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    Étude

    Paralysie cérébrale : le traitement hyperbare est efficace

    L’oxygénothérapie hyperbare, qui consiste à faire respirer de l’oxygène à des concentrations élevées, favorise notamment la guérison de blessures et d’infections graves.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick L’oxygénothérapie hyperbare, qui consiste à faire respirer de l’oxygène à des concentrations élevées, favorise notamment la guérison de blessures et d’infections graves.

    Une nouvelle étude démontre que l’oxygénothérapie hyperbare améliore les fonctions motrices et cérébrales des enfants atteints d’une paralysie cérébrale.

     

    Cette étude vient confirmer les résultats positifs qui avaient été obtenus en 1998 à l’hôpital Sainte-Justine et qui, à l’époque, avaient été contestés et battus en brèche. « Les fonctionnaires du gouvernement ont essayé de faire croire que toutes les améliorations impressionnantes que l’on avait observées [avec le traitement hyperbare] étaient dues à un effet placebo », se souvient le physiatre Pierre Marois, qui avait participé au projet pilote et qui a collaboré à la nouvelle étude, dont les essais cliniques ont été effectués en Inde.

     

    Les 150 enfants souffrant d’une paralysie cérébrale qui ont participé à la récente étude ont reçu une réadaptation intensive (de deux heures par jour, six jours par semaine pendant six mois). Quatre-vingts pour-cent de ces enfants ont également été soumis à un traitement hyperbare à raison d’une séance d’une heure par jour, six jours par semaine, pendant sept semaines. Trois traitements différents, se distinguant par la pression appliquée (1,3, 1,5 et 1,75 atmosphère) et la concentration d’oxygène diffusée (21 % et 100 % d’oxygène), ont été expérimentés sur trois groupes d’enfants distincts.

     

    Lorsque les chercheurs ont évalué l’état des enfants six et huit mois après le début des traitements, ils ont constaté que les enfants ayant subi une oxygénothérapie hyperbare s’étaient améliorés trois fois plus que ceux qui n’avaient reçu que la réadaptation intensive. « Certains ont pu marcher pour la première fois, d’autres ont prononcé les premiers mots de leur vie après leur traitement hyperbare », raconte le Dr Marois, avant de préciser que les trois traitements se sont avérés aussi efficaces les uns que les autres. Qui plus est, même les enfants n’ayant bénéficié que d’une réadaptation intensive avaient fait des progrès significatifs. Et dans tous les cas, les améliorations « semblaient permanentes ».

     

    Résultats étonnants

     

    Ces résultats, qui sont publiés dans la revue Undersea Hyperbaric Medicine, corroborent ceux obtenus récemment en Israël chez des adultes ayant gardé des séquelles d’un accident cérébral vasculaire ou d’un traumatisme crânien. « Certains patients ont commencé à utiliser un membre qui était paralysé. De plus, sur les images du cerveau de ces patients, on a pu voir que des zones qui étaient complètement inactives au départ fonctionnaient à nouveau après le traitement hyperbare », souligne le Dr Marois.

     

    « En élevant les niveaux d’oxygène dans le cerveau, les traitements hyperbares permettent de remettre en marche des cellules qui n’avaient pas été détruites mais qui avaient été secouées par la lésion initiale au point de se retrouver en état d’inertie. Ils stimulent la circulation sanguine dans le cerveau et la création de nouveaux vaisseaux. Ils accroissent le métabolisme cellulaire. Ils augmentent le nombre de cellules souches circulant dans le cerveau. Ils réactivent les cellules réparatrices ainsi que les mécanismes de réparation cellulaire », explique-t-il.

     

    Avec cette nouvelle étude, il devient clair que ce traitement peut améliorer significativement la qualité de vie des patients, insiste le Dr Marois. Il espère qu’ainsi, on facilitera l’accès à ce traitement et que la RAMQ acceptera de le rembourser.













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