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Découverte d'une nouvelle bactérie au Biodôme

Pauline Gravel   13 novembre 2003  Science et technologie
Une toute nouvelle espèce bactérienne jamais observée ailleurs dans le monde à ce jour a été découverte au Biodôme de Montréal. Membre du bataillon de bactéries employé pour épurer les eaux du bassin qui abrite l'écosystème de l'estuaire du Saint-Laurent, le nouvel organisme a reçu le nom scientifique de Nitratireductor aquibiodomus en raison du lieu de sa découverte et de sa capacité à réduire le taux de nitrates dans l'eau. Une fonction qui pourrait être exploitée pour épurer des sources d'eau potable trop riches en nitrates.

?1/2?t la forme de minuscules bâtonnets mesurant à peine trois microns de longueur (trois millièmes de millimètre), «les bactéries de cette nouvelle souche proviennent peut-être de l'eau de l'estuaire du Saint-Laurent qui accompagnait les poissons et les invertébrés lorsqu'ils ont été capturés et transférés dans le bassin du Biodôme», avance Richard Villemure, biologiste moléculaire à l'INRS-Institut Armand-Frappier et codirecteur de l'étudiant Normand Labbé, qui a fait cette découverte. «Ces bactéries peuvent aussi venir de l'eau du robinet qui a servi à préparer l'eau salée — à partir de poudres — du bassin reconstituant le Saint-Laurent marin.»

Maintenue dans un bassin fermé comme dans la plupart des aquariums du monde, l'eau de mer qui supporte l'écosystème du Saint-Laurent marin se charge en nitrates générés par les déchets — l'urine, par exemple — rejetés par les animaux ainsi que par la décomposition consécutive à leur mort. Contrairement à ce qui se passe dans l'environnement naturel, où les nitrates sont évacués par le courant, l'eau du bassin du Biodôme est simplement recyclée et soumise à un traitement de dénitrification effectué par une riche flore bactérienne au sein de laquelle a été identifiée Nitratireductor aquibiodomus. Celle-ci non seulement respire l'oxygène dissous dans l'eau mais absorbe également les nitrates, qu'elle réduit en nitrites qui, à leur tour, seront convertis par d'autres bactéries en azote gazeux, principal composant de l'air que nous respirons.

Les étonnantes propriétés de cette bactérie, décrites dans la revue International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology en septembre dernier, pourraient servir «à mettre au point des systèmes de traitement des eaux qui élimineraient encore plus efficacement les nitrates qui s'accumulent dans les bassins d'aquarium et les piscicultures», souligne Richard Villemur. Elles pourraient même être utilisées pour assainir les nappes phréatiques polluées en nitrates mais qui, dans certaines municipalités du Québec, servent de source d'approvisionnement en eau potable.

Selon la tradition entourant ce type de découverte, des cultures de Nitratireductor aquibiodomus ont été déposées dans deux banques mondiales de bactéries, dont l'une est située aux États-Unis et l'autre en Allemagne, précise Isabel Coulombe, responsable des communications du Biodôme. En effet, soulignons-le, la découverte est majeure: la souche Nitratireductor aquibiodomus appartiendrait non seulement à une nouvelle espèce mais à un nouveau genre, soit un niveau de classification plus élevé que celui de l'espèce. «Nous ne connaissons pas d'autres bactéries qui lui seraient étroitement apparentées, explique Richard Villemur, ce qui fait qu'on a dû créer un nouveau genre qui regroupera les organismes vivants partageant ces propriétés métaboliques et moléculaires particulières.»

Cette découverte n'est pas une première au Biodôme et devrait se répéter sous peu. En 1996, un acarien avait été découvert à l'intérieur de la bulle du Biodôme. On avait alors baptisé le nouvel organisme Copidognathus biodomus en l'honneur de la vénérable institution. À l'heure actuelle, les chercheurs de l'INRS-Institut Armand-Frappier croient être sur la piste de deux nouvelles espèces bactériennes vivant dans le dénitrificateur du Biodôme.






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  • Luis Osvaldo AstudilloT
    Inscrit
    jeudi 13 novembre 2003 19h36
    Bravo!
    « Félicitations aux chercheur. Si Ça pourrait un jour aider a dépolluer ou eviter la dégradations inévitable de l'écosystéme terrestre ne lêche pas. »

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