mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h11


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Mitch Kapor - Le créateur de Lotus met le cap sur la productivité personnelle

Michel Dumais   10 novembre 2003  Science et technologie
Il a contribué à lancer la révolution PC avec son fameux chiffrier Lotus 1-2-3. Aujourd'hui, avec son projet Chandler, Mitch Kapor se prépare à faire vivre une nouvelle révolution à l'ordinateur personnel.

Mis à part ceux qui oeuvrent de près ou de loin dans le milieu de nouvelles technologies, peu de personnes peuvent prétendre connaître le nom de Mitch Kapor. Pourtant, Kapor a largement contribué à lancer la révolution PC en introduisant en 1982 sur la toute naissante plateforme PC, le chiffrier Lotus 1-2-3.

Pour donner une idée de l'impact qu'a eu ce logiciel, il suffit de se rappeler qu'en ces temps glorieux, où la notion même d'interface graphique à la Windows était encore objet de curiosité dans les laboratoires du Xerox PARC, la plupart des entreprises n'achetaient pas un ordinateur. Non, elles voulaient avant tout, Lotus 1-2-3.

Après avoir vendu les actions de son entreprise, Kapor quitte définitivement le monde du logiciel en 1990 et entreprend plutôt une carrière d'activiste technologique en fondant, avec d'autres, l'Electronic Frontier Foundation (EFF), une association vouée à la protection des libertés civiques fondamentales sur la Toile.

Évidemment, Kapor n'a pu s'empêcher de faire fructifier ses avoirs en investissant dans des jeunes pousses technologiques qui, aujourd'hui, sont devenues des joueurs incontournables sur Internet. Real Networks, ça vous dit vaguement quelque chose?

Productivité en code libre

Pourtant, aussi curieux que cela puisse paraître, sachant que c'est le logiciel propriétaire qui a contribué à rendre riche, très riche, Mitch Kapor, c'est la montée en flèche du logiciel à code source libre et de Linux qui a poussé Kapor à revenir sur le devant de la scène technologique et à lancer son projet appelé Chandler.

Constatant que la totalité des progiciels de productivité comme Outlook et compagnie sont d'approche difficile, tout en ne répondant pas véritablement aux besoins de leurs utilisateurs, Kapor décida de sortir de sa retraite dorée et d'investir à nouveau temps et argent pour redéfinir ce que devrait être un véritable logiciel de productivité, tout en sachant qu'aujourd'hui, les personnes branchées tombent sous le poids énorme des informations leur parvenant sous toutes les formes.

Surprise toutefois! Au lieu de faire ce que tout autre homme d'affaires aurait accompli, c'est-à-dire créer une compagnie et engager quelques programmeurs-créateurs vedettes, Kapor a décidé de suivre son instinct, en misant cinq millions de sa fortune personnelle dans la mise en place d'une fondation vouée au développement d'un produit se voulant en avance sur tous les autres progiciels existants, tout en adhérant aux principes de l'OpenSource.

Pour Kapor et son équipe, qui compte des créateurs audacieux comme Andy Hertzfeld, un membre important de l'équipe originale des développeurs du Mac et de son système d'exploitation, le projet Chandler se doit de revoir complètement comment l'ordinateur et son système d'exploitation présentent l'information à l'humain mais, surtout, comment l'humain interagit face à celle-ci.

Déjà, dans le passé, Kapor et son équipe de Lotus Developpement avaient introduit un produit rudement en avance pour l'époque, le logiciel Agenda, un gestionnaire d'informations offrant des fonctionnalités tellement avant-gardistes que certaines viennent à peine de faire leur apparition dans des logiciels récents.

Cahier des charges ambitieux

Bref, avec cette filiation lointaine, il est donc logique de croire que le cahier des charges de Chandler sera ambitieux. Et il l'est, croyez-moi. Kapor et son équipe de créateurs ne veulent ni plus ni moins que faire exploser les barrières imposées par les interfaces utilisateurs actuelles et de présenter et de manipuler l'information selon son contexte d'utilisation en réorganisant le desktop selon le type d'information manipulée ou selon les projets en cours.

Une des solutions préconisées par l'équipe de développement de Chandler? L'utilisation d'agents intelligents, des outils logiciels préprogrammés pour accomplir certaines tâches.

Il va sans dire que le projet de Kapor est un défi colossal, particulièrement pour une fondation avec un nombre de créateurs-programmeurs aussi restreint. De nombreuses personnes de l'industrie expriment aussi leur scepticisme devant l'ampleur du projet.

Tablant sur les concepts qui ont fait la réussite de logiciel libre, à savoir qu'une communauté intéressée par le développement d'un produit en sait beaucoup plus que deux ou trois programmeurs, aussi bons soient-ils, Kapor a décidé de publier le code source de Chandler, et ce, depuis les tout débuts du projet, après la phase initiale de conceptualisation.

Évidemment, la question que tous se posent: les créateurs du projet Chandler réussiront-il à voir le bout du tunnel et à introduire une version finale du produit à la fin 2004, la date d'échéance que s'est fixée Kapor? Et surtout, l'enthousiasme initial de la communauté suivant pas à pas les efforts de cette équipe de créateurs suffira-t-il à permettre à de petites entreprises de voir le jour en offrant des services personnalisés en réutilisant le code source de Chandler qui, soit dit en passant, devrait turbiner sous toutes les plateformes, à savoir Windows, Mac et Linux?

Pour tous les aficionados du logiciel libre, l'enjeu derrière l'éventuel succès de Chandler va beaucoup plus loin que la simple publication d'un progiciel, aussi révolutionnaire soit-il. Il pourrait aussi faire la preuve que développer du logiciel en mode «libre» peut-être aussi rentable. À condition d'accepter de réinventer son modèle d'affaires.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009