autorités concernées sur de telles pratiques. Big Brother dort d'un sommeil très léger. Il ne faudrait pas le réveiller.
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